Les coulisses de BAnQ : le métier de technicien à la numérisation

par Edna Langis, technicienne à la numérisation
Direction de la conservation et de la numérisation

BAnQ numérique est une véritable mine de documents patrimoniaux, accessibles à tous. Un bon nombre de ces trésors ont été ajoutés grâce au travail de l’équipe de la numérisation. Le mandat de cette équipe est de reproduire le plus grand nombre possible de documents afin d’en permettre la consultation au plus grand nombre. Les projets de numérisation sont choisis par les responsables des collections des services au public et sont ensuite acheminés et traités par notre service, situé à BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie. Livres anciens, cartes géographiques, cartes postales, épreuves photographiques, négatifs, estampes, programmes de spectacles, affiches, journaux, microfilms, fonds d’archives, sont quelques-uns des types de documents que nous numérisons. Cette diversité de documents rend notre travail passionnant!

L’équipe de la numérisation utilise plusieurs appareils ultra spécialisés de haute technologie qui sont liés à des logiciels d’imagerie numérique, assurant ainsi une bonne qualité des fichiers. Chaque fichier répond à des règles spécifiques de numérisation afin de reproduire chaque document avec un maximum d’intégrité, le but ultime étant d’assurer la diffusion des documents numérisés.

La numérisation relève de plusieurs champs de compétences; manipulation adéquate de documents patrimoniaux, photographie et technologie. Les documents patrimoniaux sont souvent anciens et fragiles, leur manipulation doit donc être effectuée délicatement afin de protéger les documents, mais également pour protéger les techniciens de la poussière et des moisissures.

Edna Langis, technicienne à la numérisation, au travail. Photographie : Michel Legendre.

Certains formats de documents peuvent avoir des particularités qui amènent certaines contraintes. Par exemple un plan, une affiche ou une carte géographique peuvent avoir les extrémités roulées et devront être mis sous écran de verre afin d’être numérisés bien à plat, si leur état le permet, bien sûr. Un document trop fragile devra faire l’objet de mesures afin de maximiser la reproduction, tout en minimisant les risques de détérioration. L’utilisation d’accessoires fabriqués avec du matériel non acide (signets, cartons, plexiglas, poches de sable, papiers intercalaires de protection, etc.) est de mise. Par exemple, un livre qui ne s’ouvre pas suffisamment à cause d’une reliure trop serrée sera numérisé sur un support à ouverture restreinte et soigneusement manipulé.

Pour s’assurer d’une reproduction intègre, la technique de numérisation utilisée par la plupart des appareils relève de la photographie. Chaque appareil doit être calibré quotidiennement au niveau de l’éclairage et des couleurs, en utilisant une charte de couleur et en s’assurant de la meilleure mise au point possible. Il faut de plus choisir le profil approprié de l’appareil, en tenant compte de plusieurs paramètres selon le type et le format du document, notamment le niveau de résolution (ppp) et la définition (total de pixels par côté). Les techniciens en numérisation doivent donc faire preuve d’un bon jugement et d’une bonne acuité visuelle, afin de vérifier la qualité de reproduction tout au long du processus de numérisation.

Les techniciens doivent également maîtriser plusieurs types d’appareils de numérisation et leurs logiciels respectifs, généralement assez complexes. Des logiciels d’édition, tels que Photoshop, Bridge ou Capture One, ainsi que des programmes pour le contrôle de qualité et les logiciels de bureautique courants sont également utilisés afin de compléter le travail.

Le travail de numérisation à grande échelle a commencé à l’automne 2012. Auparavant, la Section de la reproduction s’occupait essentiellement de microfilmer des journaux et des revues. Le processus de microfilmage étant long et coûteux, en plus d’offrir une diffusion limitée, BAnQ a décidé de mettre en place un service de numérisation. Des équipements spécialisés ont été acquis et les employés ont été formés. C’est ainsi que les usagers de BAnQ peuvent désormais consulter de nombreux trésors qui auparavant étaient difficiles d’accès.