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Monstres marins et autres ornements sur une carte de Jodocus Hondius de 1606

31 août 2018 par Carnet de la Bn | Catégorie(s) : Diffusion

par Alban Berson, cartothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

America / Jodocus Hondius, excudit

Si une carte est la représentation d’un territoire, elle témoigne bien souvent aussi d’une vision du monde. C’est le cas de cette carte du continent américain gravée par le Flamand Jodocus Hondius (1563-1612) en 1606 à Amsterdam et dont BAnQ conserve un exemplaire d’une édition publiée en 1613 ou 16161par sa femme, Coletta van den Keere2. Bien qu’il fût lui-même cartographe, Hondius se considérait avant tout comme l’éditeur de l’œuvre de Gérard Mercator (1512-1594), dont il avait acquis les plaques dix ans après sa mort3. En 1606, malgré la concurrence du superbe atlas d’Abraham Ortelius, la première édition par Hondius de l’atlas général de Mercator est épuisée dans l’année4. Dans cet ouvrage, jusqu’en 1630, coexistent deux cartes de l’Amérique entière : l’une gravée par Michael Mercator, petit-fils de Gérard, l’autre, cette America, œuvre compilatoire de Hondius. Mais alors que la première est accompagnée d’un texte décrivant le continent, l’America de Hondius n’est associée à aucun commentaire5. Cette absence rend d’autant plus précieux les différents ornements qui non seulement l’embellissent mais aussi accroissent sa richesse documentaire : Amérindiens s’affairant autour d’un chaudron ou naviguant sur des canoës, monstres marins, oiseaux tropicaux, bateaux familiers ou plus exotiques ; aucun de ces éléments n’est purement décoratif. Au contraire, cette iconographie est chargée de sens et contribue à étoffer la vision du Nouveau Monde exprimée par la carte.

L’Amérique juste avant Champlain

Utilisant la projection stéréographique plutôt que celle de Mercator, Hondius donne à voir une Amérique du Nord très élargie. Le carton situé à gauche du titre précise en latin que le continent est inconnu au-delà de ce point et relativise les conjectures concernant un passage du Nord-Ouest par le détroit d’Anian. La carte continentale de Hondius sert en cela de contrepoint aux deux réalisations de Gérard et Michael Mercator présentes dans le même atlas qui, elles, représentent ce passage tant recherché notamment par Davis et Frobisher6. La forme triangulaire de Terre-Neuve est typique des travaux d’un autre Amstellodamois, Petrus Plancius7. La Nouvelle-France est parsemée de toponymes français, portugais et amérindiens tirés principalement de l’œuvre de Cornelis van Wytfliet, ce dernier s’appuyant sur les cartographes dieppois. Si une partie de cette nomenclature a survécu, parfois en se déplaçant ou en se modifiant, la majorité est tombée en désuétude avec l’œuvre d’exploration et de colonisation de Champlain8. L’observateur contemporain ne manquera pas de remarquer l’absence des Grands Lacs. La côte Est des actuels États-Unis est représentative des productions de l’époque, avec toutefois une singulière protubérance de la Virginie. Quant à la Nouvelle-Espagne, Hondius la rapproche de ses proportions réelles en la rétrécissant encore un peu au niveau du Tropique du Cancer9. Le cartographe incorpore également une nouvelle représentation plus fidèle de la côte Ouest de l’Amérique du Sud. L’étroitesse du détroit de Magellan est caractéristique de la période marquée par la présence imposante de la Terre Australe au sud du globe. Les ornements sont harmonieusement répartis sur les océans et leur iconographie, comme c’est souvent le cas, fait la part belle à l’Amérique du Sud, mais pas seulement. Le point d’orgue esthétique de l’ensemble est ce carton représentant une scène amérindienne sur le cadre duquel sont perchés deux oiseaux emblématiques.

