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Annotations;: Livres, musique et cinéma.

David Bowie

DavidBowie

Les bibliothécaires ont préparé une sélection

 

du meilleur de David Bowie, sous toutes ses

 

formes et sous toutes ses couleurs.

 

 

 

 

 

Musique


The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972) édition 40e anniversaire, parue en 2012.

Heroes (1997)

Diamond Dogs (1974)

Station to Station (1976)

Blackstar (2016) : disponible en ligne sur Freegal Music.

 

Vous pouvez d’ailleurs écouter plusieurs albums de David Bowie en ligne avec Freegal Music et hoopla Musique, des ressources disponibles sur le portail de BAnQ.

 

Discographie


Bowie : album par album par Paolo Hewitt

 

Partitions musicales


Anthology

The Best of David Bowie – 1974/1979

The Best of David Bowie – 1969/1974

 

Films et documentaires


David Bowie: Under Review, 1976-1979 – The Berlin Trilogy. Ce reportage est disponible en ligne grâce à la ressource Access Video on Demand (AVOD). Il faut être abonné à BAnQ pour visionner la vidéo.

David Bowie’s Ziggy Stardust, un documentaire sur le concert du 3 juillet 1973 pendant lequel David Bowie abandonne le personnage de Ziggy Stardust.

Furyo (Merry Christmas M. Lawrence), un drame de guerre de Nagisa Oshima paru en 1983 mettant en vedette David Bowie, Ryuichi Sakamato et Tom Conti. MédiaFilm lui a attribué la note « remarquable ».

Labyrinth, un film sorti en 1986 mettant en vedette David Bowie et Jennifer Connelly.

 

Biographies


David Bowie : Starman de Paul Trynka : une biographie récente, qui se veut la plus détaillée à ce jour sur le musicien et son œuvre.

Any Day Now : Les années Londres : 1947-1974 : trace le parcours chronologique de Bowie de ses débuts jusqu’à l’album Diamond Dogs; comprend plusieurs photos et images.

 

       

 

 

 

 

 

Quelques suggestions de lecture


Bowie par Duffy : cinq séances photo 1972-1980

Bowiestyle : à voir pour les magnifiques photographies des costumes de Bowie

David Bowie ouvre le chien

David Bowie est le sujet, publié à l’occasion de l’exposition David Bowie is tenue au Victoria and Albert Museum de Londres en 2013. D’ailleurs, l’exposition est présentée au Groninger Museum des Pays-Bas jusqu’au 13 mars 2016.

 

Si vous cherchez des lectures pour les prochaines journées froides, vous pouvez vous laisser inspirer par la liste des 100 livres préférés de David Bowie disponible sur le site de la New York Public Library. Il avait publié cette liste sur son compte Facebook en 2013.

 

Coups de cœur des bibliothécaires


 

Christine :
Space Oddity me donne toujours des frissons et Under Pressure, interprétée par le duo Bowie-Mercury.

Maryse :
Wild is the Wind de l’album Station to Station, une ballade poignante.

Katia :
Helden, la version allemande de Heroes, ainsi que Blackstar, autant pour la chanson, sombre et émouvante, que pour le vidéoclip intégrant brillamment des éléments de danse.

Véronique :
Five Years, pour la déchirante ouverture du magnifique album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars.

My brain hurt like a warehouse
it had no room to spare
I had to cram so many things
to store everything in there

Patrick :
Let’s dance me donne toujours envie d’avoir le pied léger.

Éric :
Modern Love pour la chorégraphie touchante de Denis Lavant dans le film Mauvais sang de Leos Carax.

Marie-Line :
Life on Mars, Space Oddity et la chanson titre du dernier album, Blackstar.

Jenny :
Heroes : Peter Gabriel l’a d’ailleurs reprise sur son album Scratch My Back (2010).

Alexandre :
Quoi choisir? Life on Mars ou Ashes to Ashes ou Starman ou Sound and Vision?

Johanne :
All the Young Dudes, chanson écrite par Bowie et interprétée par Mott the Hoople, est un de ses premiers sinon le premier de ses nombreux succès.

Philippe :
Merry Christmas Mr. Lawrence, un film de Nagisa Ôshima où Bowie est remarquable dans la peau d’un prisonnier de guerre interné dans un camp japonais.

 

Et vous, quel est votre coup de cœur?

 

Improvisation mixte

Crystal_PalaceLe Néerlandais Ernst Reijseger est, à soixante ans, un violoncelliste accompli. Il compte à son actif une vingtaine d’albums en solo et une quinzaine au sein d’ensembles dont Clusone 3 et ICP orchestra. À cela, il faut ajouter de nombreuses collaborations. Il a notamment composé la trame musicale de plusieurs films. De formation classique, il emprunte au free jazz et à la musique contemporaine. Évolutive, résultat d’un travail constant, sa musique fait le bonheur de plusieurs mélomanes.

