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La préservation numérique, un enjeu majeur pour les institutions de mémoire

29 novembre 2018 par Carnet de la Bn | Catégorie(s) : À propos de la Bibliothèque nationale, Conservation

par Martine Renaud, bibliothécaire,
Direction générale de la Bibliothèque nationale

Saviez-vous que le 29 novembre est la Journée mondiale de la préservation numérique? L’UNESCO définit la préservation numérique comme «…la somme de tous les procédés qui visent à assurer l’accès permanent des matériaux du patrimoine numérique aussi longtemps que le besoin s’en présente». On constate immédiatement l’intérêt de la chose pour la Bibliothèque nationale qui, non seulement numérise plusieurs collections, mais acquiert également des documents nés-numériques sans équivalent sur support papier et des sites Web. Comment assurer l’accès à long terme à ces documents, malgré l’évolution constante des formats et des technologies qui les supportent?

Cette question complexe a récemment fait l’objet de deux évènements auxquels des représentants de la Bibliothèque ont participé : le congrès iPRES, qui s’est tenu à Boston en septembre dernier, et plus près de nous, la journée @Risk North 2 : Collections numériques en péril qui a eu lieu à Montréal le 9 novembre.

 

iPRES

Les congrès iPRES ont lieu chaque année depuis 2004 et réunissent des experts du monde entier, spécialistes de l’informatique, archivistes et bibliothécaires, qui discutent de stratégies d’implantation et d’initiatives novatrices, à petite ou très grande échelle. On constate que la préservation numérique est encore un secteur en mouvance, peu normalisé où l’expérimentation est de mise. Il est possible de consulter les présentations de l’édition 2018 ici. Les lecteurs pourront constater la diversité des approches (migration, émulation) et des outils.

 

@Risk North 2

L’événement @Risk North 2 : Collections numériques en péril était quant à lui organisé par l’ABRL (Association des bibliothèques de recherche du Canada) et réunissait une centaine de personnes, provenant principalement d’universités canadiennes. Les participants ont eu l’opportunité d’en apprendre davantage sur ce qui se fait dans les institutions canadiennes sur le plan de la préservation numérique et de partager leurs propres expériences.

On y a présenté, entre autres, les résultats d’un sondage sur la préservation numérique auquel ont participé 51 institutions canadiennes : universités, services d’archives, bibliothèques et  musées. Les défis sont nombreux, notamment la variété des contenus à préserver, qu’il s’agisse d’archives numériques, de documents numérisés, de données de recherche ou encore de contenus sur des supports désuets, par exemple les disquettes 3,5 ou les disques souples (floppy disk en anglais). Le financement1 et la gouvernance des projets de préservation sont également des défis considérables. Pour être abordable la préservation devra être faite à grande échelle ou encore en collaboration et comme elle implique la plupart du temps plusieurs unités de travail, par exemple en bibliothèque les services informatiques, les acquisitions et le traitement documentaire, la coordination des efforts est essentielle.

 

 

L’équipe de BAnQ présente à @Risk North 2: Carole Gagné, David Lamarche, Maureen Clapperton, Stéphane Tellier, Mireille Laforce, Valérie D’Amour et Pascale Montmartin. Photo: Mireille Nappert

 

La préservation numérique : bilan

Une chose fait l’unanimité, la préservation numérique est essentielle à la survie du patrimoine documentaire. Comme le soulignait Mireille Laforce, directrice du dépôt légal et des acquisitions à la Bibliothèque nationale du Québec lors de l’évènement, la préservation numérique a beaucoup en commun avec la lutte aux changements climatiques : le problème nous concerne tous, tout le monde s’entend pour dire qu’il est très important et très complexe, plusieurs solutions sont connues mais demeurent coûteuses et une concertation est nécessaire pour obtenir des résultats concluants et durables.  Bref, c’est un défi de taille.

 

1. David Rosenthal, pionnier de la préservation numérique, le résume très bien: “…the most serious challenge facing the field is economic. Except for a few corner cases, we know how to do digital preservation, we just don’t want to pay enough to have it done.”
https://blog.dshr.org/2018/11/ithakas-perspective-on-digital.html

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