Portail BAnQ Nétiquette
Annotations;: Livres, musique et cinéma.

Un petit saut à Reykjavik avec Erlandur Sveinsson

Lors des dernières vacances estivales, j’ai profité des belles journées à la plage pour lire La cité des jarres et La femme en vert, deux romans policiers de l’auteur islandais Arnaldur Indridason. Il s’agit des deux premiers romans de la série disponible en français et qui met en vedette le commissaire de police Erlandur Sveinsson et son équipe.

 

commissaire Erlandur Sveinsson

Dans La cité des jarres, Erlendur, avec ses méthodes d’enquête particulières, tente de comprendre les liens entre un viol commis 40 ans plus tôt, la mort de l’enfant né de cet événement et le meurtre du violeur. Ce sont ces liens, une fois découverts, qui permettront, selon Erlendur, de trouver le coupable et d’apprendre le mobile du crime.Commissaire Erlandur Sveinsson

Dans La femme en vert, Erlendur remonte le temps afin d’identifier un squelette qui aurait été enterré il y a plus de 60 ans sous une maison maintenant disparue. À travers l’histoire du propriétaire de la maison et de ses locataires subséquents, on découvre l’horreur.

Au fil des enquêtes, l’auteur nous dévoile les tourments personnels d’Erlendur, l’échec de son mariage et les problèmes de ses enfants. Les sujets abordés dans ces deux romans sont durs : viol, drogue, prostitution, violences conjugales…  Le temps qui passe, qui détruit ou qui guérit les choses est omniprésent : il permet d’amener des éléments de réflexion de l’enquêteur et adoucit un peu le récit.

 

 

 

 

On compte à ce jour 12 romans traduits en français mettant en vedette le commissaire Erlendur. Le dernier, Le lagon noir a été publié cette année. Tous les titres sont également disponibles en version numérique sur prêtnumérique.ca.

 


Bibliographie

INDRIDASON, Arnaldur, La femme en vert, Paris, Points, 2007, 346 p.
Aussi disponible en format ePub

INDRIDASON, Arnaldur, La cité des jarres, Paris, Points, 2006, 327 p.
Aussi disponible en format ePub

Je lance un défi de lecture – 3 – À la recherche de New Babylon

 

Dans mon dernier billet, je vous mentionnais que Nord Alice de Marc Séguin serait la prochaine étape de mon défi de lecture. Surprise! C’est plutôt le premier roman de Dominique Scali, À la recherche de New Babylon que j’ai lu, en 12 jours. Je constate d’ailleurs que mon objectif de lire au moins 20 pages par jour est la plupart du temps largement dépassé! J’ai même le temps de prendre des pauses!défi de lecture - À la recherche de New Babylon

 

Dominique Scali nous transporte au Far West dans un monde violent où la plupart des personnages sont désillusionnés. Un monde où les confits se règlent en duel, où les coupables sont pendus devant public et où les femmes travaillent trop souvent dans des bordels!

Ce récit du Far West est construit autour des carnets de notes du narrateur. C’est à travers eux qu’on découvre les personnages et leur quête personnelle : un faux prédicateur qui préfère le silence aux sermons révoltés; un boxeur pyromane qui échappe à plusieurs pendaisons; une jeune femme qui cherche le mari parfait; un présumé exilé russe qui tente de bâtir la ville la plus dangereuse du Far West et qui défie ses adversaires aux échecs, et puis un célèbre matador mexicain devenu chasseur de primes.

Malgré un début plus difficile, j’ai graduellement compris les liens entre les personnages. Il n’y a pas d’ordre chronologique entre les textes des carnets de notes : on saute d’une année à l’autre dans un désordre intentionnel, le désordre du Far West?

Personnellement, j’ai eu du mal, surtout dans les deux premiers carnets, à m’attacher aux personnages et à comprendre qui ils étaient. J’ai également trouvé dommage de me rendre compte presque à la moitié du récit que les petites pensées dont il est parsemé étaient les dernières paroles que Charles Teasdale, le boxeur pyromane, aurait pu prononcer avant d’être pendu! Il me faudra une deuxième lecture pour apprécier toutes les subtilités du roman. Probablement après le défi de lecture …

photo défi_1622

 

Il me reste donc deux étapes pour compléter mon défi de lecture avant le 9 mai prochain.

 

Je lance un défi de lecture – 2 – Blanc dehors

 

Le 19 février dernier, j’ai amorcé mon défi de lecture qui consiste à lire les cinq romans québécois finalistes du Prix des libraires du Québec avant le dévoilement du gagnant le 9 mai prochain.

 

défi Blanc dehors

Blanc dehors de Martine Delvaux

Dès que j’ai eu l’idée de ce défi personnel, j’ai immédiatement emprunté Blanc dehors de Martine Delvaux sur PRETNUMERIQUE.CA.

J’avais pour objectif de lire au moins 20 pages par jour et ainsi terminer la lecture en 9 jours. Je dois avouer que j’ai plutôt dévoré le récit autobiographique de l’auteure en trois jours!

 

Martine Delvaux nous plonge au début de sa vie et nous livre un témoignage sincère et sans fioritures qui gravite autour de l’inexistence d’un père. Elle raconte son histoire qu’elle qualifie de récit rempli de trous blancs, car à l’époque, en 1968, naître hors mariage était un sujet tabou.

