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Reconstituer l’histoire du Québec grâce aux documents d’époque

15 juin 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Michèle Lefebvre, bibliothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

Lithographic Views of Military Operations in Canada under His Excellency Sir John Colborne, Londres, A. Flint, 1840

Fondation de Québec, rébellions des Patriotes de 1837-1838, Crise de la conscription de 1917, droit de vote des femmes au Québec en 1940… Ces événements marquants de l’histoire du Québec prennent une nouvelle saveur lorsqu’on parcourt les livres, les gravures, les cartes géographiques, les feuilles volantes, les articles de journaux et les rapports produits au moment où ils se sont déroulés. C’est notamment grâce à ces documents d’époque conservés au fil du temps par des institutions comme BAnQ que nous pouvons aujourd’hui reconstituer la passionnante histoire de notre coin de pays.

Les historiens et autres chercheurs ont le privilège d’explorer ces sources anciennes dites sources primaires; ils publient le fruit de leurs recherches pour le plus grand plaisir d’un public curieux de son histoire. Ce dernier ignore cependant les mille pièges que les historiens doivent éviter afin de décoder adéquatement les documents qu’ils parcourent dans le but de relater de manière objective les événements historiques.

 

Déchiffrer les documents d’époque

« Abitation de Québec », gravure dans Samuel de Champlain, Les Voyages du sieur de Champlain, Paris, chez Jean Berjon, 1613, p. 187.

Ainsi, l’usage d’un français aujourd’hui dépassé dans les écrits du temps de Samuel de Champlain de même que les nombreuses abréviations héritées de la copie de manuscrits médiévaux reproduites dans les premiers imprimés constituent déjà un défi pour comprendre les textes. L’intention du créateur d’un texte ancien ou d’une gravure ainsi que son allégeance politique, par exemple, influencent grandement le message véhiculé. L’historien circonspect se doit de lire entre les lignes. La plupart du temps, déchiffrer des documents anciens ne demande pas que de bons yeux; il faut également posséder une connaissance approfondie de la période couverte et de ses acteurs. Il faut savoir confronter diverses sources si on veut espérer s’approcher de la vérité… si toutefois celle-ci existe…

 

Le 21 juin prochain : une visite-conférence

Dans le cadre de la série Mémoires de papier organisée pour souligner les 50 ans de la Bibliothèque nationale du Québec, BAnQ offre au grand public une occasion unique de décoder une vingtaine de sources anciennes en compagnie d’une bibliothécaire et historienne. Venez découvrir ou redécouvrir les éditions originales des Voyages du sieur de Champlain (1613 et 1619) et de L’Histoire du Canada du frère récollet Gabriel Sagard (1636), qui relatent les premiers temps de la fondation de Québec. Revivez un événement meurtrier grâce aux déclarations sous serment des témoins de l’assaut de l’armée lors de l’émeute de 1832 à Montréal. Installez-vous aux premières loges des rébellions de 1837-1838 en parcourant les feuilles volantes publiées par les Patriotes et les Loyaux ainsi que les images croquées sur le vif par un capitaine de l’armée britannique des batailles de Saint-Charles et de Saint-Eustache. Fredonnez les chansons anti-conscription écrites en 1917 dans la foulée de la Loi sur le service militaire obligeant les jeunes hommes à s’enrôler pour participer aux combats européens de la Première Guerre mondiale. Et suivez les débats éclairants — étonnants? — des députés de l’Assemblée législative du Québec, qui reportent, chaque année pendant 13 ans, la deuxième lecture du projet de loi octroyant le droit de vote aux femmes…

4,000 piastres de recompense!, feuille volante, Québec, John Charlton Fisher & William Kemble, 1837.

Amateurs d’histoire et de documents anciens, réservez votre place! C’est un rendez-vous, le jeudi 21 juin de 18 h à 19 h 30 à BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie.

La rencontre sera suivie d’une visite de l’édifice, qui abrite un exemplaire de presque tout ce qui a été publié au Québec à travers le temps.

Address of the Sons of Liberty of Montreal, to the Young Men of the North American Colonies, feuille volante, Montréal, s. é., 1837.

Henry Wolsey Bayfield : le vieux loup de mer du Saint-Laurent

7 juin 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Alban Berson, cartothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

L’Amiral Bayfield, 1795- 1885, A.D. Beaulieu – [vers 1870]

En 1817, après une brève formation en cartographie accomplie sur le tas, le jeune lieutenant Henry Wolsey Bayfield est chargé des levés du lac Érié par le service hydrographique de la marine royale britannique.  L’Hydrographic Office of the Admiralty produit des cartes destinées à aider les marins à naviguer sur toutes les eaux de la planète. Ces cartes décrivent avec une précision croissante les reliefs côtiers et la profondeur des eaux, localisent les îles, récifs, balises, ports et phares. Désormais amiral, Bayfield ne se retirera du service actif qu’en 1856, après avoir méticuleusement cartographié les Grands Lacs, le Saint-Laurent et les côtes des provinces maritimes. En plus de cette entreprise considérable, on lui doit un guide de navigation sur le Saint-Laurent, The St. Lawrence Pilot. Si des relevés hydrographiques du fleuve et du golfe ont été effectués et transcrits sur des cartes antérieures, Bayfield en déplore les lacunes qui causent de nombreuses erreurs de pilotage, parfois fatales.

Les périls du Saint-Laurent

En effet, le Saint-Laurent est un cimetière marin : le Centre national des naufrages répertorie plusieurs milliers de drames ayant eu lieu sur le fleuve et dans le golfe depuis le Elizabeth and Mary de l’amiral Phips, en route pour conquérir Québec, en 1690. Citons également la flotte de l’amiral Walker, elle aussi constituée en vue de conquérir la Nouvelle-France, qui se brise sur les récifs de l’Île aux Œufs lors d’une tempête en 1711, le désastre se soldant par la mort de 900 hommes. Si le golfe emporte plus volontiers les marins anglais, moins bien informés sur ses menaces, il n’en prélève pas moins son tribut chez les Français aussi, notamment lors du naufrage du Corossol en 1693.

Féru d’histoire, Bayfield n’ignore rien de ces évènements malheureux. Lorsqu’il décrit les paysages du Saint-Laurent, il est hanté par les dangers du fleuve, comme dans ce passage du St. Lawrence Pilot au sujet des Îles de la Madeleine, traduit par Faucher de Saint-Maurice :

« Par les jours de gros temps, lorsque le vent d’Est fouette et fait rage, le paysage change. Alors les pics isolés des îles, leurs falaises échiffées, se glissent, apparaissent confusément à travers la pluie, le brouillard, et semblent reliés entre eux par une ceinture de brisants qui masquent presqu’entièrement les bancs de sables et les lagunes. Gare à vous matelots ! N’approchez pas alors impunément de la Madeleine. En voulant la serrer de trop près, vous talonneriez, et vous seriez naufragés avant d’avoir pu même éventer le danger. »

Promenades dans le golfe Saint-Laurent p. 179

L’amiral Bayfield, guide des pilotes

Au XIXe siècle, la démographie croissante des populations bordant le Saint-Laurent augmente le trafic maritime et fluvial. L’ouverture du canal de Lachine en 1825 et ses élargissements successifs entraînent un accroissement considérable du transport de marchandises par cette voie. La mission de l’amiral Bayfield consiste à représenter le plus fidèlement possible la réalité du fleuve afin de prévenir les avaries. Dans son guide à destination des pilotes, Bayfield souligne, en plus de la méconnaissance du relief, plusieurs facteurs qui rendent la navigation sur le Saint-Laurent particulièrement périlleuse, parmi lesquels la banquise dérivante, les vents violents et la présence importante d’oxyde de fer dans les collines alentour dont le magnétisme fausse les aiguilles des boussoles. Mais le danger sur lequel l’amiral insiste est le brouillard : sur le Saint-Laurent, il est fréquent, brusque, et peut survenir en toute saison. Cette observation de vieux loup de mer est confirmée par la météorologie moderne. L’estuaire du Saint-Laurent serait, en effet, la région canadienne la plus propice à la formation de brouillards épais, en particulier au printemps et en été, période d’intense trafic fluvial. C’est d’ailleurs le brouillard qui cause le naufrage du Empress of Ireland, au large de Rimouski en 1914, une des plus grandes catastrophes navales de l’histoire.

Cartographier le Saint-Laurent

Cartographier le Saint-Laurent vers 1830 est un défi technique autant qu’un dur labeur. De mai à septembre, à bord de sa goélette, le Gulnare, Bayfield impose à son équipage un rythme effréné ; les 34 hommes ne s’interrompent que lorsque les intempéries l’exigent. Bayfield mesure la latitude à l’aide d’un sextant et la longitude au moyen d’un chronomètre. Il effectue d’innombrables calculs trigonométriques et consigne scrupuleusement les résultats des sondes. Son journal de bord témoigne des conditions extrêmes dans lesquelles il doit exercer son métier : les moustiques sont un tourment quotidien, des accidents ou des épidémies surviennent à bord, le ravitaillement tarde, la hiérarchie militaire réduit la solde des hommes et, surtout, cette mission de cartographie visant à prévenir les naufrages échappe elle-même plusieurs fois de peu à la tragédie. Ces circonstances poussent certains hommes à déserter, mais le sens du devoir de Bayfield est inébranlable. Il n’abandonne jamais. En hiver, à Québec où il a ses quartiers, il s’emploie au dessin des cartes. Pour un même lieu, il doit consacrer à cette tâche trois fois plus de temps que pour les relevés.