 

Crystal Palace est le fruit d’un projet original. Ami du peintre germano-américain Jerry Zeniuk, le musicien s’est inspiré de ses œuvres picturales pour créer l’album. Ce disque a été enregistré dans la galerie d’art allemande où s’est tenue l’exposition. Les 28 pièces qui le composent résultent donc d’une rencontre : le tête-à-tête de Reijseger avec les peintures de Zeniuk. L’expérience est concluante : la contemplation des tableaux engendre un recueillement favorisant l’exploration musicale. Les courtes improvisations font un bel écho aux cercles colorés illuminant les toiles exposées. Chacun des extraits s’apparente à autant de tons riches qui s’harmonisent en un tout. Un seul micro a capté les sons de cette prestation, telle une oreille attentive. Il s’en dégage une atmosphère d’intimité. Cette proximité fait en sorte qu’on apprécie d’autant plus la virtuosité et l’inventivité du soliste.  Le pincement des cordes, le souffle de l’instrumentiste nous rejoignent comme si on assistait à la performance.  En pleine possession de ses moyens, Reijseger ne déçoit pas. Les lignes mélodiques, ingénieusement modulées, se révèlent captivantes d’une pièce à l’autre. Le temps de l’écoute, on s’immisce dans l’univers invitant de ces sons-couleurs. Un doux voyage auquel on est convié. Cette musique agrémente les fins de soirée.

 

 

REIJSEGER, Ernst, Crystal Palace, München, Winter & Winter, 2014, 72 min.

 

 

Ian Kelly

Né Ian Couture le 30 mars 1979 à Montréal, Ian Kelly, est un auteur-compositeur-interprète anglophone dont j’ai fait la découverte récemment. Il a déjà quatre albums à son actif; le dernier, All these lines, lancé en 2013, a figuré parmi les dix albums les plus vendus au Canada dans iTunes à sa sortie. Sa chanson la plus connue est Take me home, sur l’album Speak your mind.

 Je qualifierais sa musique de folk-rock d’atmosphère avec des textes parfois idéalistes et empreints d’une certaine nostalgie. J’aime l’écouter en regardant dehors tout en rêvant, passagère en voiture ou à la maison. Certaines chansons comme The world stopped turning semblent faites pour rouler; il y raconte comment sa rencontre avec son amoureuse a changé sa vie.

Sa poésie est accessible. J’aime quand il parle de son fils comme d’un astronaute tellement il est spécial. Il écrit qu’il ne sait pas où il vit, mais il sait où est sa chambre! L’accompagnement de piano apporte une deuxième ligne mélodique très réussie.

Ses chansons douces sont particulièrement belles, mais les plus rock se dansent très bien comme All these lines où il évoque toutes ces phrases qui occupent son esprit, attendant d’être écrites. Le refrain donne envie de chanter haut et fort. On sent que l’artiste se défoule.

The best years, avec la participation de Coral Egan, est magnifique. Le texte est une prise de conscience du bonheur actuel et de son côté éphémère.

Breakfast for the soul est une ode au soleil qui revient. Elle se danse très bien, tout comme I just can’t dance où Ian Kelly avoue se donner une multitude d’excuses pour ne pas mettre en évidence le piètre danseur qu’il est!

 En entrevue, Ian Kelly parle de ses préoccupations sociales et environnementales peut-être davantage que dans ses textes. Lorsque je l’ai vu en spectacle, j’ai trouvé qu’il se livrait peu entre ses chansons. C’est dommage, car il a beaucoup à dire mais il semblait très nerveux. Cela ne l’a pas empêché de bien rendre ses chansons et il était entouré d’excellents musiciens. Peut-être fait-il partie de ces artistes qu’on préfère sur disque…

 
CD de musique

 

KELLY, Ian, All these lines, Montréal, Audiogram, 2013.

Saison festive

Elles ne sont pas parées de papier coloré et de rubans brillants, mais elles sont tout aussi scintillantes que des cadeaux sous le sapin. Voici nos suggestions de lecture, de films et de musique en cette saison festive. Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et vous offrons nos meilleurs vœux pour la nouvelle année!

Sylvie-Josée Breault recommande Déjà Noël de Frédérique Bertrand.

