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L’Agence ISBN de la Bibliothèque nationale : 40 ans au service des éditeurs

27 février 2019 par Carnet de la Bn   3 Commentaires

par Elena Cirnatiu et Nathalie Boucher
Direction du dépôt légal et des acquisitions

La Bibliothèque nationale célèbre cette année son 40e anniversaire à titre d’agence nationale responsable de l’attribution des ISBN auprès des éditeurs francophones canadiens, des éditeurs allophones québécois et des éditeurs gouvernementaux. Cette activité figure depuis 1979 parmi les trois services essentiels que la Bibliothèque nationale dispense aux éditeurs, outre le dépôt légal  et le CIP.

Photo: Karine Ouellette

Les éditeurs anglophones canadiens, quant à eux,  obtiennent ce service auprès de Bibliothèque et Archives Canada (BAC);  les deux agences nationales canadiennes agissent donc en complémentarité et sont chapeautées par l’Agence internationale ISBN établie à Londres, qui regroupe toute une communauté ISBN déployée dans 160 pays. Organisation sans but lucratif désignée par l’ISO (International Organization for Standardization) en tant qu’autorité d’enregistrement pour le système ISBN, l’Agence internationale attribue des domaines (séquences de numéros d’identification) aux agences nationales qui en sont membres, lesquelles, à leur tour, attribuent des registres ISBN aux éditeurs de leur territoire et veillent à l’application de la norme internationale auprès des éditeurs qu’elles desservent.  

 

Qu’est-ce qu’un ISBN?

Apparaissant à première vue comme une séquence aléatoire, l’ISBN (International Standard Book Number) renferme une clé donnant à chaque publication son identifiant lui permettant d’être repérée dans la chaîne du livre.

Photo: Karine Ouellette

 

C’est donc un numéro univoque, servant à identifier à l’échelle internationale chaque titre, ou chaque édition d’un titre publié par un éditeur donné. Il est utilisé par tous les intervenants du domaine de l’édition : bibliothèques, librairies, fournisseurs Internet, maisons d’édition. Il sert notamment pour le suivi des commandes et des ventes, les inventaires, les catalogues et le référencement. Bref, il est destiné à simplifier la commercialisation et les opérations de gestion, non seulement du livre, mais également de chaque format d’une publication. En effet, chaque format d’une publication (imprimé, PDF, ePub, mobi, html, etc.), que son support soit numérique ou imprimé doit recevoir un numéro ISBN distinct, facilitant ainsi leur repérage.

 

Un numéro scruté à la loupe ou la structure du ISBN 13

Jusqu’en décembre 2006, les ISBN étaient composés de 10 chiffres, mais depuis 2007, le numéro ISBN est désormais composé de 13 chiffres, répartis en 5 segments.

Ces chiffres  ne sont pas répartis au hasard : leur agencement a un sens et une utilité.

Par exemple : ISBN 978-2-7609-1311-0

–  978 : Le préfixe. Composé de 3 chiffres, il désigne le livre en tant que catégorie de produit. Actuellement, il ne peut être que 978 ou 979.

– 2 : Le numéro d’identification du groupe. Ce 2e chiffre désigne une zone géographique, un pays, une région ou une zone linguistique. Par exemple, les pays francophones utilisent le chiffre 2, alors que les éditeurs anglophones affichent les codes 0 ou 1.

– 7609 : L’identifiant de l’éditeur. À noter que la longueur de ce chiffre est inversement proportionnelle à la production de l’éditeur.

– 1311 : L’identifiant de l’ouvrage à l’intérieur de la production de l’éditeur.

– 0 : La clé de contrôle qui valide mathématiquement le reste du numéro.

Par exemple : Vingt-trois secrets bien gardés de Michel Tremblay, lorsqu’il est publié à Montréal chez Leméac, porte l’ISBN 978-2-7609-1311-0, tandis qu’il est identifié par l’ISBN 978-2-330-11929-4 pour l’édition française chez Actes Sud.