Les cartes du service hydrographique de la marine royale britannique sont reconnues pour leur fiabilité. Celles du Saint-Laurent ont servi aux navigateurs pendant plus de 70 ans, jusqu’à ce que des technologies comme le compas gyroscopique et le sonar voient le jour. Si des naufrages ont continué à se produire dans le fleuve et le golfe, nul doute que l’œuvre de Bayfield en ait prévenu de nombreux. Comme beaucoup de cartes géographiques, elles présentent également une valeur esthétique qui était importante pour l’amiral. Des vues côtières et représentations de phares qui complètent l’information strictement cartographique émane un charme d’aquarelle marine. Occasionnellement, on y rencontre un cartouche joliment orné plutôt inattendu sur une carte militaire du XIXe. Si ces cartes sont aujourd’hui caduques pour la navigation, les chercheurs peuvent y puiser de nombreuses informations sur l’évolution du rivage et du littoral, l’histoire navale ou encore la toponymie. Au Québec, cinq lieux portent le nom de Bayfield, dont un canton de la Côte-Nord et une île de l’archipel de Saint-Augustin.

Plusieurs cartes de l’amiral Bayfield ont été numérisées et sont disponibles dans BAnQ numérique.  

 

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Bibliographie:

Collectionner l’éphémère

30 mai 2018 par Carnet de la Bn 2 Commentaires

Danielle Léger et Isabelle Robitaille, bibliothécaires,
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales 

Feuillets publicitaires, étiquettes, tracts, cartons d’invitation, brochures, programmes, avis, « vieux papiers », placards : l’expression « documents éphémères » – ou ephemera – traduit bien la nature de ces sources fragiles et innombrables. Peu usités dans les collections institutionnelles, sans doute à cause de la difficulté que posent leur acquisition et leur traitement, ce sont de grands oubliés de l’histoire de l’imprimé. Pourtant, c’est bel et bien l’impression d’un document éphémère qui a précédé de quelques mois la publication par Gutenberg du premier livre imprimé en Occident[1].

Leur proximité temporelle fait des documents éphémères les témoins les plus fiables d’un événement[2]. Il n’en faut pas plus pour susciter l’intérêt des chercheurs, du public et des collectionneurs. Ces « non-livres » ne sont pas destinés à l’origine à être conservés, d’où leur rareté relative. Ils échappent bien souvent au circuit commercial traditionnel et sont étroitement associés à la vie quotidienne, administrative, culturelle, sociale et commerciale, par opposition au livre, objet initialement associé au luxe et à la noblesse[3].

Le vocable ephemera est apparu dans le lexique des bibliothécaires en 1962 avec la publication de l’ouvrage Printed Ephemera : The Changing Uses of Types and Letterforms in English and American Printing de John Lewis[4]. Issu de la forme plurielle grecque ephemeron, elle-même dérivée de epi, « sur, dans, faisant partie », et de hemeros, « jour », le mot désigne ce qui ne dure qu’une journée, ce qui n’est pas fait pour être conservé au-delà de l’actualité de son sujet[5]. Paradoxalement, ces « documents mineurs et passagers de la vie quotidienne » − selon l’expression de Maurice Rickards, fondateur en 1975 de la toute première Ephemera Society[6] − échappent parfois à la corbeille ou au bac de recyclage : souvenirs de spectacles ou de voyage déposés dans une boîte à chaussures, fabuleux albums de cartes postales, liasses de papiers oubliées dans une armoire…

Quelques pièces remarquables

Plusieurs éloquentes traces d’un passé lointain ou récent ont fait leur chemin jusque dans les réserves de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Elles sont pour la plupart regroupées au sein de cinq collections patrimoniales : affiches, cartes postales, feuilles volantes, iconographie documentaire et programmes de spectacles.

Examinons quatre pièces tirées de ces riches corpus.

 

Le 7 juin prochain : une visite-conférence

Pour souligner le 50e anniversaire de la Bibliothèque nationale du Québec, une des visites-conférences de la série Mémoires de papier mettra en vedette plus de 70 imprimés éphémères édités entre 1787 et 2012.

Outre les exemples qui illustrent cet article, vous pourrez y voir une carte publicitaire munie d’une boussole, un billet d’admission à la Bibliothèque paroissiale, des programmes de spectacles, un avis de recherche émis par la Police provinciale, une affiche de tramway des années 1940 qui fait l’éloge de la gomme à mâcher, de petits livres d’artistes à 2 $ diffusés dans les distributrices à cigarettes recyclées de  Distroboto, etc.

Amateurs d’histoire sociale, culturelle, commerciale, publicitaire et de l’imprimé, réservez votre place!  C’est un rendez-vous le 7 juin prochain, de 18 h à 19 h 30 à BAnQ Rosemont−La Petite-Patrie.

Pour en savoir plus

Danielle Léger et Isabelle Robitaille, « Ephemera spectaculi : inventaire et analyse des programmes de spectacles du XIXe siècle de la Collection patrimoniale de BAnQ », Revue de BAnQ, no 1 (2009), p. 100-113.

Danielle Léger, « Les programmes : histoire captivante d’un collection »  , À rayons ouverts, no 101 (hiver 2018), p. 18-20.

Danielle Léger, « Sur les murs de la ville, une pincée d’art offerte à tous », À rayons ouverts, no 79 (printemps 2009), p. 4-8.

Isabelle Robitaille, « Vues de Montréal, gravures anciennes et bouillon de bœuf », À rayons ouverts, no 100 (printemps-été 2017), p. 7-10.

 

[1] Il s’agit d’une « indulgence » de 30 lignes, imprimée par Gutenberg en avril 1455 (voir Michel Brisebois, L’imprimerie à Québec au xviiie siècle : les feuilles volantes et affiches, 1764-1800, Québec, Éditions de la Huit, 2005, p. 7).

[2] Timothy G. Young, « Evidence : Toward a Library Definition of Ephemera », RBM : A Journal of Rare Books, Manuscripts, and Cultural Heritage, vol. 4, no 1, 2003, p. 11-26.

[3] Nicolas Petit, L’éphémère, l’occasionnel et le non livre à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, Klincksieck, 1997, p. 8.

[4] Young, op. cit., p. 15.

[5] Young, op. cit., p. 14.

[6] Traduction libre de « minor transient documents of everyday life ». Maurice Rickards, The Encyclopedia of Ephemera: A Guide to the Fragmentary Documents of Everyday Life for the Collector, Curator, and Historian, édité et complété par Michael Twyman, New York, Routledge, 2000, p. v.

Notre collection d’estampes compte maintenant plus de 30 000 œuvres!

25 mai 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Catherine Ratelle-Montemiglio,
Bibliothécaire, Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

Formant un ensemble unique et important des collections patrimoniales, les estampes conservées à la Bibliothèque nous proposent un voyage à travers les époques, les styles et les techniques propres à cette pratique artistique. La collection s’est enrichie d’année en année  jusqu’à atteindre, tout récemment, le cap symbolique de plus de 30 000 œuvres!

Jean-Pierre Gaudreau, Singe, 2003. Eau-forte, pointe-sèche ; 15 x 32 cm

Développement de la collection d’estampes

Suzie Allen, Mémoire d’or, 2002. Collagraphie ; 39 x 29 cm

Le développement de cette collection se fait principalement par dépôt légal : l’exemplaire déposé intègre les collections patrimoniales et il est conservé dans les meilleures conditions possibles.  Deux fois l’an, le comité d’acquisition, formé d’experts externes, se penche sur les estampes reçues en dépôt légal et recommande, parmi celles-ci, les secondes épreuves qui seront acquises par achat.  Le prochain comité est prévu pour le 11 juin prochain et il est toujours temps de nous faire parvenir vos œuvres.

Numérisation des estampes

Karine Gibouleau, Professeur Brainiak : Scène VIII, le week-end, 2004. Eau-forte, aquatinte ; 58 x 39 cm

Par ailleurs, les efforts de numérisation se poursuivent en parallèle au développement physique de la collection, permettant un accès toujours plus grand au patrimoine iconographique québécois. Plus de 11 500 estampes peuvent donc être admirées directement en ligne sur la plateforme BAnQ numérique. De nombreux ajouts ont été faits au cours des derniers mois et valent certainement le coup d’œil. En effet, plusieurs belles découvertes peuvent être faites parmi les items récemment ajoutés, provenant autant d’artistes ayant façonné le développement de l’estampe au Québec que d’artistes contemporains. Ces derniers ajouts nous permettent d’observer une variété de techniques et de styles adoptés par les artistes, démontrant toute la polyvalence de l’art de l’estampe. Notons par exemple le travail de Karine Gibouleau, dont les œuvres réalisées à l’eau-forte et à l’aquatinte reprennent les codes de la bande dessinée, ou encore les gravures sur bois abstraites de Gaston Petit (Fuji), probablement effectuées à son atelier de Tokyo dans les années 1960. Il est également possible d’observer quelques exemples de collagraphie, une technique de gravure en relief basée sur le collage, comme chez Suzie Allen et Paul Cloutier.

En somme, que vous soyez à la recherche d’inspiration ou que vous souhaitiez en apprendre plus sur l’art de l’estampe, les possibilités sont presque infinies. Nous espérons que ces quelques exemples auront piqué votre curiosité et vous encourageront à explorer cette magnifique collection!