Tel un cadeau unique, ce roman graphique s’avère en tout point singulier. De par son emballage d’abord, car Frédérique Bertrand, illustratrice expérimentée, confère à l’ouvrage tout son esthétisme. La couleur, la calligraphie, d’élégants dessins réalisés à la feuille de carbone rehaussent les pages et attirent le regard. Le contenu étonne tout autant. L’auteure utilise un ton personnel et poétique où s’harmonisent parfaitement mots et images. Alors que s’amorce la course folle des fêtes (les emplettes, le déploiement de l’arbre de Noël, etc.), nous découvrons les réflexions d’un homme qui s’interroge sur la vie qu’il mène et sur sa relation de couple. Différente, stimulante, rafraîchissante, cette lecture représente un répit bienvenu en cette période des fêtes, disons-le, assez stressante.

 

Esther Laforce recommande Esprit d’hiver de Laura Kasischke.

Un matin de Noël commençant par une pensée angoissante et un retard n’annonce pas une journée de réjouissances. Ce sont les premiers éléments de tension de ce roman à l’écriture envoûtante, au cours duquel une mère est confrontée à sa fille adolescente. La journée avance au rythme des souvenirs qui lui reviennent de l’inquiétant orphelinat de Sibérie où elle a adopté sa fille, quelques années plus tôt. Les invités se décommandant les uns après les autres pour le souper de Noël, empêchés par un blizzard de plus en plus intense, c’est à un huis clos étouffant que le lecteur est convié, un de ceux capables de prolonger jusqu’au milieu de la nuit une ou deux soirées du temps des Fêtes.

 

Gisèle Tremblay recommande Des histoires de lutins de Jean-Claude Dupont.

Je le confesse, avant de lire Des histoires de lutins, de Jean-Claude Dupont, j’étais peu sensible à l’existence des lutins québécois. Comme tout un chacun, certes, j’avais entendu parler de la traverse de lutins de Saint-Élie-de-Caxton. Que Fred Pellerin me pardonne cependant, avec tout Saint-Élie : je n’y croyais pas, pantoute! Et pourtant… Dans une langue savoureuse, Jean-Claude Dupont narre vingt courtes histoires de lutins, plus convaincantes les unes que les autres, joyeusement illustrées de ses propres tableaux. De Gaspésie, de l’Île-aux-Grues et d’ailleurs au Québec, les témoignages affluent à propos des tours et facéties de ces petits êtres malicieux et chapardeurs. J’ai appris que les lutins québécois adorent les chevaux, qu’ils sont maniaques d’ordre et s’adonnent volontiers aux tâches domestiques. Saviez-vous que les lutins beaucerons, notamment, excellent à préparer le sucre à la crème?

Écoutez aussi cet extrait d’entrevue accordée à Marie-France Bazzo par l’auteur afin de savoir ce que l’on offrait en cadeau au Québec au siècle dernier.

 

Jean-François Barbe recommande Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers.

L’auteur de cet ouvrage en quatre volumes nous plonge avec un talent extraordinaire dans la vie tourmentée de la Nouvelle-France, de ses origines à la Grande Paix de Montréal de 1701. Il nous montre que pendant presque toute cette période, la survie de la colonie découlera des relations entretenues avec les peuples iroquois, peu à peu réunis dans un cadre confédératif.

Ces peuples, Desrosiers les présente comme vivant dans des démocraties, avec des majorités et des minorités, et avec lesquels il est toujours possible de nouer des alliances en fonction des intérêts des uns et des autres. Car les intérêts des Iroquois ne concordent pas toujours avec ceux des Anglo-Américains (et avant eux, à ceux des Hollandais) qui veulent la disparition de la Nouvelle Carthage qu’est, à leurs yeux, la Nouvelle-France. Parfois, certains gouverneurs au talent et au tempérament de chefs d’État, comme Frontenac, agissent avec habileté afin de détacher les Iroquois de la grandissante emprise anglo-américaine. La Nouvelle-France respire alors… jusqu’à la prochaine crise. Parfois, des gouverneurs sans vision jettent l’Iroquoisie dans les bras de New York et de ses chefs. Et la Nouvelle-France retient alors son souffle… dans l’attente de la prochaine bataille.

Desrosiers a écrit son grand livre dans les années quarante et cinquante, alors qu’il était conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal. Et heureusement pour les lecteurs d’aujourd’hui, « la plupart des interprétations de Desrosiers ont généralement bien vieilli », signale l’historien Alain Beaulieu en introduction. En raison d’une force d’écriture peu commune, qui était celle d’un écrivain convaincu et convaincant, le lecteur sera tenu en haleine tout au long des 1400 pages du récit. En préface, l’historien et éditeur Denis Vaugeois promet que « dès les premières pages », le lecteur sera « en état de choc ». Il a raison : … je l’ai été et le suis toujours.

 

Marie-Eve Roch recommande Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore.

