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Relieuse : un métier méconnu

12 décembre 2018 par Carnet de la Bn | Catégorie(s) : À propos de la Bibliothèque nationale, Conservation

par Lisa Miniaci et Lise Denis
Direction générale de la Bibliothèque nationale

Parmi les milliers de documents acquis annuellement par BAnQ, un certain nombre requiert les soins d’un individu qui pratique un métier rare : la reliure. Lise Denis, relieuse à la Direction générale de la Bibliothèque nationale, reçoit chaque semaine des dizaines de documents qui ont besoin de soins.

Lise Denis au travail, elle arrondit un dos de livre sur l’étau. En arrière-plan, le cousoir. Photo: Isabelle Goulet.

Lise a reçu sa formation en reliure de bibliothèque au Collège Ahuntsic où elle a complété un diplôme d’études collégiales. Ce programme n’existe plus au Québec, les nouveaux relieurs doivent donc souvent apprendre leur métier dans un atelier auprès d’un maître. Cet apprentissage est souvent orienté vers la reliure d’art, une discipline qui relève de la création artistique et dont les techniques ne correspondent pas à l’utilisation intensive des documents de bibliothèques. Par conséquent,  la reliure de bibliothèque est une technique où il y a peu de relève et la majorité des bibliothèques publiques font désormais affaire avec des fournisseurs de service externes. Toutefois, la Bibliothèque nationale ayant le mandat de conserver, dans la mesure du possible, l’intégrité physique des documents, il s’avère nécessaire d’employer un relieur à temps plein  pour effectuer du travail sur mesure.

La reliure et la réparation des documents ont pour but de faciliter la manipulation des documents en libre accès, de réduire l’espace qu’ils occupent et de les protéger le plus longtemps possible.

Le métier de relieur requiert beaucoup d’aisance manuelle et une panoplie d’outils sont à la disposition de l’artisan : un cousoir pour coudre des pages, un étau pour arrondir le dos des livres, une presse hydraulique pour mieux sécher les documents collés, entre autres. L’outil le plus impressionnant est le couteau électrique, communément appelé guillotine, qui sert à couper le carton en grande quantité et avec précision. 

Parfois, pour améliorer la rapidité des interventions, une machine à relier est utilisée pour coller les documents minces. Les documents reçus en dépôt légal en feuilles libres sont souvent solidifiés par cette méthode. L’appareil est aussi utilisé pour coller les documents reliés par des boudins, qui sont particulièrement irritants lorsqu’on essaie de les placer sur les rayons. En enlevant les boudins et en les remplaçant par une bande collante, on solidifie le document. 

Le meilleur ami du relieur est fort anodin, mais indispensable :  un plioir en os de baleine ou en Teflon. Le plioir est une extension de la main et permet de frotter et de plier une multitude de matériaux sans se blesser. 

 

La « guillotine ». Photo: Isabelle Goulet.

 

Lise apprécie particulièrement les livres reçus en don. Elle aime les traces laissées par leur parcours. Le vieux livre abimé qu’elle tient entre ses mains est synonyme de filiation : quelqu’un l’a jugé assez précieux pour l’acquérir, le garder et le transmettre d’une génération à l’autre, il termine son voyage dans les collections de BAnQ. Par la reliure, Lise redonne à ce livre ses lettres de noblesse et le rend une fois de plus accessible au public, elle lui offre en somme une seconde vie.   

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