 Le Perroquet et le toucan

Dans son ouvrage au sujet de la représentation de la faune sur les cartes géographiques anciennes, Wilma George soutient la thèse que certains animaux symbolisent des régions du monde de la même façon qu’une bannière identifie un chevalier10. Hondius, comme en général les Européens cultivés depuis l’Antiquité, connait le perroquet, présent en Inde ainsi qu’en Afrique sub-saharienne et mentionné plusieurs fois dans le texte de son atlas11, parfois sous le nom de papagay12. Sur America, il l’utilise comme emblème du continent : c’est l’illustration la plus grande par rapport aux dimensions réelles du sujet et son emplacement au coin du carton amérindien le rend immanquable au lecteur qu’il parait accueillir13. Selon une légende tenace, le 12 octobre 1492, le regard de Christophe Colomb aurait été attiré vers la terre par un vol de perroquets. On sait que le navigateur ramena une quarantaine de ces oiseaux de sa première expédition. Comme le souligne Wilma George, les premiers explorateurs, parmi lesquels Vespucci, Cabral et Corte Real, ne manquent jamais de mentionner dans leurs récits la splendeur, la longueur du plumage et la variété des couleurs des aras14. Dans les Grands Voyages de de Bry (1592) figure une scène dans laquelle les Français achètent quelques uns de ces volatiles aux indigènes, accompagnés de singes et de poivre15. En somme, le perroquet est, dans l’imaginaire collectif européen, associé à l’Amérique tropicale depuis le commencement des grandes découvertes. Dès 1502, l’animal fait son apparition cartographique sur le planisphère de Cantino, un groupe de trois grands aras rouges occupant l’intérieur du sous-continent16. De même, en 1507, la première carte imprimée à représenter un continent distinct du nom d’Amérique, le planisphère de Waldseemüller, fait figurer à l’intérieur des terres un spécimen isolé accompagné de la mention rubei psitaci : perroquet rouge. Les exemples de cette convention se multiplient au cours du XVIe siècle. En 1562, une des cartes murales les plus richement ornées, dessinée par Gutiérrez et gravée par Cock, en représente quatre dont deux en vol autour du cartouche. Sur cette America, Jodocus Hondius perpétue ce qui s’apparente à une tradition de plus d’un siècle.

Thevet, André, Les Singularitez de la France antarctique autrement nommée Amerique & de plusieurs terres & isles decouvertes de notre temps, 1558, p. 91

Comparé au perroquet, sur les cartes géographiques anciennes, le toucan fait figure d’oiseau rare. Sa présence est une des touches personnelles de Hondius. Si le premier européen à rapporter l’existence du toucan est l’Espagnol Gonzalo Fernàndez de Oviedo en 1526 dans son Ouiedo de la natural hystoria de las Indias, il faut attendre Les Singularités de la France antarctique d’André Thevet en 1557 pour qu’une gravure attribuable à Jean Cousin offre à voir la morphologie si particulière de « cet oyseau merveilleusement difforme et monstrueux, ayant le bec plus gros et plus long quasi que le reste du corps »17. Décidément impressionné par cette créature, Thevet lui consacre un chapitre entier dans lequel il mentionne avoir ramené du Brésil un chapeau confectionné avec des plumes de toucan qui « a été présenté au Roy comme chose singulière »18. Le livre de Thevet étant un ouvrage majeur de la littérature de voyage, il est difficilement concevable que Hondius ait pu ignorer une source si précieuse. On ne peut en revanche pas affirmer qu’il y ait puisé le modèle principal de son dessin tant les deux représentations du même oiseau diffèrent. Toutefois, Hondius a collaboré avec Petrus Plancius (1552-1622), un érudit versé dans plusieurs sciences. Or, Plancius a formé deux navigateurs, Heyser et Houtman, à la cartographie19. Ces Néerlandais sont à l’origine de la création de douze constellations australes que Plancius reproduit sur le globe céleste qu’il présente en 160020. Parmi ces constellations, aux côtés d’animaux fantastiques comme le phénix ou l’hydre mâle, on retrouve le toucan. Hondius ayant lui-même fabriqué ce globe21, on comprend que le toucan, si prisé dans son entourage, l’ait lui aussi marqué, au point qu’il le représente quelques années plus tard sur une de ses cartes les plus ambitieuses, comme pendant au perroquet, les deux oiseaux servant d’emblème au Nouveau Monde.

 D’ingénieux autochtones

Bry, Théodore de, [Grands voyages : Americae. IXe partie], Francofurti : Excudebat Matthoeus Beckerus, 1602, p. 22

Les scènes d’Amérindiens dans le carton au bas de la carte sont tirées d’une planche du Voyage au Brésil (1592) du huguenot Théodore de Bry dont Hondius a réorganisé les éléments22. Elles reconstituent de droite à gauche les trois phases de préparation rituelle  d’une boisson alcoolisée: la mastication par les femmes, la cuisson et la fermentation, puis les libations qui s’en suivent23. L’ensemble des commentateurs de la gravure d’origine se rejoignent sur la ressemblance entre ces Tupinambas et d’anciens païens, l’Antiquité européenne servant de point de référence pour appréhender l’étrangeté fondamentale des autochtones. Leur nudité, notamment, fascine les explorateurs à bien des égards24.