Brendan et le secret de KellsAu Moyen Âge, Brendan, un orphelin, vit sous la protection de son oncle, qui dirige d’une main de fer une abbaye en Irlande. Afin de terminer un précieux livre d’enluminures, il doit braver les dangers hors de l’abbaye, aidé par Aisling, une fée de la forêt. Ce film, une véritable splendeur visuelle, a remporté le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2009. Son graphisme rappelle par moments, mais de façon très moderne, l’enluminure médiévale, mêlant verts tendres, rouges sombres et ocres lumineux, sur une musique envoûtante de Bruno Coulais et du groupe irlandais Kila. L’intrigue pleine de rebondissements captivera les enfants, qui s’attacheront aux personnages de Brendan et d’Aisling. Les plus petits éprouveront peut-être quelques frissons lors de certains passages mettant en scène des loups, des Vikings ou le Grand-Sombre. Pour d’autres idées de films d’animation à visionner durant les Fêtes, consultez cette bibliographie sur le site de l’Espace Jeunes.

 

Catherine Lévesque recommande Des pas dans la neige de Maryse Letarte.

Maryse_Letarte_Des_pas_dans_la_neigeChaque année, j’ai beaucoup de plaisir à retrouver ce disque de Noël dont les textes sont amusants et touchants. L’album Des pas dans la neige est magnifique! Maryse Letarte y propose des chansons originales sur le thème de Noël et sur cette période de fin d’année. Cela nous change des classiques de Noël même si on les aime beaucoup.

Dans Ô traîneau dans le ciel, elle demande : qu’est-ce que Noël a fait de nous? – et offre une réflexion sur notre façon de célébrer. Entre Noël et le jour de l’an nous raconte la douceur d’être en pyjama à la maison avec celui qu’on aime durant les vacances du temps des fêtes. L’année qui s’achève nous fait planer et nous invite à dresser un bilan de l’année qui se termine.

J’espère que cet album traversera le temps et deviendra, à sa façon, un classique de Noël pour bien des gens!

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BERTRAND, Frédérique, Déjà Noël, Noville-sur-Mehaigne, Esperluète, 2010.

DESROSIERS, Léo-Paul, Iroquoisie, Sillery, Septentrion, 1999.

DUPONT, Jean-Claude, Des histoires de lutins, Québec, Les éditions GID, 2014, 51 p.

DUPONT, Jean-Claude, Indicatif présent. Jean-Claude Dupont, Montréal, CBC/Radio-Canada, coll. « Ils ont dit… Moments choisis des archives de Radio-Canada : 235-1 », 1999.

KASISCHKE, Laura, Esprit d’hiver, Paris, Christian Bourgois, 2013, 275 p.

Aussi disponible en format numérique.

LETARTE, Maryse, Des pas dans la neige, Mont-Saint-Hilaire, Disques Artic, 2008.

MOORE, Tomm et Nora TWOMEY, Brendan et le secret de Kells (The Secret of Kells), France / Irlande / Belgique, Mongrel Media, 2008, DVD, 75 min.

Plaisirs retrouvés

Mes enfants chérissent des livres ou des films qu’ils aiment relire et revoir régulièrement. Pour l’une, c’est Le magicien d’Oz; pour l’autre, la série Harry Potter. Nous aussi, les adultes, affectionnons des œuvres qui nous ont touchés et que nous redécouvrons année après année parce qu’elles nous enchantent chaque fois. Nous vous invitons aujourd’hui à partager nos plaisirs retrouvés.

Catherine Lévesque recommande Ne le dis à personne.

Ne le dis à personneRéalisé par Guillaume Canet et adapté d’un roman à succès d’Harlan Coben, Ne le dis à personne met en scène un couple amoureux, incarné par François Cluzet et Marie-Josée Croze, dont le destin bascule lorsque celle-ci se fait assassiner. Le film raconte surtout la suite de leur histoire, huit ans plus tard, lorsque le mari revoit sa femme dans une vidéo jointe à un courriel qu’il a reçu! Est-elle encore vivante? Tous les espoirs sont permis. On entre alors dans un thriller puissant aux nombreux rebondissements…

 

 

Marie-Ève Roch recommande Nouvelles de Mars de Robinson.

Nouvelles de mars_RobinsonVéritable troubadour pour les petits, Robinson m’a charmée en un instant avec sa voix douce et ses textes d’une grande finesse. Tantôt pleines de poésie, tantôt teintées d’un brin de folie ou d’exotisme, ses chansons toujours délicates nous parlent d’anges, de voyage sur la Lune, d’une dent qui tombe ou de vieux trésors cachés au fond d’un grenier. Robinson est entouré d’une solide équipe de musiciens et de choristes, et tout l’album a fait l’objet d’arrangements soignés. Ne vous laissez surtout pas rebuter par le côté maison de la pochette : voilà un fin travail d’artisan à redécouvrir, et pour lequel je craque complètement.