 

Supports de publication, formats numériques : un monde en mouvance

Les types de publications pouvant se voir attribuer un ISBN sont nombreux et ne cessent de se multiplier en fonction de l’évolution des supports numériques et de la dématérialisation du livre[1]. Ces transformations ont également un impact sur les modes de diffusion et de commercialisation du livre et entraînent des répercussions sur toute la chaîne de l’édition, notamment par la croissance du phénomène de l’autoédition et l’apparition de plateformes numériques d’autoédition (par exemple le service Kindle Direct Publishing (KDP) d’Amazon). Ces questions se trouvent donc au cœur des travaux menés par l’Agence internationale ISBN qui se réunit annuellement en congrès afin de mener des consultations auprès de ses membres.

 

Avantages de l’ISBN pour les éditeurs

Outre la facilitation des différentes opérations de gestion et du repérage dans les banques de données bibliographiques, le fait d’obtenir un numéro ISBN permet aux éditeurs de bénéficier du Programme canadien de catalogage avant publication (CIP). De surcroît, BAnQ publie à partir des données recueillies le Bottin des éditeurs francophones canadiens. Cette liste est reprise dans le Registre mondial des éditeurs de l’Agence internationale et permet de trouver les coordonnées des éditeurs de tous les pays participants.

Photo: Karine Ouellette

 

Et pour obtenir un numéro ISBN?

Si vous êtes un éditeur sur le point de publier un ouvrage ou de le mettre en ligne, vous pouvez consulter la section destinée aux éditeurs du site Internet de BAnQ, intitulée L’espace professionnel, qui vous fournira des renseignements détaillés sur la procédure d’obtention de numéros ISBN. Vous pouvez également communiquer avec le service de l’Agence ISBN de BAnQ. L’équipe, composée d’une technicienne principale épaulée de trois techniciennes collaboratrices à temps partiel, reçoit de nombreux appels et courriels, et se fait un plaisir de répondre à des demandes portant sur des questions aussi diverses que la nécessité d’obtenir un ISBN pour un ouvrage donné, l’endroit où imprimer l’ISBN, la différence entre réimpression et nouvelle édition ou encore, l’utilisation de l’ISBN selon les types de formats publiés. Si vous avez besoin d’information, n’hésitez pas à communiquer avec l’équipe de l’Agence ISBN de BAnQ :

Téléphone :

Région de Montréal : 514 873-1101, poste 3785

Autres régions du Québec : 1 800 363-9028, poste 3785

Courriel :

secteur privé : isbn@banq.qc.ca

gouvernement du Québec : isbngouv@banq.qc.ca

 

L’équipe de l’Agence ISBN : Mireille Laforce, directrice du dépôt légal et des acquisitions, Anne-Marie Gérin et Elena Cirnatiu, techniciennes en documentation, Nathalie Boucher, agente de secrétariat, Caroline Aubé et Amélie Proulx, techniciennes en documentation. Photo : Karine Ouellette

 

[1] La liste exhaustive des documents visés par l’ISBN est disponible à l’annexe I du Guide sur l’utilisation de l’ISBN diffusé sur le site Internet de BAnQ.

 

Webographie :

www.isbn-international.org (Agence internationale de l’ISBN)

www.banq.qc.ca (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

www.bac-lac.gc.ca (Bibliothèque et Archives Canada)

http://www.bnf.fr (Bibliothèque nationale de France)

 


Catégorie(s) : À propos de la Bibliothèque nationale, Services aux éditeurs

Le CIP : un service méconnu

15 novembre 2018 par Carnet de la Bn   Pas de commentaires

par Nathalie Ebacher, bibliothécaire, Catalogage avant publication,
Direction du traitement documentaire des collections patrimoniales

 

Le CIP (ou catalogage avant publication) est un programme gouvernemental volontaire et gratuit offert aux éditeurs canadiens. Il permet de cataloguer les livres avant leur publication à l’aide des informations fournies par les éditeurs et d’assurer une diffusion rapide des données bibliographiques auprès des librairies et des bibliothèques.

 

Le sigle «  CIP » provient de « Cataloging in Publication », le nom anglais du programme créé en 1971 par la Library of Congress. Au Canada, le programme est coordonné par Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et administré au Québec par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) pour les éditeurs québécois francophones.

 

Pourquoi participer au CIP?

En participant au Programme CIP, les éditeurs bénéficient d’une publicité gratuite pour leurs nouveaux livres. Les notices CIP paraissent dans plusieurs outils bibliographiques utilisés tant par les libraires que par les bibliothécaires pour la sélection des documents, notamment Livres québécois à paraître.