La barque flottant sur les côtes orientales de l’Amérique du Nord est un autre emprunt à de Bry, tiré cette fois du Voyage en Virginie (1590). Quant au canoé situé au Sud du continent, il est tiré d’une gravure du huguenot intitulée Hollandi in Freto Magellanico25. Les deux embarcations ont en commun de témoigner d’un savoir-faire qui semble avoir fait forte impression sur Hondius. En effet, selon de Bry26, les Amérindiens de Virginie emploient une méthode ingénieuse pour la construction de leurs barques. Ne disposant pas d’outils métalliques, ils raclent l’écorce d’un tronc d’arbre à l’aide de coquillages puis le creusent en y allumant un feu soigneusement contrôlé27. « Construit avec du feu » écrit Hondius dans la légende associée au canoé, « le feu exulte », insiste-t-il sous la barque. Il est particulièrement intéressant ici de constater la sélection effectuée par Hondius parmi les gravures de de Bry. Alors que les œuvres du Français abondent en scènes de guerre, torture, cannibalisme et autres atrocités, le Flamand a choisi de reproduire une minorité d’illustrations documentant un artisanat proprement amérindien. Il est tentant de voir dans ce choix la reconnaissance d’une industrie originale, jusqu’alors inconnue, par un graveur et cartographe se considérant lui-même, avant tout, comme un compétent et minutieux artisan.

 Des monstres en voie d’extinction

Les poissons volants, également tirés de de Bry28, côtoient dans les eaux des créatures encore plus étonnantes : des monstres marins. Hondius est un des derniers grands cartographes à en représenter. Force est de constater que ce ne sont pas les ornements pour lesquels il a cherché à atteindre le plus haut degré de finition29. Il semble se conformer à l’usage du temps sans grande conviction. De manière générale, dans son atlas, Hondius fait preuve d’un esprit incrédule. Lorsqu’il puise dans une relation de voyage une anecdote de l’ordre du fantastique, il s’empresse systématiquement d’en mettre en doute la véracité30. Il n’en est pas moins un homme de la Renaissance, certes orienté vers la science, mais dont la vision du monde animal s’opère encore à travers le prisme du bestiaire médiéval31. La perplexité suscitée par la représentation des baleines sur les cartes anciennes, reconnaissables uniquement à leur gigantisme et à leur souffle, n’est pas un sentiment nouveau. En 1551, le naturaliste français Pierre Bellon déplore déjà « qu’on ait grandement abusé en peignant les poissons sur les cartes, & que l’ignorance des hommes soient cause que plusieurs monstres de mer aient été faussement portraits sans jugement »32. À la défense des cartographes, on pourrait arguer que la baleine vit presque complètement immergée, qu’elle ne prend pas la pause et qu’il est impossible d’en capturer un spécimen vivant. Échouée ou tuée, elle est méconnaissable par sa posture et rapidement déformée par sa décomposition. Cependant, l’aspect chimérique des cétacés sur les cartes n’est pas tant dû à un manque de connaissance du sujet qu’à un phénomène qui relève de la convention artistique.

Il existe plusieurs cartes anciennes ornées de baleines d’un grand réalisme33. Celles de Champlain, dont Hondius est contemporain, sont relativement fidèles. Il les dessine comme les créatures familières qu’elles sont au navigateur chevronné. Mais il s’agit là d’exceptions. Depuis le Xe siècle, au moins, des monstres diversement fantaisistes figurent sur les cartes marines34. Spécialiste de la question, Chet Van Duzer examine plusieurs théories sur cette présence fabuleuse. Une des plus séduisantes soutient que, tout comme la carte dévoile un territoire inconnu, la représentation d’êtres surnaturels offre à l’observateur une vue sur des merveilles de la Création habituellement dissimulée dans les profondeurs océanes35. Cette fonction de révélateur des merveilles du monde atteint son apogée en 1539 dans la Carta Marina du Suédois Olaus Magnus, dont les nombreux monstres, non seulement représentés avec soin mais également décrits textuellement, tels que, par exemple, le rhinocéros de mer, l’arbre à canards ou le kraken, sont la source d’inspiration principale des ornements animaliers de Gérard Mercator. Sur son globe de 1541, au-dessus du cartouche, Mercator copie de Magnus cette même créature chevaline qu’on peut contempler dans une version dépouillée sur la présente carte de Hondius, nageant au large du Pérou. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il s’agit de la représentation conventionnelle à l’époque du cachalot36, auquel la mâchoire et les dents ont peut-être valu ce portrait équin37. Hondius l’accompagne d’une baleine à la Magnus dans l’Atlantique Sud ainsi que d’un autre cétacé plus naturaliste en plein Pacifique. Ces créatures fantastiques se raréfieront au point de s’éteindre presque complètement au crépuscule du XVIIe, en une fin de Crétacé cartographique.