Fuji (i. e. Gaston Petit), Barjône, 1969. Bois gravé ; 57 x 42 cm

Paul Cloutier, Cerf-volant, 2006. Collagraphie ; 57 x 38 cm

René Derouin, Tokio. II-A, 19]68. Bois gravé ; 51 x 40 cm

Numérisation : petit livre, gros défis!

18 mai 2018 par Carnet de la Bn 3 Commentaires

 Marie-Chantal Anctil,
Coordonnatrice de la section de la reproduction, Direction de la numérisation

Michel Legendre,
Photographe, Direction de la numérisation

Isabelle Robitaille,
Bibliothécaire, Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

À une époque où chacun peut créer une image et la partager instantanément, la numérisation du plus petit livre des collections de la Bibliothèque peut sembler un exercice de routine. Détrompez-vous! L’ouvrage de bibliophilie The Lord’s prayer entre dans la catégorie des cas exceptionnels,  de ceux qui nous donnent du fil à retordre en studio et demandent de la créativité.

Le document

Tout d’abord, de quel livre s’agit-il? The Lord’s prayer est un livre miniature de 6 mm contenant la prière le Notre-Père en 6 langues: en anglais (deux versions), en français, en allemand, en espagnol, en néerlandais et en norvégien.  Il est le plus petit livre dans les collections patrimoniales de BAnQ et l’un de nos trésor, mais ce n’est pas le plus petit livre au monde. Le concept du livre miniature imprimé existe depuis les débuts de l’imprimerie, inventée par Gutenberg au XVe siècle. Pour être considéré comme miniature, un livre doit mesurer moins de 75mm. Il s’agit dans la plupart des cas de curiosités plutôt que de livres destinés à la lecture. 

Le livre a été fabriqué selon la méthode traditionnelle, soit avec des caractères typographiques en plomb. Cependant, les caractères sont proportionnellement plus gros que pour un livre normal, chaque page contenant à peine 13 lignes. L’impression des caractères est également pâle; il était assurément difficile pour l’imprimeur d’évaluer la quantité d’encre à utiliser. Malgré ces éléments, ce livre constitue un exploit technique et revêt une  grande valeur pour nous puisqu’il a été offert à BAnQ pour inaugurer l’ouverture de la Grande Bibliothèque en 2005. Nous le conservons précieusement dans la collection spéciale des livres de bibliophilie.

Sa numérisation

Pour réaliser une numérisation de qualité, nous avons dû surmonter plusieurs défis. Du haut de ses 6 mm, l’ouvrage était au moment de sa création, en 1958, le plus petit livre imprimé. Le livre est en bon état, mais la reliure est fragile et l’ouverture, restreinte en raison de sa petite taille. Nous voulions photographier le livre ouvert, être capable de voir le texte et laisser transparaître sa petite dimension tout en produisant une image harmonieuse. Plus facile à dire qu’à faire lorsqu’il est question d’un livre si petit!

Avec beaucoup de patience, le photographe Michel Legendre a utilisé des spatules fines pour tourner les pages et trouver celle qui nous intéressait : le Notre-Père en français. Comme le livre est difficile à lire a l’oeil nu, Michel a travaillé avec une loupe. Pour positionner le livre et le maintenir ouvert, il s’est servi de minuscules morceaux  de gomme à effacer.

En macrophotographie (ensemble des techniques photographiques  permettant de photographier des sujets de petite taille), la principale préoccupation est la mise au point et la profondeur de champ. Pour contrer ces difficultés, le photographe a travaillé avec une lentille 120mm Macro sur un appareil de 100 mégapixels et a appliqué une technique qui permet de fusionner des images à des focus différents : dans ce cas-ci 15 images différentes. La prise de vue en mode connecté a été effectuée avec le logiciel CaptureOne, la fusion des images avec HeliconFocus et le traitement final dans Photoshop.        

Il en résulte une photo qui cache très bien les efforts appliqués à sa réalisation et qui nous permet d’admirer et de partager ce minuscule trésor sans l’endommager!

Photos: Michel Legendre et Marie-Chantal Anctil.

Catégorie(s) : Diffusion
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Regard sur la Collection nationale de musique

11 mai 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Benoit Migneault
Directeur
Bibliothèque Saint-Sulpice

Pauline Julien, CBS Disques, [196-?]

Il serait évidemment facile de dresser une liste de documents rares ou introuvables ailleurs qui sont conservés dans la Collection nationale de musique. On n’a qu’à penser à l’opéra Louis Riel d’Harry Somers, qui reçut une critique louangeuse lors de sa publication en 1985. Et que dire du Vol rose du flamant de Clémence Desrochers, première comédie musicale québécoise jamais enregistrée, qui remonte à 1964?

Festival de musique avec tout l’monde… Oné toutoboutte toutte avec Raoul Duguay et Dyonysos, entre 1971 et 1978.

Toutefois, la Collection nationale de musique est bien plus qu’un lot de raretés: ce qui la caractérise et constitue son ultime richesse, c’est le fait qu’elle rassemble en un seul lieu la totalité du patrimoine musical et sonore québécois, pour le plus grand bénéfice des usagers de BAnQ. Après tout, le concept de trésor est bien variable selon les usagers à qui on demande de le définir.

Certains sont fébriles à l’idée de pouvoir consulter la collection de disques country; pour d’autres, c’est le rock progressif; enfin, d’aucuns jettent leur dévolu sur la musique de films, la musique d’émissions pour enfants ou l’impressionnante collection de 45 tours. On peut par ailleurs se poser la question suivante: si la Collection nationale de musique n’existait pas, où donc trouverait-on un accès aussi convivial et aussi démocratique à ces témoins de notre passé et de notre présent? Il faut en effet garder en tête qu’au-delà de leur contenu musical, ces enregistrements sont également révélateurs d’une société en mouvance. On n’a qu’à songer, par exemple, au parallèle à tracer entre l’émergence des chansonniers à texte et la Révolution tranquille. Évidemment, certains enregistrements sont absents de cette collection, soit parce que BAnQ n’en possède qu’un seul exemplaire, auquel cas il se trouve au Centre de conservation, soit parce que le document est trop fragile pour être disponible en accès libre, ce qui est le cas des cylindres de cire, des 78 tours et des cassettes huit pistes. Dans une telle éventualité, il suffit de s’adresser au personnel de la section Musique et films afin qu’une version numérisée du document soit réalisée pour fins de consultation.

Pour en savoir plus, venez assister à la conférence L’évolution de la chanson populaire au Québec, le 17 mai à BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie. De la Nouvelle-France au xxie siècle, une incursion au cœur de la petite et de la grande histoire de la chanson d’ici en compagnie d’une bibliothécaire spécialisée en musique du Québec. La rencontre sera suivie d’une visite de l’édifice qui abrite un exemplaire de presque tout ce qui a été publié au Québec à travers le temps.

Une carte-index interactive pour la recherche de plans d’assurance-incendie de Montréal

8 mai 2018 par Carnet de la Bn 1 Commentaire

par Alban Berson
Cartothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

 

BAnQ, en collaboration avec le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal est heureuse d’offrir aux chercheurs un tout nouvel outil: une carte-index interactive des plans d’assurance-incendie de Montréal.   

BAnQ possède une collection presque complète de plans d’assurance-incendie décrivant plusieurs villes et villages du Québec entre les années 1880 et 1970. Dressés tout d’abord par l’ingénieur Charles Goad, puis par l’entreprise Underwriters’ Survey Bureau, ces plans étaient dessinés pour aider les compagnies d’assurance à évaluer les risques d’incendie et à tarifer les polices d’assurance. D’une qualité exceptionnelle, ils montrent une grande quantité de détails intéressants, notamment la disposition des bâtiments, les matériaux de construction utilisés, l’adresse, le découpage cadastral et parfois aussi les noms des commerces, des industries et des propriétaires.

D’une grande superficie, le territoire de la ville de Montréal a été découpé en plusieurs volumes numérotés par la firme de cartographie (une liste de ces volumes est disponible ici). Tout au long du XXe siècle, les mêmes numéros de volumes et de planches correspondent aux mêmes sections de Montréal. Par exemple, de la première édition du volume 4 en 1913 à sa dernière édition en 1961, la planche 180 représente toujours le même segment de la rue Saint-Ambroise et le quartier environnant. Au fur et à mesure du développement urbain, certaines planches supplémentaires sont apparues dans les volumes réédités.

Insurance plan of the city of Montreal, volume 4, pl. 180, 1961.

Cette constance facilite les comparaisons et a permis au Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenir, rattaché au Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (UQAM), d’établir cette carte-index interactive sur un fond de carte montrant les rues de Montréal aujourd’hui. Le chercheur peut ainsi repérer en un coup d’œil le volume correspondant à la zone qui l’intéresse. Plusieurs volumes comportent également des planches géoréférencées, pour permettre un accès rapide et direct à la planche pertinente.

Pour plus de détails sur la collection de plans d’assurance-incendie et sur la façon de mener des recherches, veuillez consulter le Guide d’utilisation des plans de villes et villages du Québec.

