Mois national de l’histoire autochtone : les suggestions de lecture de Louis-Karl Picard-Sioui

Crédit photo : Hélène Bouffard

Dans le cadre du Mois national de l’histoire autochtone et du Mois de la littérature autochtone, BAnQ m’a demandé d’offrir quelques suggestions d’œuvres d’auteurs des Premières Nations. En tant que directeur de Kwahiatonhk!, organisme à but non lucratif entièrement dévoué au développement et à la promotion de la littérature autochtone au Québec, je ne pouvais certainement pas refuser l’invitation!

Or, le corpus littéraire autochtone prenant de l’ampleur depuis une quinzaine d’années, il devient difficile de s’en tenir à dix suggestions. Pour y parvenir, j’ai sciemment choisi d’ignorer les autrices les plus connues du grand public (comme Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Marie-Andrée Gill ou Naomi Fontaine). Mais attention : si vous n’avez pas déjà dévoré l’ensemble de leurs œuvres, mon omission ne doit certainement pas vous en empêcher! Bref, voici quelques perles un peu moins connues à vous mettre sous la dent.

Aquariums
J. D. Kurtness (L’instant même)

L’autrice ilnue* sait lire les présages! Aquariums est un roman généalogique se déroulant sur des centaines d’années, mais qui se conclut en temps de pandémie, dans un futur proche. Il soulève des questions sur l’expérience humaine dans la longue durée. Et bizarrement, ça fait du bien.

* Dans le dialecte de Mashteuiatsh, on dit « Ilnu » et non pas « Innu ».

Poésie en marche pour Sindy
Virginia Pésémapéo Bordeleau (Éditions du Quartz)

Les poèmes du troisième recueil de l’artiste multidisciplinaire crie ont été écrits pour un projet artistique de réconciliation à Val-d’Or. Ils traitent de la disparition de la jeune Sindy Ruperthouse, donnant un visage bien personnel à la tragédie des femmes autochtones disparues ou assassinées au Québec. Un livre que tout Québécois doit lire pour comprendre.

A’yarahskwa’ / J’avance mon chemin
Jean Sioui (Mémoire d’encrier)

Depuis 1997, l’auteur wendat a publié huit recueils de poésie, faisant de lui le plus prolifique des poètes autochtones. Son dernier s’inscrit dans la continuité. On y retrouve ses différentes couleurs : la mélancolie, la contemplation, la revendication, de même que l’humour pince-sans-rire qui le distingue dans le paysage poétique autochtone du Québec.

Pour l’amour du multilinguisme : une histoire d’une monstrueuse extravagance
Tomson Highway (Mémoire d’encrier)

Un court essai du célèbre auteur cri, traduit par Jonathan Lamy et publié dans la collection « Cadastres » de Mémoire d’encrier. Un plaidoyer criant de vérité sur la nécessité d’apprendre de nombreuses langues (et pas seulement européennes) pour découvrir le sens de notre humanité commune.

Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshi-manitu Innushkueu
An Antane Kapesh (Mémoire d’encrier)

Originellement paru en 1976, cet essai biographique a été réédité chez différentes maisons au cours des décennies. La plus récente version a été éditée et préfacée par Naomi Fontaine chez Mémoire d’encrier. Kapesh y aborde le colonialisme québécois et ses graves conséquences pour le peuple innu. Un classique à redécouvrir.

Vous êtes insatiables? Voici davantage de suggestions pour l’été :

Kukum, Michel Jean (roman, Libre expression)

On pleure pas au bingo, Dawn Dumont (roman, Éditions Hannenorak)

Mamaskatch, Darrel J. McLeod (roman, VLB éditeur)

Bréviaire du matricule 082, Maya Cousineau-Mollen (poésie, Éditions Hannenorak)

Femme-rivière, Katherena Vermette (poésie, Prise de parole)

 

Ahskennon’nia (paix),

 

Louis-Karl Picard-Sioui
Directeur de Kwahiatonhk!

 


N’hésitez pas à emprunter tous ces titres inspirants, ainsi qu’à offrir ou à vous offrir les œuvres qui vous intéressent le plus en visitant votre librairie.

D’autres billets seront publiés sur les blogues de BAnQ au cours du Mois national de l’histoire autochtone. Restez à l’affût! Pour des idées de lecture, d’écoute et de visionnement, et des activités qui s’adressent aux plus petits, rendez-vous ici.