 

Esther Laforce recommande Sissi, l’impératrice anarchiste de Catherine Clément.

Sissi l'impératrice anarchisteCeux et celles qui auront été charmés par la vie de Sissi grâce à la trilogie des films réalisés dans les années 50 et mettant en vedette la plus que magnifique Romy Schneider, liront ou feuilletteront avec passion, comme je l’ai fait adolescente, le livre de Catherine Clément, Sissi, l’impératrice anarchiste. Publié en 1992 dans la collection Découvertes de Gallimard, ce livre abondamment illustré présente de façon plus réaliste la vie de cette impératrice solitaire et malheureuse dont les poèmes révèlent la révolte qui l’habitait contre les obligations impériales et la monarchie. Marquée par l’anorexie et la mort de deux de ses quatre enfants, elle mourut en 1898, assassinée par un anarchiste. Une vie mouvementée et tragique, bien éloignée de l’univers romantique des contes de princesses…

 

 

Sylvie-Josée Breault recommande La vie devant soi de Romain Gary.

La vie devant soiLe centième anniversaire de la naissance de Romain Gary a été souligné cette année, notamment par la parution d’un texte inédit de 1937 : Le vin des morts. Le détenteur du manuscrit, Philippe Brenot, est l’instigateur de ce projet d’édition et il en signe la préface. Il présente ce roman comme précurseur des ouvrages publiés successivement de 1974 à 1976, sous le pseudonyme d’Émile Ajar : Gros-Câlin, La vie devant soi et Pseudo. Effectivement, on y retrouve des thématiques et un ton similaires : travers humains, problématiques sociales, exposés de façon sarcastique. Et c’est l’intérêt de ce livre, nous rappeler ces titres lus et relus qui ont marqué l’imagination des lecteurs et touché leur sensibilité. Je retiens le prix Goncourt de 1975, La vie devant soi, pour sa tendresse, son humour, malgré le caractère sombre des faits rapportés : traumatismes d’Auschwitz, prostitution, racisme. On se souviendra du langage coloré du jeune Momo et de l’attachante madame Rosa que Simone Signoret avait si bien incarnée dans l’adaptation cinématographique de Moshé Mizhari.

 

Marie-Line Champoux-Lemay recommande Ghost in the shell de Mamoru Oshii

Ghost in the shellParu en 1995, ce film du réalisateur japonais Mamoru Oshii (à ne surtout pas confondre avec la série télévisée du même titre) a fait date. Son lancement à l’international a marqué l’évolution du cinéma d’animation et, plus largement, de la science-fiction. Presque vingt ans plus tard, cette adaptation libre du manga éponyme de Masamune Shirow tient toujours la route, visuellement comme narrativement, et revêt même des allures prémonitoires. L’action se déroule en 2029, dans un contexte où la technologie a déjà investi la biologie humaine pour créer les cyborgs. Les thèmes du cyberterrorisme et de l’intelligence artificielle, la haute technologie et tous les questionnements éthiques que peuvent poser ses applications sont plutôt d’actualité. Il est donc doublement intéressant de (re)découvrir Ghost in the shell en gardant en tête qu’en 1995, le Web n’était encore qu’à ses balbutiements et que les films phares de la SF populaire des années à venir (La Matrice, notamment) ne faisaient pas encore partie du paysage cinématographique. Avis aux intéressés : la suite de ce film, Innocence (2004), est à mon humble avis encore meilleure.

 

Jean-François Barbe recommande Glengarry Glen Ross.

Wall Street ne se laisse pas croquer facilement par les cinéastes, même par des talents aussi confirmés que celui de Martin Scorsese. Son dernier film, Le loup de Wall Street, n’a rien à voir avec une plongée révélatrice dans l’univers de la haute finance. L’action se situe dans un milieu beaucoup plus prosaïque, celui des locaux de vente sous pression (boiler rooms), là où des fraudeurs appâtent des naïfs relativement fortunés au téléphone, avec des promesses de rendements mirobolants basées sur de soi-disant informations privilégiées. Mettant en vedette l’excellent Richard Gere dans la peau d’un gestionnaire de fonds de couverture (hedge fund), le film Arbitrage est une étude de caractère et de milieu social, et non pas l’exploration d’un système devenu instable par l’action de ces oligarques américains, pour reprendre les mots de l’économiste Paul Krugman.