Catégorie(s) : Diffusion
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Coup d’œil sur la numérisation

4 mai 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Marie-Chantal Anctil,
Coordonnatrice de la section de la reproduction, Direction de la numérisation 

BAnQ conserve dans ses collections plus de 883 000 titres du patrimoine documentaire publié et plus de 65 km du patrimoine documentaire archivistique québécois, de la fondation de la Nouvelle-France à aujourd’hui. Plusieurs de ces documents sont uniques et précieux, ils constituent la mémoire documentaire du Québec.

La numérisation réfère à un ensemble de processus qui convertit des documents analogiques (papier, bande magnétique, etc.) en données numériques. Le document peut alors être diffusé sur les réseaux et les médias numériques. La Direction de la numérisation gère cette activité. À ce jour, c’est plus de 30 millions de fichiers de documents publiés, d’archives et de documents audiovisuels qui ont été numérisés. Les documents numérisés sont destinés à la diffusion principalement, mais certaines collections peuvent aussi être numérisées à des fins de traitement; c’est le cas des collections audiovisuelles, dont le contenu devient inaccessible en raison du vieillissement des supports matériels.

Les collections de BAnQ sont le reflet de ce qui a été publié et créé au Québec. On retrouve des livres, des revues, des journaux, des cartes, des actes de notaires, des registres d’état civil, des affiches, des cartes postales, des photographies, des estampes, des livres d’artistes, des partitions musicales, des enregistrements sonores sur disques, cassettes, CD et cylindres de cire, ainsi que des films et des enregistrements vidéo en formats U-Matic, VHS, Vidéo Hi8, Betacam, etc. En raison de cette diversité des supports contenus dans nos collections, l’équipe de la Direction de la numérisation est multidisciplinaire.

Les employés œuvrant du côté de la reproduction numérique ont des compétences techniques liées à la création des fichiers de tout type : photographie numérique et analogique, microformes, films, enregistrements audio, vidéos, etc. Du côté de la mise en ligne des fichiers, les employés assurant le contrôle de la  qualité, le classement, la conformité des métadonnées, la reconnaissance optique de caractère (OCR) et la mise en ligne ont des connaissances informatiques.  Chaque année, c’est plus d’un million de pages qui sont mises en ligne, rendant ainsi les documents accessibles à tous.  La numérisation est effectuée en respectant des règles précises qui en assurent la qualité.

En amont de la numérisation, l’identification des corpus à numériser, leur traitement documentaire ou archivistique, la libération des droits d’auteurs et la préparation (et parfois la restauration) constituent un travail préalable fondamental. Toutes ces étapes sont effectuées avec minutie afin de minimiser l’impact sur les collections physiques.

Nous aborderons plus spécifiquement les différents aspects du travail dans de prochains billets et nous vous présenterons des cas particuliers rencontrés dans le processus de transformation numérique.

Combien ça vaut? Déterminer la valeur marchande des documents patrimoniaux

25 avril 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Daniel Chouinard
Bibliothécaire
Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales

La question de la valeur marchande des documents patrimoniaux, qu’il s’agissent de livres anciens, de cartes, de disques, etc. est une de celles auxquelles nous devons régulièrement répondre. Comme dans tout commerce qui s’exerce librement, cette valeur est essentiellement déterminée par le jeu de l’offre et de la demande. Voici les principaux facteurs qui peuvent influencer cette valeur.

Daniel Chouinard

La qualité du contenu : les ouvrages qui font autorité dans leur domaine ou qui ont fait date dans l’histoire d’une discipline sont toujours recherchés.

L’importance de l’auteur : la renommée d’un auteur peut jouer un rôle déterminant, au point qu’un ouvrage mineur d’une célébrité peut être plus recherché qu’une œuvre de grande qualité d’un auteur moins connu. De même, une provenance prestigieuse ou la présence d’une dédicace peuvent augmenter la valeur d’un exemplaire en particulier.

L’âge : les ouvrages imprimés avant 1800 sont en général considérés comme anciens et peuvent avoir une bonne valeur s’ils sont en bon état.

La rareté : la rareté peut accroître la valeur d’un document, mais c’est un élément qui est souvent difficile à estimer, car on ne sait pas forcément combien d’exemplaires ont été imprimés. La rareté ne justifie pas à elle seule une valeur élevée : il faut aussi que le document ait d’autres qualités.

Les qualités esthétiques : la présence d’illustrations, de cartes géographiques, d’un papier de qualité, d’une typographie ou d’une reliure soignées sont autant d’éléments qui peuvent pousser la valeur d’un document à la hausse.

La brochure ci-dessous, achetée au coût d’environ 6 000 $ en novembre 2017, illustre bien les facteurs évalués lors d’une acquisition. Publiée en 1777, il s’agit de l’une des rares pièces de théâtre publiée pendant la Guerre d’Indépendance américaine. C’est un exemple de littérature patriotique qui met en scène l’attaque de Québec par le général américain Montgomery, qui y trouvera la mort. Il s’agit de l’un des tout premiers drames historiques américains publié par un des premiers auteurs du genre aux États-Unis.  Sa valeur marchande élevée s’explique notamment par sa grande rareté, son âge, son sujet et son bon état de conservation.  

 

Photos : Isabelle Robitaille

La valeur marchande d’un document résulte donc de la combinaison de plusieurs de ces facteurs et elle peut également être soumise à des effets de mode plus ou moins passagers. Le travail d’évaluation consiste à identifier les facteurs présents et à soupeser leur importance relative. Une évaluation, au fond, c’est l’opinion d’un évaluateur et sa justesse repose sur la compétence de son auteur.

Catégorie(s) : Acquisition
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Enquête sur la carte ancienne révélée à l’émission Découverte

20 avril 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

« Son étude, il est vrai, est longue, ingrate et dure, il faut passer des temps considérables à se préparer et à rassembler les connaissances nécessaires, et souvent avec le travail le plus assidu, à peine peut-on se flatter de vaincre les difficultés qui se présentent. »1

par Alban Berson
Cartothécaire
Direction de la Collection nationale et des collections patrimoniales

Plusieurs milliers de curieux sont allés voir, dans les derniers jours, la carte du fleuve Saint-Laurent qui a fait l’objet d’un reportage à Découverte.  Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus, vous trouverez ici, dans ses grandes lignes le raisonnement qui a conduit à l’attribuer à Jacques Nicolas Bellin et le contexte présumé de sa création. 

Nous avons acquis cette carte manuscrite en trois feuillets représentant le fleuve Saint-Laurent, du lac Ontario jusqu’à l’île d’Anticosti, en décembre 2016. La carte étant anonyme, non datée et inconnue des chercheurs, elle a nécessité une étude attentive. En effet, une véritable enquête, à travers l’aspect matériel de la carte, l’information cartographique elle-même et l’oeuvre de Jacques Nicolas Bellin, un cartographe majeur, a été menée afin de rassembler tous les indices permettant cette attribution. 

Carte du cours du fleuve St. Laurent

 

Aspect matériel

Le support consiste en un papier chiffon relativement épais typique des XVIIe et XVIIIe siècles. L’examen du document à la table lumineuse a permis de déceler un filigrane formant les lettres PVL sur le premier feuillet uniquement, au niveau du lac Saint-François. Ce filigrane correspond au monogramme du papetier hollandais Pieter van der Ley, dont le moulin est actif à Zaandijk de 1665 à 17652. L’examen a également permis de révéler des trous d’aiguille ou de poinçon sur les points correspondant à de nombreux toponymes placés le long des berges du fleuve, ainsi qu’à certains emplacements choisis. Une minorité seulement de ces perforations est due à l’usage du compas. La présence des autres s’explique plus difficilement. En l’absence de trace de carroyage sur le papier, ces perforations suggèrent des points de repère facilitant la production de plusieurs cartes manuscrites identiques. Cette hypothèse demeure non validée. Les inscriptions d’époque ont été réalisées à l’encre noire et le relief a été rehaussé à l’aquarelle. Sur les marges inférieures, on observe quelques inscriptions récentes à l’encre bleue ainsi que la mention « 3 maps together : $.90.00 » au crayon à mine qui témoigne de la bonne affaire réalisée par un ancien acquéreur!

Suite à cet examen, la carte a été confiée aux soins du service de restauration de BAnQ. Les trois feuillets ont fait l’objet d’un nettoyage à sec à l’aide d’une efface et d’une éponge visant à les débarrasser de la poussière superficielle accumulée au cours des siècles.  Une trace rectiligne jaunâtre, résultat d’une longue période d’exposition dans un cadre, est visible à l’intérieur du liseré noir. Des déchirures mineures ont été réparées à l’aide de colle d’amidon de blé et de papier japonais.

Information cartographique

Dans l’ensemble, la carte ne parait pas adaptée à la navigation ; le premier feuillet ne contient ni relevé de sonde, ni ligne de batture et l’échelle utilisée sur le troisième feuillet ne permet guère de localiser précisément les écueils. Néanmoins, le deuxième feuillet fait état de la présence de battures aux abords de l’île aux Lièvres et de l’Isle-aux-Coudres et signale quelques mesures bathymétriques, informations précieuses pour les pilotes. Le fait que la carte soit isolée de l’ensemble documentaire auquel elle a jadis appartenu rend délicate l’évaluation de l’utilité pratique de ce deuxième feuillet pour un navigateur.