Un kayakiste adroit

Settle, Dionyse, De Martini Forbisseri angli navigatione in regiones occidentis et septentrionis narratio historica, ex gallico sermone in latinum translata per D. Joan. Tho. Freigium, p. 124-125

Le personnage manœuvrant un kayak entre Terre-Neuve et l’Irlande est un Groenlandais. Sous l’image, Hondius a introduit une légende dans laquelle il précise que, sur ce type d’embarcation, l’homme ne rame que d’une seule main, ce qui lui permet de lancer son curieux trident sur les oiseaux de l’autre. Le cartographe a à peine esquissé la cible du chasseur qu’il serait difficile d’identifier comme un oiseau sans la légende et l’original de cette scène de chasse. Ce dernier se trouve dans De Martini Forbisseri angli navigatione in regiones occidentis et septentrionis narratio historica de Dionyse Settle38, un ouvrage consacré aux expéditions de Frobisher paru en anglais en 1577 et dont BAnQ possède une édition latine datée de 1580. Les récits de voyage sont une source d’information géographique de premier ordre pour les cartographes de cabinet. L’exemple de ce Groenlandais confirme qu’ils peuvent également fournir des modèles d’illustrations pittoresques et instructives pour les ornements. Bien que l’atlas mentionne que les habitants du pays soient « pour la plupart Chrestiens »39, Hondius a choisi de représenter un Inuit, peuple dont il dépeint l’apparence et les mœurs sans le nommer. Son intérêt pour l’artisanat autochtone se manifeste à nouveau à propos des kayaks, dont l’auteur n’emploie pas le nom non plus mais qu’il juge pertinent de décrire comme de « petits Essquifs faicts de cuirs de bestes qui ont la peau espesse, lesquels ne craignent l’agitation de Mer ni le heurtement des Rochers »40 et dans lesquels « un homme seul peut se seoir »41.

Un navire venu d’Orient

 Ayant séjourné en Angleterre de 1584 à 1593, Jodocus Hondius a navigué à au moins deux reprises dans sa vie mais certainement guère plus. Son œuvre, en revanche, témoigne d’une passion pour l’aventure maritime. Londonien puis Amstellodamois, il a eu maintes fois l’occasion de contempler des bateaux et se plait à en représenter dans ses travaux. Sur sa carte intitulée Vera totius expeditionis nauticæ: descriptio D. Franc. Draci (vers 1595) dont un superbe exemplaire coloré est conservé à la Library of Congress42, il consacre le carton central au Golden Hind, le célèbre galion de Francis Drake. Peu de vaisseaux ont connu une notoriété suffisante pour être immortalisés sur des cartes géographiques43. Les bateaux y apparaissent généralement de manière générique. C’est le cas sur America où ces cinq petits galions aux voiles gonflées faisant route dans des directions différentes rappellent aux amateurs d’atlas que les océans sont parcourus par d’audacieux explorateurs qui reviendront en Europe porteurs d’informations nouvelles.

Si, sur America, Hondius modèle ses galions sur les canons en vigueur en son temps, il s’est autorisé une forte touche d’originalité avec la mystérieuse embarcation mouillant près de l’entrée du Détroit d’Anian. La légende latine de cette illustration spécifie qu’il s’agit d’un « navire de guerre tissé de bois de roseau, en provenance du Japon, qui jette l’ancre ». Ce type de bateau exotique sert plus souvent d’ornement aux cartes de l’archipel nippon et est rarement exécuté avec un tel niveau de détail : on distingue l’entrelacs de roseaux sur la coque, les motifs sur la voile ainsi que quelques marins s’activant sur le pont. Hondius a équilibré la disposition de ses illustrations en gravant un sujet qui avait sa faveur, un navire, dont l’origine orientale opère comme une réminiscence : au-delà de l’Amérique, par-delà l’océan, se trouve l’Asie, si secrète et désirable. De nombreux cartographes situent alors le Japon (souvent appelé « Cipango », terme chinois transcrit par Marco Polo) à proximité de la côte Ouest de l’Amérique. À l’avant-poste de cette Asie tant convoitée. En 1634, croyant à l’existence d’une « mer de l’Ouest », Jean Guérard sur sa Carte universelle hydrographique, va jusqu’à écrire à propos de la baie d’Hudson : « On croit qu’il y a passage de là au Japon »44.

