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Le 20 juillet 1969 : anecdotes autour des premiers pas de l’homme sur la lune

15 juillet 2019 par Carnet de la Bn | Catégorie(s) : Diffusion, Revues et journaux

par Michèle Lefebvre et Philippe Legault, bibliothécaires,
Direction de la recherche et de la diffusion des collections patrimoniales

 

« – Où iras-tu pendant tes vacances, cet été?
– D’abord, je passe une semaine sur la Lune. Ensuite, je vais sur Vénus. Nous pourrions peut-être nous rencontrer sur Mars, le temps d’un week-end… »

 

L’auteur de cet article publié dans La Patrie prédit qu’une telle conversation sera banale d’ici… l’an 2000! Voilà qui reflète bien la ferveur et l’optimisme démesurés qui envahissent le monde en cette journée du 20 juillet 1969, alors que les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin s’apprêtent à poser le pied sur la lune, une première dans l’histoire de l’humanité. Ce soir-là, les policiers de Montréal notent une forte diminution des méfaits… car même les criminels sont sagement assis devant leur téléviseur…

 

 

Le Soleil, 16 juillet 1969, page 1.

 

 

Avant le départ

Mais le suspense entourant la mission Apollo 11 débute plusieurs jours auparavant, comme le rapportent presque tous les journaux du Québec. On se demande avec anxiété si la fusée décollera sans anicroche du Cap Kennedy (l’actuel Cap Canaveral en Floride) le 16 juillet  à 9h32 tel que prévu. Le 15 juillet, Le Devoir publie une chronologie et une fiche technique de toute la mission. Le même jour, Le Soleil mentionne que les échantillons du sol rapportés de la lune seront mis en quarantaine avec des souris en santé pour s’assurer qu’ils ne sont pas nocifs. Les journaux dévoilent aussi que le premier ministre du Canada, Pierre Elliot Trudeau, fera parvenir un message de paix à la lune, à l’unisson avec 72 autres dirigeants de pays étrangers.

 

 

La Presse, 15 juillet 1969, p. 37.

 

 

Le grand jour

La Patrie, 20 juillet 1969, p. 4.

 

Une foule record de 2 millions de personnes est venue sur place pour assister au décollage d’Apollo 11, condition préalable au voyage d’un demi-million de milles (près de 805 000 kilomètres) vers le satellite naturel de la Terre. L’événement est couvert en direct par 3500 journalistes accrédités parlant une trentaine de langues. Ce 16 juillet, L’Action catholique titre : « Cap Kennedy devenu une véritable Babel moderne ». Et bien sûr les télévisions du monde entier sont aux premières loges pour informer les dizaines de millions de téléspectateurs cramponnés à leur appareil. Le réseau CBS fait même appel à un ordinateur dénommé HAL (un clin d’œil au film 2001 Odyssée de l’espace) qui répond aux questions techniques du commentateur. Plus modestement au Québec, TVA propose une émission spéciale sur 5 jours avec Roger Baulu et le « Prof Lebrun », vulgarisateur très connu de l’époque. Même les commerçants mettent leur grain de sel en publiant dans les journaux des publicités inspirées de la prouesse lunaire.

 

 

La Presse, 21 juillet 1969, p. 7.

 

La Presse, 16 juillet 1969, p. 35

 

 

 

Le Soleil, 16 juillet 1969, page 39.

 

 

 

Une contribution québécoise

Les Québécois ont cependant une raison toute particulière d’être fiers de cet exploit technologique : c’est une compagnie de Longueuil, Héroux Machine Shops (aujourd’hui connue sous le nom de Héroux-Devtek), qui a conçu le dispositif d’alunissage du module LEM piloté par les deux astronautes, ou comme certains journalistes s’amusent à les appeler, les « lunautes » ou les « apollautes »… D’ailleurs, ces pattes d’alunissage québécoises, tout comme le drapeau américain, se trouvent encore aujourd’hui sur la surface lunaire après avoir parfaitement joué leur rôle dans l’épopée de 1969.

 

 

La Patrie, 20 juillet 1969, page 6.

 

 

… et le lendemain

 

Le nouvelliste, 24 juillet 1969.

Au lendemain de l’alunissage, les États-Unis reçoivent des félicitations de partout à travers le monde. On apprend ainsi dans Le nouvelliste du 24 juillet 1969, que « le conseil municipal de Princeville (comté Arthabaska) adopte une résolution par laquelle on félicite le gouvernement des États-Unis et les astronautes qui viennent d’accomplir l’extraordinaire exploit d’une première exploration sur la lune ».  L’audace de cette petite municipalité québécoise porte fruit car le 5 septembre 1969 Le nouvelliste souligne que le conseil municipal de Princeville a reçu une lettre de remerciements, signée par le président américain Richard Nixon.

 

 

Dans les jours suivants, l’intérêt ne se dément pas : La Presse publie le 26 juillet un cahier spécial entièrement consacré à cet exploit. Les publicités qu’on y trouve valent à elles seules d’y jeter un coup d’oeil.

 

Les montants astronomiques (sans jeu de mots…) dépensés pour ce voyage vers la lune sont cependant pointés du doigt par certains qui auraient souhaité que de telles sommes profitent plutôt aux déshérités de la Terre. En pleine guerre du Vietnam, l’ancien président des États-Unis, Lyndon Johnson, déclare : « Si nous avons pu atteindre ce but en si peu de temps, je me demande pourquoi nous n’avons pas pu progresser aussi rapidement pour apporter la paix à l’humanité ».

 

Cinquante ans plus tard, l’humanité attend toujours la paix. Après une longue pause, les États-Unis ont annoncé dernièrement une nouvelle mission lunaire en 2024 qui permettrait pour la première fois à une femme de fouler le sol de notre satellite. Les grandes puissances mondiales semblent néanmoins plus intéressées à conquérir la planète Mars, où l’homme pourrait migrer advenant que la Terre n’arrive plus à résister aux agressions qu’il lui inflige…

 

Peu importe, la conquête de l’espace continue de fasciner tout un chacun.

 

Un commentaire pour “Le 20 juillet 1969 : anecdotes autour des premiers pas de l’homme sur la lune”

  1. ttps://lejournal.cnrs.fr/sites/default/files/styles/lightbox-hd/public/assets/images/mission_apollo_11_72dpi.jpg?itok=5UnlEHc3

    la photo de la trajectoire de la fusee avec quoi le premier homme avait pose le premier pas sur la lune.

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