Cela dit, s’il y avait un film à redécouvrir pour ce qu’il nous dit avec un talent incomparable sur une économie livrée à la loi du plus fort, sans foi ni loi, ce serait sans conteste Glengarry Glen Ross. Sorti en 1992, il s’agit d’un incontournable sur la représentation d’un capitalisme coupe-gorge, issu des ruines d’une industrie manufacturière délocalisée aux quatre vents. Les acteurs sont renversants – Alec Baldwin y joue le rôle de sa vie – et les dialogues, d’une vérité accablante. Je le visionne régulièrement et à chaque fois, je remercie le ciel de ne pas vivre aux États-Unis.

 

Gisèle Tremblay recommande 84, Charing Cross Road d’Helene Hanff.

De temps à autre, je m’offre le plaisir de relire ce charmant petit bouquin d’Helene Hanff (1916-1997), 84, Charing Cross Road, paru en 1971. Il s’agit d’un recueil de lettres échangées entre Helene, New-Yorkaise à l’humour décapant, écrivaine fauchée et fan finie de littérature anglaise, et Frank Doel, son libraire londonien, un adorable pince-sans-rire dont l’érudition n’est jamais prise en défaut. Helene – qui a des goûts bien à elle – commente abondamment les auteurs qui font ses délices et s’en prend aussi à ceux qui n’ont pas l’heur de lui plaire. En cela, elle est d’une drôlerie irrésistible! À la suite du succès du livre des deux côtés de l’Atlantique et après la mort de Frank, la nouvelle star littéraire visitera enfin Londres… Invitée par son éditeur pour une tournée de promotion, elle a fait le récit de ce voyage tant espéré dans La duchesse de Bloomsbury Street (1973). Au fil de ses découvertes et de ses rencontres londoniennes, on jubile avec elle, tant son exubérance est palpable.

 

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CANET, Guillaume, Ne le dis à personne, Montréal, Film Séville, 2007, 125 min.

COBEN, Harlan, Ne le dis à personne, Paris, Belfond, 2006, 353 p.

CLÉMENT, Catherine, Sissi, l’impératrice anarchiste, Paris, Gallimard, coll. Découvertes, 1992, 176 p.

FOLEY, Foley. Glengarry Glen Ross, Montréal, Alliance Atlantis Vivafilm, 2002, DVD, 160 min, avec Alan Arkin, Alec Baldwin, Ed Harris, Jack Lemmon et Al Pacino.

GARY, Romain, Le vin des morts, Paris, Gallimard, 2014, 237 p.

GARY, Romain (Émile Ajar), La vie devant soi, Paris, Gallimard, 2005, c1975, 273 p.

HANFF, Helene, 84, Charing Cross Road, Paris, Le Livre de pohe, 2003, c2001, 156 p.

HANFF, Helene, La duchesse de Bloomsbury Street, Paris, Payot, 2002, 189 p.

OSHII, Mamoru, Ghost in the shell, versions anglaise et japonaise, sous-titres en anglais, États-Unis, Manga Entertainment, 1996, c1995, DVD, 82 min.

OSHII, Mamoru, Ghost in the shell, versions anglaise et japonaise, sous-titres en anglais, États-Unis, Anchor Bay, 2014, Blu-ray, 83 min.

ROBINSON, Nouvelles de mars, France, Association Recre Actions, 2005.

Sable brûlant

Où vos vacances vous mèneront-elles cet été? Vers des plages au sable brûlant balayées par un vent chaud, au cœur de montagnes verdoyantes parsemées de beaux lacs bleus ou profiterez-vous plutôt de la ville, de ses rythmes et des parfums des fêtes de quartier? Quelle que soit votre destination, les suggestions de nos blogueurs sauront agrémenter vos vacances.

Marie-Ève Roch recommande D’une île à l’autre : chants et berceuses de Serena Fisseau

Image de Marie-EveQue vous ayez un enfant à endormir sous le parasol ou que vous cherchiez seulement un peu de dépaysement, je vous invite à paresser pieds nus au son des berceuses que nous offre, sobrement, la chanteuse française d’origine indonésienne Serena Fisseau. La voix chantée (ici grave et chaleureuse) dans tout ce qu’elle a d’universel, au seul rythme des percussions.

Coup de cœur 2010 de l’Académie Charles-Cros

 

 

Jean-François Barbe Les ghettos du Gotha et Promenades à Paris de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Dans certains quartiers de Paris, comme le XVIe arrondissement, habite une grande bourgeoisie extrêmement fortunée et hyper consciente de ses intérêts. S’inspirant des travaux sur la reproduction sociale de Pierre Bourdieu, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot examinent de près, dans Les ghettos du gotha, comment cette classe sociale préserve son entre-soi par le contrôle de l’espace. Dans un autre ouvrage, les deux auteurs commentent le Paris d’aujourd’hui à travers quinze promenades sociologiques. Accompagnées de photos et de petites cartes, elles nous font découvrir d’autres angles de la Ville Lumière, comme la rue Oberkampf présentée comme le fief de la « bourgeoisie bohème » ou la Goutte-d’Or, comme « lieu de brassage culturel ». Deux livres pour un regard différent sur l’une des plus belles villes de la planète.