 

Les données CIP sont également imprimées dans chaque livre. Les bibliothèques et les centres de documentation utilisent ces renseignements pour cataloguer rapidement et à moindre coût leurs nouvelles acquisitions. Les délais de catalogage étant ainsi réduits, les nouveaux livres sont mis plus tôt à la disposition du public.

 

 

Les données du CIP telles qu’elles apparaissent dans le document.

 

 

L’équipe, composée d’une bibliothécaire, d’un technicien et d’une agente de bureau est également appuyée par d’autres collaborateurs à temps partiel et  traite environ 3000 demandes par année provenant de plus de 250 éditeurs québécois. En octobre 2018, nous avions déjà reçu plus de 2800 demandes.

 

 

Dans l’ordre habituel: Martin Sirois, Josée Dugas, Catherine Gérard, Nathalie Ebacher et Catherine St-Pierre.

 

Vous êtes un éditeur québécois de langue française et vous voulez participer? Venez visiter notre site afin de vérifier si votre publication est visée par le programme ainsi que pour connaître les modalités de participation

 

Serez-vous notre 3000e demande?


Catégorie(s) : À propos de la Bibliothèque nationale, Services aux éditeurs, Traitement documentaire

Les Statistiques de l’édition au Québec en 2016 : tendances

18 avril 2018 par Carnet de la Bn   Pas de commentaires

par Amélie Proulx,Technicienne en documentation

Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales

Les Statistiques de l’édition au Québec présentent la production annuelle de livres et de brochures et, dans une moindre mesure, celle des journaux, des revues et des annuels imprimés édités au cours de l’année et reçus en dépôt légal. Les Statistiques de l’édition au Québec sont publiées annuellement par BAnQ depuis 1983 et disponibles en format numérique depuis 1998.  Auparavant, les statistiques étaient diffusées dans le Bulletin de la Bibliothèque nationale et ce, dès 1969 alors que plus de 800 titres avaient été déposés.

Les données de 2016 viennent tout juste d’être publiées et plusieurs éléments retiennent notre attention dans cette nouvelle mouture. En effet, on dénote une baisse de 18% du nombre de titres de monographies imprimées publiées depuis 10 ans, de même qu’une baisse de 72% du nombre de nouveaux titres (incluant les changements de titres) de périodiques imprimés publiés depuis 10 ans.  L’édition numérique joue probablement un rôle important dans cette baisse, nous y reviendrons plus loin.

Depuis plusieurs années déjà, l’autoédition connait un essor important. Encore cette année, la proportion de titres de monographies imprimées publiés par des individus augmente. Ces publications représentent 10% des titres reçus en 2016, alors qu’ils ne représentaient que 3% des collections acquises en dépôt légal en 2008.

BAnQ acquiert par dépôt légal les publications imprimées éditées au Québec et depuis 2001 s’ajoutent également des documents numériques. Jusqu’à maintenant, ces acquisitions n’étaient pas suffisamment représentatives du marché, leur dépôt étant volontaire, afin d’être comptabilisées. Celles-ci font toutefois leur première apparition dans les Statistiques de l’édition au Québec cette année et elles sont appelées à prendre davantage d’emphase dans le futur. Nous pouvons déjà noter qu’au niveau des publications gouvernementales, les publications numériques surpassent désormais la production imprimée (474 titres imprimés reçus pour 1136 titres numériques, soit plus du double). La réduction des coûts liés à leur production et à leur diffusion explique que de plus en plus d’organismes abandonnent maintenant leurs éditions imprimées au profit d’éditions numériques, autant pour les monographies que pour les publications en série. Dans le secteur commercial, BAnQ a reçu 1441 monographies numériques, provenant de 125 éditeurs commerciaux en 2016. Ces dépôts volontaires ont été rendus possibles notamment grâce à un partenariat avec l’Entrepôt numérique ANEL-DeMarque, qui nous permet de recevoir automatiquement les publications numériques publiées par les éditeurs participant ayant accordé des licences d’autorisation à BAnQ.

Nous vous invitons à consulter les Statistiques de l’édition pour constater l’évolution de l’édition québécoise depuis près de 50 ans!


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