Du point de vue du découpage des zones géographiques en encarts comme de celui des toponymes, la carte présente de prime abord une ressemblance frappante avec l’œuvre de Jean Deshayes (†1706). Deshayes, professeur de mathématiques et homme de science talentueux, séjourne à deux reprises en Nouvelle-France. En 1685-1686, il procède à un relevé hydrographique du Saint-Laurent qui servira de base à une carte de référence sous le régime français3. En 1702, il retourne dans la colonie en tant qu’hydrographe du roi. Jusqu’à sa mort en 1706, il y enseigne les connaissances utiles à la navigation et poursuit ses travaux de cartographie4.

Mais si la carte évoque le travail de Deshayes, la comparaison avec les cartes tracées de sa main conservées à la Bibliothèque nationale de France (et disponibles sur Gallica) montre qu’il ne peut s’agir de lui, la facture et la graphie présentant des différences inconciliables. D’autres pistes ont été à leur tour explorées puis écartées, telles que celle du père Laure (1688-1738), cartographe méconnu, ou encore des navigateurs Gabriel Pellegrin (1713-1788) et Richard Testu de la Richardière (1681-1741).

La valeur historique principale de la carte réside dans la multitude de toponymes en usage à l’époque de la Nouvelle-France qu’elle présente : noms de villages, de seigneuries, de rivières ou encore de battures. C’est l’étude comparative de cette nomenclature qui a permis l’avancée la plus significative dans la recherche de l’origine du document. Au fil des ans, BAnQ a constitué un répertoire des toponymes figurant sur les cartes de la Nouvelle-France. La saisie systématique dans ce fichier des noms de lieux indiqués sur la carte a permis de faire ressortir un ensemble de termes qui n’apparaissent pas avant les travaux de Jacques Nicolas Bellin. Ainsi, par exemple, tout près de l’île aux Lièvres, deux îlots dont la première mention connue sur une carte est au crédit de Bellin : l’îlot du Broc et le Pot à l’Eau-de-Vie. De même pour le « trou Saint-Patri » (le Trou Saint-Patrice au sud-ouest de l’île d’Orléans) et les battures du Cap Brûlé (situées entre l’île d’Orléans et l’Isle-aux-Coudres). Concomitamment, on ne relève sur la carte aucun toponyme d’apparition postérieure à l’époque de Bellin.

Jacques Nicolas Bellin (1703-1772), commis aux écritures et aux dessins puis ingénieur hydrographe au Dépôt de cartes et plans de la marine à partir de 17415, est un des plus illustres et prolifiques cartographes français. Son impressionnante production s’étale sur un demi-siècle. Bellin n’est jamais venu en Amérique. Le Dépôt, par l’intermédiaire du secrétaire d’État à la marine, confiait aux vaisseaux du roi des cartes manuscrites afin que les navigateurs y consignent de l’information inédite et y effectuent des corrections. Par ce procédé, Bellin perfectionnait sa connaissance du fleuve et de ses rives6. Il n’est pas impossible que cette carte ait été tracée à cette fin mais, si c’est le cas, aucune mise à jour n’y a été effectuée. La similitude de la représentation du fleuve Saint-Laurent avec La Grande Rivière de Canada de Jean Deshayes s’explique par le fait que les employés du Dépôt de cartes et plans de la marine bénéficiaient non seulement de la carte imprimée de Deshayes mais également des cartes manuscrites dressées par ce dernier d’après ses relevés et calculs effectués en 1686.

Des éléments caractéristiques du travail de Bellin

Pour mettre à l’épreuve cette attribution, nous avons comparé la carte avec une autre carte manuscrite du fleuve Saint-Laurent signée par Bellin et conservée à la Bibliothèque nationale de France : Carte du fleuve Saint-Laurent depuis Gaspé et Mingan jusqu’à Québec… prise… sur les observations… que M. des Herbiers de Létanduère, capitaine de vaisseau, a faites dans les campagnes de 1730 et 1732 / Copié sur celle donnée par M. de Létanduère en 1733 par Bellin7.

Le territoire représenté sur la carte de la BnF correspond exactement aux deuxième et troisième feuillets de la carte de BAnQ (de Québec à la partie occidentale de l’île d’Anticosti). On constate sur les deux cartes l’utilisation de l’aquarelle pour mettre en relief le fleuve et les berges. Plus significatif, sur la carte de la BnF, Bellin fait figurer au nord de l’île aux Lièvres une batture dont il précise qu’elle a été découverte en 1730 par son collaborateur sur le terrain, le pilote et officier de marine Henri-François des Herbiers, marquis de l’Estenduère (1682-1750). Or, cette batture figure à l’identique sur la carte de BAnQ. Ce commentaire de Bellin et l’étude comparative des toponymes suggèrent que la carte de BAnQ daterait du début des années 1730, datation compatible avec la période d’activité du moulin où  le papier a été fabriqué. L’Éléphant, navire de la marine royale de type flûte de 30 canons, s’échoue (sans perte humaine) sur la batture du Cap Brûlé le 1er septembre 17298. On comprend l’empressement des autorités françaises au début de la décennie 1730 à améliorer l’hydrographie de la zone correspondant au deuxième feuillet, soit la périlleuse portion du fleuve s’étendant de Québec à l’île Verte.

Les deux cartes présentent ce qui peut être interprété comme une différence d’achèvement. En effet, la carte de la BnF comporte des ornements : cartouche d’inspiration architecturale, armoiries du roi de France et angelots. Il s’agit là d’enjolivements habituellement réservés aux cartes manuscrites abouties, prêtes à passer dans les mains de personnages puissants. Ce n’est pas le cas de la carte de BAnQ qui n’offre comme ornement que la traditionnelle fleur de lys indiquant le nord sur la rose des vents et deux modestes dessins de monts. La carte de la BnF comporte également deux encarts, consacrés à la traverse du cap Tourmente et à la rade de Québec, absents de la carte de BAnQ. En outre, contrairement à la carte de la BnF qui est enrichie de trois commentaires distincts, la carte de BAnQ est exempte de texte. On pourrait avancer qu’un commentaire associé a pu exister au sein de l’ensemble documentaire dont la carte faisait originellement partie. Mais ce qui rend possible les commentaires sur la carte de la BnF est essentiellement la désignation par des lettres de l’extrémité des segments représentant des lignes de battures ou de repère. Par exemple, en formant un segment HJ, le cartographe peut ajouter une explication telle que : « Cette [ligne] HJ marque l’alignement qu’il faut prendre pour parer le banc de la pointe aux Alouettes […] »9. Or, les segments, bien qu’identiques sur la carte de BAnQ, n’y sont pas nommés. Cette absence de référentiel rend tout commentaire éventuel sur une feuille séparée difficilement intelligible. Dès lors, la carte de BAnQ pourrait-elle être une version préliminaire de celle de la BnF? Dans la mesure où l’information cartographique y est la même pour les deuxième et troisième feuillets (le premier n’étant qu’une contextualisation basée sur Deshayes), c’est une hypothèse recevable.

La différence majeure entre les deux cartes est l’échelle des premier et troisième feuillets. Alors que la carte conservée en France est tracée à une échelle uniforme d’environ 1:341 00010, celle de BAnQ présente une échelle différente pour chaque feuillet. Le premier feuillet, qui représente le territoire s’étendant du lac Ontario jusqu’à Québec (non représenté sur la carte de la BnF) est tracé à une échelle d’environ 1:336 000. Le troisième feuillet, de Kamouraska à Anticosti, présente une échelle d’approximativement 1:1 000 000. L’utilisation d’échelles différentes sur la carte de BAnQ pourrait être due à la nécessité de représenter la totalité du fleuve avec une intention différente selon ses portions (simplement indicative sur les premier et troisième feuillets, critique pour la navigation sur le deuxième)  sur trois feuilles d’un même format permettant de les relier en cahier.

Une lieue marine de France équivaut à 1/20e de degré du périmètre terrestre, soit 555 670 centimètres. Il est important de noter qu’au moment où nous rédigeons ces lignes, la notice de la carte de la BnF comporte une erreur. L’échelle calculée mentionnée dans la description est d’environ 1:266 000. Or, après demande de vérification, la BnF a mesuré le segment représentant 15 lieues marines. Celui-ci serait de 24,5 cm, soit une échelle d’environ 1:341 000. Le deuxième feuillet de la carte de BAnQ, représentant le territoire situé entre Québec et l’île Verte, présente un segment de 24,3 cm pour 15 lieues marines, soit une échelle 1 :343 000. Dans la mesure où le segment de la carte de la BnF est traversé par une charnière l’allongeant légèrement, on peut raisonnablement affirmer qu’il s’agit de la même échelle.

Par ailleurs, la droite qui représente les 15 lieues marines est segmentée à l’identique sur les deux cartes : cinq courts segments numérotés de 1 à 5 lieues suivis de deux segments plus grands, de 5 à 10 puis de 10 à 15. Mais il s’agit là d’un mode de présentation de l’échelle trop commun au XVIIIe siècle pour être considéré comme une similitude significative entre les deux cartes comparées.