 

Sylvie-Josée Breault recommande Le bestiaire des fruits de Zviane

Le soleil traverse les cases de cette bande dessinée et les fruits exotiques y abondent. L’auteure les examine, les déguste puis, suivant une grille d’évaluation loufoque, rend son appréciation. Ce faisant, elle révèle leurs étonnants attributs par le biais d’anecdotes truculentes. En découle un concours que chacune des créatures fruitées espère remporter. Le ton léger et fantaisiste de l’album est rafraîchissant. Les croquis vifs et expressifs pimentent le tout.

 

 

Aurore Deterre recommande Bonjour tristesse de Françoise Sagan

L’été de ses dix-sept ans, Cécile, son père Raymond et sa jeune maîtresse partent en vacances sur la Côte d’Azur. La chaleur de l’été est écrasante, heureusement la Méditerranée n’est qu’à deux pas. Cécile y découvre la brûlure du sable sur sa peau, les premiers vertiges de la passion. Mais l’arrivée d’Anne, une femme séduisante et brillante dont Raymond s’éprend, va remettre en question leur vie légère et insouciante. Craignant de perdre sa liberté, Cécile va élaborer un jeu cruel. Publié en 1954, ce roman n’a pas pris une ride. Sa simplicité et la justesse des sentiments qui y sont dépeints sauront charmer chacun.

 

 

Esther Laforce recommande Cet été-là de Véronique Olmi

Un roman pour accompagner des vacances à la mer et qui nous tient en haleine avec le rythme lent d’un drame psychologique bien mené et écrit avec finesse. Trois couples, trois adolescents et deux enfants, réunis le temps de la fin de semaine du 14 juillet dans une grande maison située sur une plage de Normandie. On plonge dans les questionnements, les espoirs, les culpabilités et les dépits de ces personnages dont la vie, au sortir de leur séjour, sera transformée. Secrets enfouis, ruptures annoncées, amours déçus et amitiés indéfectibles sont au programme de Cet été-là.

 

 

 

Gisèle Tremblay recommande Le charme des après-midi sans fin de Dany Laferrière

Rythmé, plein de saveurs et de couleurs, ce petit bouquin se présente comme un saucisson découpé en rondelles, avec ses courts récits formant un tout bien ficelé. Le héros, c’est Vieux Os, alter ego de l’auteur, un adolescent tendre et drôle, encore à moitié pendu aux jupes de Da, sa grand-mère adorée. L’odeur du café – Da en boit sans interruption!  – se mélange au parfum enchanté des après-midi parfaits de l’enfance presque en allée. Au fil d’expériences inusitées, le garçon au drôle de nom va son chemin, entouré d’une foule de personnages bigarrés. Sous le soleil d’Haïti révélant mille détails de la vie quotidienne, la joie de vivre éclate et rayonne dans le Petit-Goâve de Dany Laferrière. Un très beau livre, aussi beau que son titre…

 

Christine Durant recommande Adios Hemingway de Leonardo Padura.

Quoi de mieux que de lire un petit roman policier en se prélassant au soleil? Que diriez-vous, alors, d’un roman policier relax dont l’action se déroule à Cuba? Dans Adios Hemingway, le célèbre détective Mario Conde, personnage d’une série de quatre autres romans policiers de Leonardo Padura, doit résoudre une énigme entourant le légendaire Ernest Hemingway, auteur américain qui a séjourné à Cuba entre les années 30 et 50. La lecture de ce roman est d’autant plus intéressante que l’auteur, avec son style, arrive de façon très habile à insérer des faits réels de la vie d’Hemingway dans une histoire de meurtre tout à fait fictive.

 

 

Marie-Line Champoux-Lemay recommande The great artistry of Django Reinhardt de Django Reinhardt

image de marie-lineDjango Reinhardt est l’un des guitaristes de jazz les mieux connus et les plus respectés, lui qui a littéralement introduit la guitare dans ce genre musical. Inventeur du jazz manouche et soliste virtuose (malgré un accident qui lui a fait perdre l’usage de deux doigts à 18 ans), il n’a jamais cessé de travailler son style. Ce disque à la couverture orange distinctive est son tout dernier enregistrement. C’est aussi un des quelques albums où il joue d’une guitare électrique, ce qui lui donne un son bien particulier. Les rythmes bondissants et les mélodies nostalgiques des huit pièces qu’il contient, dont Nuages, sa composition la plus célèbre, sont tout indiqués pour accompagner les belles soirées d’été.