Un pas de plus vers la science

 S’agissant des données proprement géographiques, Jodocus Hondius est un habile compilateur. En bon cartographe de cabinet, il s’appuie sur des sources riches et variées au sein desquelles il opère une sélection de l’information en vertu de ce qui lui apparait le plus digne de foi. Le choix de ses ornements semble résulter du même principe. Hondius se documente solidement ; il reproduit et n’invente pas. Les illustrations dont il embellit ses cartes témoignent du rationalisme en marche à l’aube du siècle de Descartes et Newton. L’ingéniosité humaine est mise en valeur, les animaux sont représentés avec naturel. Quant aux monstres marins, issus d’une tradition qui commence à s’épuiser, ils perdent l’outrance qui les caractérisait chez Magnus ou Mercator ; ils s’estompent du décor, ne conservant plus qu’une fonction symbolique. Hondius ne s’enchante pas de contes fantastiques, il trouve dans le monde tel qu’il se dévoile à ses yeux de savant matière à émerveillement.  

Avis à tous les amateurs de cartes anciennes:  le 13 septembre prochain, Cartographier la Nouvelle-France au XVIIe siècle, une des visites-conférences de la série Mémoire de papier, vous permettra d’admirer plusieurs cartes et d’en apprendre plus sur le contexte de leur création. 

La rencontre sera suivie d’une visite de l’édifice BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie , qui abrite non seulement un exemplaire de presque tout ce qui a été publié au Québec à travers le temps, mais une impressionnante collection de cartes géographiques et d’atlas portant sur le territoire québécois depuis la Nouvelle-France jusqu’à nos jours.

 

1. Burden, Philip D., The mapping of North America : list of printed maps, 1511-1670, p. 183-184

2. Préface à Mercator, Gerardus, Atlas or a geographicke description of the world, p. VIII

3. Woodward, David, et al., The history of cartography, Vol. 3 part. 2, p. 1313

4. Burden, Philip D., The mapping of North America : list of printed maps, 1511-1670, p. 183

5. Ibid.

6. Au sujet de Septentrionalium terrarum desciptio de Gérard Mercator, voir Palomino, Jean-François, Le point de vue fascinant de Mercator in À rayons ouverts, n. 93 automne 2013, p. 32-33

7. Burden, Philip D., The mapping of North America : list of printed maps, 1511-1670, p. 183

8. Au sujet des toponymes sur les cartes de la Nouvelle-France avant Champlain, voir Litalien, Raymonde, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La mesure d’un continent : atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814, en particulier p. 1, 4, 46 et 48

9. Burden, Philip D., The mapping of North America : list of printed maps, 1511-1670, p. 183

10. George, Wilma B., Animals and maps

11. Notons que ce texte a été augmenté par Petrus Montanus du vivant de Hondius. Si le propos a certainement été validé par ce dernier, les articles n’étant pas signés on ne peut en distinguer les contributeurs.

12. Par exemple : Mercator, Gerardus, L’atlas de Gerard Marcator : de nouveau reveu, toutes les cartes corrigez et en outre augm. d’un appendix par Josse Hondius, p. 664. Les mentions de la faune se raréfient dans l’édition abrégée.

13. Notons que la couleur est ici un ajout très postérieur à la production de la carte destiné à en augmenter la valeur marchande. Sur l’exemplaire de BAnQ, le perroquet est rose ; sur d’autres exemplaires examinés, il est rouge, vert ou de plusieurs couleurs. En outre, la représentation des animaux sur les cartes est souvent peu fidèle au sujet. Il n’est pas étonnant que ce perroquet ressemble à une perruche.