Notre correspondant à la BnF atteste que des trous d’aiguille ou de poinçon sont également observables sur Carte du fleuve Saint-Laurent depuis Gaspé et Mingan jusqu’à Québec. Il n’a pas été possible de coordonner une comparaison systématique de l’emplacement de ces perforations avec nos confrères de la BnF et l’image numérique de la carte disponible sur Gallica ne permet malheureusement pas de visualiser ces perforations. La plupart de celles présentes sur la carte conservée à Montréal sont également invisibles à l’œil nu et ne sont révélées que par l’examen à la table lumineuse. S’agissant de deux cartes manuscrites sur lesquelles ne figure aucune trace de carroyage, un réseau de points de repère facilitant la production d’une copie identique obtenu en perçant deux feuilles de papier superposées était concevable. De nombreux trous placés à l’ouest de l’Isle-aux-Coudres sur la carte de BAnQ, par exemple, semblent correspondre aux relevés bathymétriques de cette zone indiqués sur la carte conservée en France. Nous ne sommes pas en mesure de valider cette hypothèse. Néanmoins, la simple présence de ces discrètes perforations (dont peu, rappelons-le, sont dues à l’usage ordinaire du compas) évoque une certaine parenté de facture.

Concernant la facture, on notera plus particulièrement les similitudes suivantes :

Une manière commune de circonscrire l’espace de travail, soit un cadre noir avec, en parallèle à l’intérieur, un liseré noir plus fin.

Carte de la BnF

Carte de BAnQ

Des graphies identiques. Nous n’avons pas eu recours à une expertise graphologique mais la similitude est patente :

Carte de la BnF

Carte de BAnQ

Le mont Camille et les mamelles de Matane. Non seulement la première utilisation du  toponyme « mamelles de Matane » est au crédit de Bellin11 mais les illustrations de monts associées à ces points de repère sont une habitude du cartographe. Elles sont présentes jusque dans sa carte imprimée de 176112:

Carte 1761

Carte BAnQ

Carte BnF

Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782) est un des rares autres cartographes, avec notamment Vaugondy et Carver13, à employer à la fois les toponymes « mamelles de Matane » et « mont Camille »14  en dessinant, lui aussi, des petits monts contigus sur sa carte du Canada de 175515. À la fin des années 1750, la toponymie que d’Anville et Bellin emploient pour décrire la Nouvelle-France est presque identique. Les deux Français sont contemporains et partagent plusieurs sources. En outre, on sait que, alors qu’il travaille sur sa carte du Canada, d’Anville a en main la Carte de la partie orientale de la Nouvelle France ou du Canada publiée par Bellin en 174416. La ressemblance entre leurs travaux n’est donc pas surprenante. Mais la consultation des cartes manuscrites de d’Anville conservées à la Bibliothèque nationale de France (et disponibles sur Gallica) dissipe tout doute éventuel tant la facture et la graphie diffèrent de celles de la carte manuscrite de BAnQ. D’autre part, d’Anville représente les mamelles de Matane plus loin des rives du fleuve que Bellin et il situe le mont Camille au nord-ouest des mamelles de Matane alors que Bellin le situe au sud-ouest.

Considérant ces éléments convergents, nous attribuons Carte du cours du fleuve St-Laurent depuis le lac Ontario jusqu’à Québek à Jacques Nicolas Bellin et la datons de 1733, peu de temps après les relevés effectués par le marquis de l’Estenduère. Si cette carte contribue à éclairer l’hydrographie et la toponymie du fleuve Saint-Laurent sous le régime français, le contexte de sa création recèle encore bien des incertitudes. S’agit-il d’une version préliminaire de la carte de la BnF? D’une copie de travail destinée à être amendée par un navigateur? Si oui, pourquoi aucune mise à jour n’y a été effectuée? Pourquoi les commentaires explicatifs sur les éléments utiles à la navigation sont-ils absents? S’il s’agit d’un travail préliminaire à une autre carte de Bellin, comment s’est-elle retrouvée au Canada alors que le Dépôt des cartes et plans de la marine conserve jalousement sa documentation? Des recherches subséquentes permettront peut-être d’éclaircir le travail du cartographe de cabinet et de répondre aux interrogations qui subsistent.  L’enquête se poursuit.

Venez admirer cette carte unique et vous faire raconter son histoire en notre compagnie le 26 avril : Les mystères d’une carte de l’époque de la Nouvelle-France.

 

1. Bellin, Jacques Nicolas,Observations sur la carte de la Manche, dressée au Dépôt des cartes, plans et journaux de la marine, pour le service des vaisseaux du roi… en 1749,Paris, Didot, 1744.
2. Churchill, W. A, Bellin, Watermarks in paper in Holland, England, France, etc., in the XVII and XVIII centuries and their interconnection,p. LXXXI, Mansfield Centre, CT, Martino Pub, 2006.
3. Deshayes, Jean, De la Grande Rivière de Canada appellée par les Européens de St. Laurens, Paris, chez N. de Fer, 1715.
4. Sur Jean Deshayes, voir Litalien, Raymonde, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La mesure d’un continent : atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814, p. 199
5. Petto, Christine Marie, When France was king of cartography: the patronage and production of maps in early modern FranceLanham, Lexington Books, 2007p. 71.
6. Palomino, Jean-François, Entre la recherche du vrai et l’amour de la patrie : cartographier la Nouvelle-France au XVIIIe siècle, in Revue de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, n. 1, 2009, p. 93
7. Bellin, Jacques Nicolas, Carte du fleuve Saint-Laurent depuis Gaspé et Mingan jusqu’à Québec. Prise sur ce qui a été reconnu bon dans les anciennes cartes et mémoires ; et sur les observations particulières que M. des Herbiers de Létanduère, capitaine de vaisseau, a faites dans les campagnes de 1730 et 1732,1733.
8. Mahier, Carte figurative du promt secours envoyé par l’ordres [sic] de Monseigneur le Mr de Beauharnois,… gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté dans tout l’estendue de la Nouvelle France, au vaisseau du Roy l’Eléphant, le 2 Sepbre 1729,1729.
9. Bellin, Jacques Nicolas, Carte du fleuve Saint-Laurent depuis Gaspé et Mingan jusqu’à Québec. Prise sur ce qui a été reconnu bon dans les anciennes cartes et mémoires ; et sur les observations particulières que M. des Herbiers de Létanduère, capitaine de vaisseau, a faites dans les campagnes de 1730 et 1732,1733.
10. À l’exception des deux encarts qui ont leurs échelles propres.
11. « Mont Camille » apparait pour la première fois sur la carte de Deshayes de 1715.
12.Bellin, Jacques Nicolas, Carte du cours du fleuve de Saint Laurent depuis Quebec jusqu’a la mer, en deux feuilles, 1761.
13. Lequel traduit littéralement en anglais ce toponyme : « paps of Matane »
14. Deshayes emploie « mont Camille » et « Matane » mais pas « mamelles de Matane ». Son copiste hollandais Gerard Van Keulen et lui dessinent des monts à cet endroit. Bellin et d’Anville ont continué à ajouter cet ornement.
15. Bourguignon d’Anville, Jean-Baptiste, Canada, Louisiane et terres angloises, Paris, 1755.
16. Bellin, Jacques Nicolas, Carte de la partie orientale de la Nouvelle France ou du Canada, 1744.

Les Statistiques de l’édition au Québec en 2016 : tendances

18 avril 2018 par Carnet de la Bn Pas de commentaires

par Amélie Proulx,Technicienne en documentation

Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales

Les Statistiques de l’édition au Québec présentent la production annuelle de livres et de brochures et, dans une moindre mesure, celle des journaux, des revues et des annuels imprimés édités au cours de l’année et reçus en dépôt légal. Les Statistiques de l’édition au Québec sont publiées annuellement par BAnQ depuis 1983 et disponibles en format numérique depuis 1998.  Auparavant, les statistiques étaient diffusées dans le Bulletin de la Bibliothèque nationale et ce, dès 1969 alors que plus de 800 titres avaient été déposés.

Les données de 2016 viennent tout juste d’être publiées et plusieurs éléments retiennent notre attention dans cette nouvelle mouture. En effet, on dénote une baisse de 18% du nombre de titres de monographies imprimées publiées depuis 10 ans, de même qu’une baisse de 72% du nombre de nouveaux titres (incluant les changements de titres) de périodiques imprimés publiés depuis 10 ans.  L’édition numérique joue probablement un rôle important dans cette baisse, nous y reviendrons plus loin.

Depuis plusieurs années déjà, l’autoédition connait un essor important. Encore cette année, la proportion de titres de monographies imprimées publiés par des individus augmente. Ces publications représentent 10% des titres reçus en 2016, alors qu’ils ne représentaient que 3% des collections acquises en dépôt légal en 2008.

BAnQ acquiert par dépôt légal les publications imprimées éditées au Québec et depuis 2001 s’ajoutent également des documents numériques. Jusqu’à maintenant, ces acquisitions n’étaient pas suffisamment représentatives du marché, leur dépôt étant volontaire, afin d’être comptabilisées. Celles-ci font toutefois leur première apparition dans les Statistiques de l’édition au Québec cette année et elles sont appelées à prendre davantage d’emphase dans le futur. Nous pouvons déjà noter qu’au niveau des publications gouvernementales, les publications numériques surpassent désormais la production imprimée (474 titres imprimés reçus pour 1136 titres numériques, soit plus du double). La réduction des coûts liés à leur production et à leur diffusion explique que de plus en plus d’organismes abandonnent maintenant leurs éditions imprimées au profit d’éditions numériques, autant pour les monographies que pour les publications en série. Dans le secteur commercial, BAnQ a reçu 1441 monographies numériques, provenant de 125 éditeurs commerciaux en 2016. Ces dépôts volontaires ont été rendus possibles notamment grâce à un partenariat avec l’Entrepôt numérique ANEL-DeMarque, qui nous permet de recevoir automatiquement les publications numériques publiées par les éditeurs participant ayant accordé des licences d’autorisation à BAnQ.