 

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FISSEAU, Serena, D’une île à l’autre : chants et berceuses, Paris, Naïve, 2010.

LAFERRIÈRE, Dany, Le charme des après-midi sans fin, Montréal, Boréal, 2010, 241 p.

OLMI, Véronique, Cet été-là, Paris, Grasset, 2010, 281 p.

PADURA, Leonardo, Adios Hemingway, Métailié, 2012, 150 p. (Aussi disponible en version numérique sur PRETNUMERIQUE.CA)

PINÇON, Michel et Monique PINÇON–CHARLOT, Les ghettos du gotha : comment la bourgeoisie défend ses espaces, Paris, Éditions du Seuil, 2007, 294 p.

PINÇON, Michel, et Monique PINÇON–CHARLOT, Paris : quinze promenades sociologiques, Paris, Payot, 2009, 260 p.

REINHARDT, Django, The great artistry of Django Reinhardt, France, Universal Music France, 2010, ©1953.

SAGAN, Françoise Bonjour tristesse, Paris, Julliard, 2008, 155 p.

ZVIANE, Le bestiaire des fruits, Montréal, La Pastèque, 2014, 118 p.

Bien plus savoureux que du Pablum

La musique pour enfants a parfois bien mauvaise presse. Je me souviens d’un dossier sur le sujet, paru il y a quelques années dans La Presse (Musique pour enfants – Fini le Pablum musical!), qui à l’époque m’avait laissé une drôle d’impression. Non que j’apprécie particulièrement le Pablum, mais j’avais été surprise (et triste) de constater que l’alternative audit Pablum qu’on y proposait se limitait à faire écouter aux enfants de la musique pour adultes, triée sur le volet, ou son adaptation pour clochettes synthétiques, à la Rockabye Baby (Black Sabbath en version édulcorée, fallait y penser), ou encore l’interprétation de chansons pour enfants par des chanteurs… pour adultes. À la décharge des auteurs, on a pris la peine de souligner ici l’excellent travail accompli par La Montagne secrète, où les Ariane Moffatt et compagnie réinterprètent avec bonheur nos classiques pour le jeune public.

Vous comprendrez que je n’ai rien contre l’exploration par les plus jeunes de musiques qui ne leur sont pas destinées; que l’on veuille faire découvrir aux enfants ce qui nous allume, nous, les grands, voilà qui est tout à fait naturel. Mais qu’en est-il des créations pour les enfants? Les artistes qui osent les cibler méritent-ils tous l’étiquette « Pablum musical »?

Mon (beau!) défi, dans ce blogue, sera de vous faire découvrir à quel point les univers sonores et poétiques destinés aux plus jeunes peuvent parfois être riches, surprenants, rigolos et émouvants. Certains auteurs-compositeurs-interprètes pour enfants font preuve d’autant (et parfois plus) d’inventivité que bien des créateurs pour le « grand » public. Je souhaite porter à votre attention ce concentré de bonheur pour les oreilles, souvent méconnu faute d’une distribution à grande échelle. Et, question de marquer les esprits, je commence avec un poids lourd dont je risque de vous reparler, juste pour me faire plaisir.

À tous, petits et grands, bonne écoute!

 

Hervé Suhubiette

Tremblements de tête, Hervé Suhubiette, Paris, Didier Jeunesse, 2010. J’ai eu un immense coup de foudre lorsque j’ai découvert cet artiste il y a quelques années. Musicien et chanteur habile et éclectique, il concocte pour la jeunesse des univers foisonnants portés par des chansons vastes, bouleversantes, d’une très grande finesse. En 2010, il a remporté le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros pour son album Tremblements de tête (écouter un extrait). Un piano, un accordéon, un trombone, une voix, deux ou trois rythmes syncopés… et nous voilà partis.

« Ma grand-mère est au ciel

Est-ce qu’elle joue à la marelle

Au milieu des nuages?

Ma grand-mère est au ciel

Est-ce qu’elle peint des aquarelles

Et des paysages? »

(« Ma grand-mère est au ciel », tirée de : Tremblements de tête,

Hervé Suhubiette, Paris, Didier Jeunesse, 2010.)

 

À découvrir :

Tremblements de tête

Hervé Suhubiette, Paris, Didier Jeunesse, 2010.

La grande évasion

Hervé Suhubiette, Paris, Adami, 2004.

Quartier libre

Hervé Suhubiette, France, Adami, 2000.

La java des couleurs

Hervé Suhubiette, Paris, Naïve, 1996. 




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