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La guerre est finie! : l’armistice de 1918 dans les journaux québécois

8 novembre 2018 par Carnet de la Bn | Catégorie(s) : Diffusion

par Michèle Lefebvre, bibliothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

 

« La liberté triomphe » : c’est par cette manchette que le journal Le Soleil ouvre son édition du 11 novembre 1918, annonçant l’armistice qui met fin à la Première Guerre mondiale, alors la plus meurtrière de l’histoire avec ses quelque 20 millions de morts. Les belligérants ont fixé le cessez-le-feu à 11h (heure de Paris), le 11e jour du 11e mois. Le dernier soldat canadien victime du conflit sera George Lawrence Price, tué deux minutes avant l’armistice, au moment où l’armée canadienne reprend à l’ennemi la ville de Mons, en Belgique.

 

 

 

Paix et révolution

 

« L’Allemagne vaincue se livre » déclare La Presse. « Right and justice is triumphant » affirme le Sherbrooke Daily Record. « Officiel – La guerre est terminée » claironne Le Devoir. Ce 11 novembre 1918, il y a cent ans, tous les quotidiens québécois propagent la nouvelle de l’armistice. Ils font état de manifestations de joie spontanées dans les rues au son des cloches d’églises et des sifflets d’usines signalant la fin de la guerre tôt ce lundi matin. Les journaux annoncent les parades et les célébrations à venir ou déjà amorcées.

 

 

Si tous les journalistes de l’époque déplorent le carnage que la guerre a engendré, ils s’entendent aussi pour dire qu’une paix durable ne pouvait être atteinte qu’en écrasant l’impérialisme germanique. Châtiment de Dieu, l’Allemagne est désormais ravagée de l’intérieur par une révolution socialiste semblable à celle qui a bouleversé la Russie l’année précédente. Le Kaiser Guillaume II, l’ennemi détesté, a abdiqué et fui en Hollande, une nouvelle qui marque les esprits tout autant que celle de l’armistice.

 

Le grand sacrifice assurera la fin des guerres

 

Bien sûr, on ne manque pas de commémorer le sacrifice des Canadiens en zone de guerre européenne, et particulièrement celui des Canadiens français, dont la majorité a combattu dans la seule unité militaire de langue française du Canada, le 22e Bataillon. L’Action catholique titre « Les héros canadiens-français » tandis que le maire de Québec, Henri-Edgar Lavigueur, vante la bravoure et la loyauté de nos soldats dans un discours reproduit dans le Quebec Chronicle.

 

On croit alors que les conditions de capitulation très dures imposées au vaincu préviendront pour toujours le retour de l’expansionnisme allemand. Contrainte à libérer les pays envahis depuis 1914, à céder aux vainqueurs ses armes, son équipement et ses véhicules militaires et à réduire presque à néant son armée, l’Allemagne devra en outre, à la signature du Traité de Versailles en 1919, payer à ses adversaires un énorme dédommagement financier en guise de réparation de guerre. Cette situation, vécue par les Allemands comme une terrible humiliation puis aggravée par la crise économique des années 1930, conduira plutôt au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale…

 

Aujourd’hui, 100 ans plus tard, il convient plus que jamais de se souvenir et d’éviter les erreurs du passé, afin de ne jamais plus avoir à revivre une telle tragédie.

 

Défilé des soldats du 22e Bataillon canadien-français au retour de la guerre, près de la gare du Palais à Québec. Photographie, mai 1919.

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