Nous vous invitons à consulter les Statistiques de l’édition pour constater l’évolution de l’édition québécoise depuis près de 50 ans!

Regard sur le territoire gaspésien

11 avril 2018 par Carnet de la BN Pas de commentaires

par Philippe Legault,bibliothécaire à la Collection nationale.

 

Edmond-Joseph Massicotte, « Faucher de Saint-Maurice », Le Monde illustré, vol. 17, n° 850, 18 août 1900, p. 241.

Faucher de Saint-Maurice fait partie du groupe des grands intellectuels québécois de la fin du XIXe siècle. Serge Provencher, dans sa présentation de l’homme, précise que Narcisse-Henri-Édouard Faucher, né le 18 avril 1844, décida à 18 ans de s’attribuer, à la grande surprise de son entourage, le nom à particule « de Saint-Maurice »1. Cet ajout à son nom de famille fait référence à ses origines françaises de Saint-Maurice-les-Brousses, près de Limoges. La production littéraire de Faucher de Saint-Maurice comprend plus de 5000 pages. Il a publié au total huit récits de voyageSon esprit d’aventure l’a, entre autres, mené jusqu’en Gaspésie.

De tribord à bâbord

Publié en 1877, De tribord à bâbord est le récit de trois croisières sur le golfe du Saint-Laurent à bord du CGS Napoléon III. Le navire est un steamer du ministère de la Marine et des Pêcheries qui forme avec quatre autres bâtiments l’embryon de ce qui deviendra, un siècle plus tard, la Garde côtière canadienne. Longtemps, il sera le seul moyen de transport reliant les nombreux villages de la côte gaspésienne. Il faudra attendre 1925 pour qu’une voie routière ceinture la péninsule gaspésienne. Elle prendra l’appellation populaire de « boulevard Perron » en l’honneur du ministre de la voirie de l’époque.

Le Napoléon III avait comme mission le ravitaillement des phares du Saint-Laurent. L’auteur prolifique, curieux et grand érudit, fait une description colorée, voire poétique, de toutes les rencontres et péripéties de son voyage sur la route des phares. L’expédition en territoire gaspésien l’amènera dans la baie des Chaleurs, à Paspébiac, à Port Daniel, à Grande-Rivière, à Percé, à l’île Bonaventure, à Gaspé, à Forillon, à Cap-des-Rosiers, à L’Anse-au-Griffon, à Grande-Vallée, au cap Madeleine, à Mont-Louis et à Sainte-Anne-des-Monts. Il déclare : « Dans le golfe Saint-Laurent tout est puissant, tout est immense. Le Créateur y a semé des paysages les plus grandioses et y a jeté à pleine main archipels enchanteurs, rivières sinueuses et pittoresques, promontoires sombres, riants coteaux»2. Pour l’écrivain voyageur, chaque incident est une occasion d’évoquer des faits historiques, révélant ainsi son érudition. Il souligne l’occupation du territoire en citant des écrits de Cartier, Champlain et Chrestien Le Clercq.

 

« Phares du Bas-Saint-Laurent avec carte de référence », L’Opinion publique, vol. 8, n° 42, 18 octobre 1877, p. 498-499.

 

La Gaspésie

Illustration de la légende du braillard dans La Gaspésie – Histoire, légendes, ressources, beautés, Québec, Office provincial du tourisme, 1933, p. 98.

Faucher de Saint-Maurice est un excellent conteur qui vise autant à décrire les lieux visités qu’à rapporter les contes et légendes associés à chaque coin de la Gaspésie et d’ailleurs. Au phare de Cap Madeleine, situé à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, le nom de localité le plus long du Québec, il apprend la légende du Braillard de la Madeleine. Un bruit sinistre terrorise les marins qui viennent jeter l’ancre à l’embouchure de la rivière. Ces derniers entendent des lamentations ou des hurlements furieux. Il faut la bravoure d’un missionnaire pour découvrir la cause du mystère et faire disparaître ce bruit effroyable. L’abbé Charles-François Painchaud, armé d’une hache à sa ceinture, s’enfonce dans la forêt et découvre l’origine du phénomène. Deux arbres, inclinés en forme de X, produisent des bruits alarmants par leur friction lorsqu’ils sont secoués par le vent. Faucher de St-Maurice sait captiver par sa narration vivante des légendes gaspésiennes.

Près de 100 ans plus tard, De tribord à bâbord est imprimé à nouveau. L’édition de 1975 contient une présentation de Jacques Ferron, grand poète, journaliste, médecin et homme politique québécois. Les paysages gaspésiens lui ont d’ailleurs inspiré plusieurs poèmes.

Faucher de Saint-Maurice est allé à la découverte de la Gaspésie alors que la région était peu connue. Encore aujourd’hui, ce coin de pays est à découvrir et à habiter. 

1. Faucher de Saint-Maurice, Contes et récits, présentation de Serge Provencher, Montréal-Nord, VLB, 1980.
2. Faucher de St-Maurice, De tribord à bâbord, présentation de Jacques Ferron, Montréal, L’Aurore, 1975, p. 208.

Cet article provient du numéro 97 d’À rayons ouverts.

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Les sites Web : un patrimoine documentaire à conserver

4 avril 2018 par Carnet de la Bn 1 Commentaire

par Carole Gagné,
Bibliothécaire – dépôt des publications numériques et collectes des sites web,
Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales.

Le Web est désormais une source d’information incontournable avec des contenus souvent exclusifs : blogues, vidéos, etc. Pour nous, il s’agit d’une source primordiale pour l’étude de notre société par les chercheurs d’aujourd’hui et de demain. Les sites Web font partie du patrimoine documentaire québécois et à ce titre ils doivent être conservés et diffusés.

Depuis le début des années 2000, nous menons des travaux de réflexions sur le numérique et les questions relatives au Web.

Carole Gagné
Photo: Martine Renaud

Un programme de dépôt de publications numériques gouvernementales a été mis en place en 2001. Ces publications sont disponibles sur les sites web gouvernementaux en version PDF le plus souvent, mais aussi parfois en HTML. Ces cas nous ont amenés à rechercher une méthode pour conserver et diffuser ces publications dans leur contexte original, afin d’en préserver toute la signification.

La Bibliothèque nationale n’est bien sûr pas la seule institution de mémoire à réfléchir sur ce nouvel aspect du patrimoine documentaire. Nous avons découvert une communauté d’experts en joignant l’IIPC en 2009. L’International Internet Preservation Consortium est un regroupement de 50 institutions, notamment des bibliothèques nationales, des universités et des organisations s’intéressant à la sauvegarde des contenus Web, par exemple Internet Archive.

La mission de l’IIPC est de développer des outils, des normes et des pratiques en matière de collecte de sites web et de faire la promotion de l’accès et de l’utilisation de ce type de contenu. Le regroupement fonctionne selon un mode collaboratif, c’est-à-dire grâce à une mise en commun d’expertise et un développement partagé des outils. Heritrix, le robot qui nous permet de collecter les sites, est né de cette collaboration entre plusieurs membres fondateurs de l’IIPC.

En 2009 ont eu lieu les premières collectes de la Bibliothèque dans le cadre d’un projet pilote, puis en 2012, le programme a officiellement été instauré.

À ce jour, 4 vagues de collectes ont été effectuées :

  • Sites gouvernementaux depuis 2009 jusqu’à présent ;
  • Élections provinciales en 2012 et 2014 ;
  • Élections municipales de 2013 et 2017 ;
  • Collectes thématiques depuis 2015 jusqu’à présent. Il s’agit de 800 sites dans plusieurs secteurs : organismes communautaires, associations, organismes culturels (musées, théâtres, bibliothèques, etc.), individus (artistes, comédiens, musiciens, humoristes, etc.), entreprises privées, organismes parapublics (écoles, hôpitaux, etc.) et sites événements (festivals, conférences, etc.)

Vous pouvez consulter cette collection dans l’interface Archivage web. Dans un prochain billet, nous vous expliquerons quels outils sont utilisés pour rassembler ce patrimoine bien particulier.

 

À titre d’exemple, nous avons collecté le premier site du gouvernement du Québec.  Ce site a été mis en ligne en 1995, alors qu’il n’y avait que 23 000 sites diffusés.

 

 

Le laboratoire de restauration de BAnQ

28 mars 2018 par Carnet de la BN Pas de commentaires

par Marie-Claude Rioux, restauratrice,
Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales.

 

Photo: Michel Legendre

Dans le but de mieux répondre à sa mission de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire québécois, Bibliothèque et Archives nationales du Québec a inauguré dans les années 1990 un laboratoire de restauration. À l’aide de son équipement et de ses installations spécialisés, ce laboratoire a permis d’ajouter un volet plus scientifique et plus technique à la conservation des collections de l’institution

Le laboratoire de restauration est constitué de quatre espaces de travail permettant une série de traitements différents. En premier lieu, sur une grande table près d’une fenêtre, sont faits les traitements dits « secs », soit l’enlèvement de la poussière superficielle, la réparation de déchirures, l’enlèvement d’adhésifs, etc. La lumière du jour provenant de la fenêtre permet d’évaluer adéquatement l’état du document et de déterminer les traitements de restauration nécessaires.