14. Dickenson, Victoria, Drawn from life : science and art in the portrayal of the New World, p. 57 et 60

15. Bry, Théodore de, Le théâtre du Nouveau Monde : les grands voyages de Théodore de Bry présenté par Marc Bouyer et Jean-Pierre Duviols, p. 114 et 216

16. Dickenson, Victoria, Drawn from life : science and art in the portrayal of the New World, p. 57 et 60

17. Thevet, André, Les Singularitez de la France antarctique autrement nommée Amerique & de plusieurs terres & isles decouvertes de notre temps, 1558, p. 91

18. Ibid.

19. Hockey, Thomas, et al., The biographical encyclopedia of astronomers, p. 911

20. Woodward, David, et al., The history of cartography, Vol. 3 part. 2, p. 1363

21. Kanas, Nick, Star maps: history, artistry, and cartography, p. 231

22. Bry, Théodore de, Le théâtre du Nouveau Monde : les grands voyages de Théodore de Bry présenté par Marc Bouyer et Jean-Pierre Duviols, p. 119

23. Ibid. p. 221

24. Sur la nudité des Amérindiens, voir Litalien, Raymonde, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La mesure d’un continent : atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814, p. 61

25. Bry, Théodore de, [Grands voyages : Americae. IXe partie], p. XXII

26. Qui se base sur le témoignage de Thomas Harriot, A Briefe and True Report of the Newfoundland of Virginia, 1588

27. Bry, Théodore de, Le théâtre du Nouveau Monde : les grands voyages de Théodore de Bry présenté par Marc Bouyer et Jean-Pierre Duviols, p. 143-144

28. Ibid. p. 203

29. La bête qui ressemble à un requin-marteau, au large de la Californie, est tout juste ébauchée.

30. Par exemple au sujet de la présence de licornes (probablement des narvals) au Groenland : Mercator, Gerard, Atlas, ou représentation du monde universel et des parties d’icelui, faicte en tables et descriptions très amples et exactes, divisé en deux tomes, vol. 1,  p. 73

31. Sur l’influence du bestiaire, voir Dickenson, Victoria, Drawn from life : science and art in the portrayal of the New World, p. 31 et s.

32. Belon, Pierre, L’histoire naturelle des estranges poissons marins, avec la vraie peincture et description du daulphin, et de plusieurs autres de son espèce, p. 16

33. Par exemple, la Carte marine de l’océan Atlantique Nord-Est, de la mer Méditerranée, de la mer Noire, de la mer Rouge, d’une partie de la mer Caspienne, du golfe Persique et de la mer Baltique (1413) de Mecia de Viladestes ou la Mar del Sur de Hessel Gerritsz (1622)

34. Notons que la majorité des cartes est exempte de ces monstres.

35. Van Duzer, Chet, Sea monsters on medieval and renaissance maps, p. 12

36. Nigg, Joseph, Sea monsters : a voyage around the world’s most beguiling map, p. 70

37. Notons que la confusion est d’autant plus grande que Mercator assimile le cachalot à l’hippopotame.

38. Settle, Dionyse, De Martini Forbisseri angli navigatione in regiones occidentis et septentrionis narratio historica, ex gallico sermone in latinum translata per D. Joan. Tho. Freigium, p. 124-125

39. Mercator, Gerard, Atlas, ou représentation du monde universel et des parties d’icelui, faicte en tables et descriptions très amples et exactes, divisé en deux tomes, vol. 1, p. 73

40. Ibid.

41. Ibid. p. 76

42. Hondius, Jodocus, Vera totius expeditionis nauticæ : descriptio D. Franc. Draci, [ca. 1595]

43. Reinhartz, Dennis, The art of the map : an illustrated history of map elements and embellishments, p. 46

44. Guérard, Jean, Carte universelle hydrographique, 1634 

 

Sources

Collections patrimoniales de BAnQ

Autres sources consultées

3 commentaires pour “Monstres marins et autres ornements sur une carte de Jodocus Hondius de 1606”

  1. Article très intéressant et enrichissant, facile de compréhension et accessible à tout genre de public.
    Les images associées sont très pertinents et nous situent aux époques mentionnées.

    Merci à l’auteur de cet article de nous faire partager ce savoir!

  2. Merci!

  3. Un lecteur nous a posé une question très intéressante sur Twitter. Pour en faire bénéficier un maximum de lecteurs, je reproduis cet échange :

    Question : » Auriez-vous la traduction du texte en latin en bas à gauche ? »

    Réponse : Sans prétendre être bon latiniste, je traduirais ainsi le texte associé aux illustrations d’Amérindiens Topinambas : « Le procédé de fabrication et la consommation d’une boisson en Amérique, au Brésil, où des racines, après mastication par des vierges, sont brassées après cuisson dans des pots. Puis les hommes boivent. Ceci est considéré comme un luxe. »

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