Photo: Michel Legendre

On trouve aussi dans le laboratoire un grand évier réservé aux traitements dits « mouillés ». En effet, on dispose à l’intérieur de ce grand évier de petits bassins permettant le nettoyage de documents à l’aide d’eau distillée. Ces bassins peuvent aussi servir de chambre d’humidification pour dérouler les documents avant leur mise à plat.

Un autre plan de travail comporte une table aspirante. Celle-ci permet de faire d’autres types de traitements dits « mouillés ». En effet, lorsqu’il est impossible ou peu souhaitable d’immerger complètement un document dans l’eau, la table aspirante permet de le nettoyer très localement et d’enlever certaines taches à l’aide de solvants. Le dôme situé au-dessus de la table aspirante permet également d’utiliser celle-ci comme chambre d’humidification.

Finalement, deux grandes tables constituent une autre zone où peuvent être effectués des traitements secs, tels la mise à plat ou la couture de reliure abîmée. Une hotte en forme de trompe permet d’aspirer les vapeurs dégagées lors de l’utilisation de solutions chimiques dans les traitements de restauration. Il est à noter que les béchers contenant les solutions chimiques ne sont pas déposés sur les tables de travail, mais bien sur des chariots à roulettes. Ainsi, si par mégarde la solution est renversée, elle ne risque pas de s’étendre sur le document et de causer des dommages.

Photo: Michel Legendre

L’assignation d’un espace de travail à chaque type de traitement de restauration permet de bien gérer les espaces et d’assurer le meilleur rendement possible, en plus de garantir la sécurité des documents. Plusieurs documents transitent par le laboratoire de restauration de BAnQ. Après leur passage, ils ont souvent une seconde vie et sont prêts à poursuivre leur mission.

 

 

 

Article publié à l’origine dans le numéro 92 d’À rayons ouverts.

Catégorie(s) : Conservation
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Des atlas publiés en pleine tourmente

21 mars 2018 par Carnet de la BN Pas de commentaires

Par Marie Trottier, restauratrice d’œuvres sur papier, Centre de conservation du Québec,
et Jean-François Palomino, cartothécaire, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie.

 

 

Pilote americain septentrional pour les côtes de Labrador, Nlle. Ecosse, Nlle. Angleterre, New-York, Pensilvanie, Maryland, Virginie, les 2 Carolines et Floride, 55,4 x 41,3 x 3,1 cm, Paris, chez Le Rouge, 1778. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

En 2009, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) recevait de la part de la Compagnie de Jésus un don de plusieurs centaines de documents qui ne concernaient pas directement l’histoire de la communauté, notamment deux atlas en trois volumes ayant figuré jadis dans les collections du Collège Sainte-Marie : l’Atlas amériquain septentrional contenant les détails des différentes provinces de ce vaste continent et le Pilote americain septentrional pour les côtes de Labrador, Nlle. Ecosse, Nlle. Angleterre, New- York, Pensilvanie, Maryland, Virginie, les 2 Carolines et Florides. Ces trois volumes sont parmi les rares exemplaires conservés au Canada. S’ils ne concernent pas uniquement le territoire québécois, on y devine en filigrane l’intérêt de la France pour ce territoire nord-américain, quinze ans après avoir abandonné ses colonies nord-américaines à l’Angleterre.

 

Pilote americain septentrional pour les côtes de Labrador, Nlle. Ecosse, Nlle. Angleterre, New-York, Pensilvanie, Maryland, Virginie, les 2 Carolines et Floride, 55,4 x 41,3 x 3,1 cm, Paris, chez Le Rouge, 1778. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

 

Publiés à Paris en 1778, en pleine guerre d’indépendance des colonies anglaises, ces atlas contiennent des cartes d’origine britannique parmi les meilleures de l’époque (comme l’atteste l’extrait d’une lettre de l’Académie royale de marine reproduit en page frontispice). Traduites spécialement pour le lectorat français, les cartes permettaient de suivre le théâtre de la guerre en Amérique alors que la France venait de déclarer la guerre à l’Angleterre, en soutien aux rebelles américains. Plus précises, les cartes du Pilote americain septentrional montrent les plans des principaux ports britanniques (Halifax, Boston, Rhode Island, Philadelphie, etc.); elles sont ainsi utiles aux mariniers français impliqués dans la guerre. Les cartes sont soigneusement dessinées, gravées et imprimées selon les normes de l’époque. Plusieurs comprennent les frontières d’État rehaussées au lavis. Attrayants, les frontispices évoquent d’une part l’exotisme des terres américaines – femme au torse nu, ananas, palmier, canot, volcan – avec, en arrière-plan, des Européens venus exploiter ces ressources et, d’autre part, la rencontre européo-amérindienne fondée sur des échanges commerciaux (on y voit William Penn, fondateur de la Pennsylvanie, en train de négocier avec les Amérindiens).

 

Pilote americain septentrional pour les côtes de Labrador, Nlle. Ecosse, Nlle. Angleterre, New-York, Pensilvanie, Maryland, Virginie, les 2 Carolines et Floride, 55,4 x 41,3 x 3,1 cm, Paris, chez Le Rouge, 1778. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Le traducteur, compilateur et éditeur de l’ouvrage est Georges Louis Le Rouge, ingénieur cartographe né en Allemagne vers 1712 qui s’est ensuite installé au cœur de Paris, rue des Grands Augustins. L’ouvrage original traduit est l’œuvre du cartographe éditeur britannique Thomas Jefferys, qui publie en 1776 The American Atlas, compilé grâce aux levés exécutés par plusieurs militaires commissionnés par les autorités britanniques pour cartographier leurs colonies nord-américaines (Samuel Holland, Joseph F. W. Des Barres, etc.). On y trouve en tout 58 cartes, parmi les plus prisées des collectionneurs : « Amerique septentrionale par le docteur Mitchel », « Nouvelle carte de la province de Quebec selon l’edit du roi d’Angleterre du 7 8bre 1763 par le capitaine Carver », « Province de New York… par Montresor », « Carte des troubles de l’Amérique… par Sauthier et Ratzer », etc. Ces cartes publiées sont parmi les plus précises de l’époque, et elles le demeureront jusqu’à la publication de l’Atlantic Neptune, quelques années plus tard.

 

 

Article publié à l’origine sous le titre Une seconde vie pour des atlas anciens, dans le numéro 95 d’À rayons ouverts.

Assistez à la conférence de Jean-François Palomino et Alban Berson le 26 avril : Les mystères d’une carte de l’époque de la Nouvelle-France

Catégorie(s) : Diffusion
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Bienvenue sur le nouveau blogue de la Bibliothèque nationale

2 mars 2018 par Carnet de la BN Pas de commentaires

Notre nouveau blogue, Carnet de la Bibliothèque nationale, est consacré aux activités de la Bibliothèque nationale où sont rassemblées, conservées et diffusées les collections patrimoniales québécoises. Ce blogue est une façon de souligner cette année nos 50 ans d’existence.

Bibliothèque nationale du Québec, par Gabor Szilasi (1969), Fonds du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Office du film du Québec

En effet, c’est le 12 août 1967 que les députés québécois adoptent à l’unanimité le projet de loi 91, créant ainsi la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ). La nouvelle loi entre en vigueur le 1er  janvier 1968, désignant la BNQ comme dépositaire et diffuseur du patrimoine documentaire québécois publié. On la dote alors d’un puissant levier de collecte, le dépôt légal. En écho au double mandat de diffusion et de conservation, l’éditeur d’un document a désormais l’obligation d’en déposer deux exemplaires auprès de la BNQ. Un programme ciblé d’acquisition par don et achat permet d’inclure dans les collections les titres antérieurs à l’instauration du dépôt légal mais également les titres relatifs au Québec publiés à l’extérieur du territoire québécois. Au fil des ans, le nombre des familles de documents ciblées par le dépôt légal a augmenté considérablement, passant de 4 à 13.

En 2006, la BNQ et les Archives nationales du Québec fusionnent pour donner naissance à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. L’institution déploie maintenant ses activités de bibliothèque nationale dans deux lieux physiques : BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie ainsi qu’à la Collection nationale, à la Collection nationale de musique et au Centre québécois de ressources en littérature pour la jeunesse, regroupés à la Grande Bibliothèque.

 

Bibliothèque nationale du Québec, par Gabor Szilasi (1969),  Fonds du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Office du film du Québec

 

Bibliothèque nationale du Québec, par Gabor Szilasi (1969), Fonds du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Office du film du Québec

À travers le Carnet de la Bibliothèque nationale, les lecteurs pourront découvrir les grandes missions de la Bibliothèque nationale : l’acquisition, le traitement, la conservation et la diffusion des documents québécois et relatifs au Québec, ainsi que son évolution et les recherches et les travaux effectués à partir de ses collections.

Le Carnet de la Bibliothèque nationale s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au riche patrimoine documentaire québécois publié et aux activités liées à la diffusion et à la conservation de ce patrimoine, qu’ils soient amateurs, chercheurs chevronnés ou professionnels du milieu documentaire.

À l’occasion du 50e anniversaire de la Bibliothèque nationale, une série de visites-conférences intitulée Mémoire de papier est offerte, nous vous invitons à venir découvrir  chaque mois, les trésors de nos collections et  les réserves de BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie ainsi que les coups de cœur de nos bibliothécaires.  Le dernier numéro de notre revue À rayons ouverts est également consacré à cet anniversaire, bonne lecture!

 

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