 

« Ce n’est pas un récit sur ma mère. Ce n’est pas non plus un récit sur mon père. C’est un récit qui parle de l’absence de récit. »

 


 

La prochaine étape de mon défi : lire Nord Alice de Marc Séguin.

 

Et vous, vous êtes-vous lancé un défi de lecture? Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager vos lectures et votre expérience sur le blogue Annotations.

Je lance un défi de lecture – 1

 

C’est parti! Le 19 février dernier, je me suis lancé le défi de lecture personnel suivant : lire les cinq romans québécois finalistes du Prix des libraires du Québec 2016 avant le dévoilement du gagnant le 9 mai prochain. C’est un défi de taille, mais qui devrait s’avérer amusant. Que diriez-vous d’embarquer dans l’aventure et de vous lancer un défi similaire?

 

Les cinq romans finalistes québécois sont :

défi_blanc dehors

Blanc dehors Martine Delvaux

L'année la plus longue

L’année la plus longue
Daniel Grenier

défi_la femme qui fuit

La femme qui fuit Anaïs Barbeau-Lavalette

défi_New Babylon

À la recherche de New Babylon Dominique Scali

défi_nord alice

Nord Alice Marc Séguin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme j’ai déjà lu L’année la plus longue de Daniel Grenier (voir mon billet sur Annotations), il me reste donc quatre romans à lire en onze semaines.

 

Voici mon défi et ma stratégie

 

Pour réussir mon défi, je me fixe l’objectif de lire au moins 20 pages par jour. Ça devrait être réaliste. Au fil de l’expérience, je publierai de courts billets pour vous faire part de ma progression et de mon appréciation des romans que j’aurai lus.

 

J’ai établi l’ordre de lecture suivant :

 

Lecture no 1 : Blanc dehors de Martine Delvaux
Objectif : Terminer la lecture en 9 jours – 27 février 2016

Lecture no 2 : Nord Alice de Marc Séguin
Objectif : Terminer la lecture en 12 jours – 10 mars 2016

Lecture no 3 : À la recherche de New Babylon de Dominique Scali
Objectif : Terminer la lecture en 21 jours – 4 avril 2016

Lecture no 4 : La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Objectif : Terminer la lecture en 19 jours – 5 mai 2016

 

Quelques trucs pour réussir

 

Voici quelques trucs que j’utiliserai et qui pourraient aussi vous aider si vous embarquez dans l’aventure :

 

1- Trouver et emprunter un livre imprimé ou numérique disponible immédiatement.

2- Réserver dès maintenant les prochaines lectures.

3- Se fixer un objectif de lecture quotidien réaliste.

4- Recruter des amis pour relever le défi avec vous.

5- Organiser un dimanche après-midi de lecture : vous pourrez ainsi mettre les enfants à contribution en leur donnant un petit défi de lecture personnel.

6- Utiliser une application mobile ou un site Web pour enregistrer vos progrès (par exemple Goodreads ou Babelio).

7- Rédiger ou filmer une courte critique que vous pourrez partager sur les réseaux sociaux ou sur le blogue Annotations.

 

Alors, êtes-vous prêts à relever le défi?

 

Partagez votre défi de lecture personnel sur le blogue Annotations et, surtout, bonne lecture!

Soumission, deux fois plutôt qu’une

« Relire un livre qu’on a déjà lu, est-ce un luxe ou une nécessité? C’est en tout cas une forme de résistance qui s’oppose à la frénésie de la nouveauté et au rouleau compresseur de l’actualité[i]»

 

SoumissionRelectures

Avant que ne surviennent les attentats du 13 novembre, j’avais relu Soumission, de Michel Houellebecq. La coïncidence avec le rouleau compresseur de l’actualité est due au hasard, dont on dit qu’il n’existe pas. Je voulais aussi relire Charlotte, de David Foenkinos, pour mon club de lecture, mais je ne l’ai pas fait. À vrai dire, j’aurais préféré relire La carte et le territoire, encore de Houellebecq (je ne l’ai pas fait non plus). De toute façon, je ne pouvais pas interrompre la lecture de Mes déserts : un voyage au Rajasthan, de Robyn Davidson,  parce qu’il fallait que je sache comment tournerait son abracadabrant voyage avec ses deux chameaux et des nomades de la tribu Rabari, en Inde. Quant à la bande dessinée de Tonino Benacquista, Dieu n’a pas réponse à tout (mais Il est bien entouré), et la suite, Dieu n’a pas réponse à tout (mais Il sait à qui s’adresser), je ne les compte pas : les bédés se lisent et se relisent si vite, surtout les excellentes, comme celles-ci. Si ce n’était pas exagéré, je relirais probablement aussi Mon tour du Monde, d’Éric Fottorino qui, avant de prendre la direction du mythique quotidien Le Monde, avait renouvelé la couverture journalistique de l’économie avec d’étonnantes chroniques sur les matières premières.

Un palpitant récit de politique-fiction

J’ai lu Soumission une première fois l’été dernier, d’un seul trait, avec une sorte de gourmandise. Ce livre surprenant m’a procuré un grand plaisir de lecture. D’emblée, j’ai été happée par le fil de ce récit de politique-fiction et par la succession d’événements dans la vie de François, un personnage principal qu’on n’ose pas appeler héros.

Ce professeur d’université est le témoin de la transition vers un nouvel ordre social. On est en 2022 et la France se transforme à la suite de l’élection du Parti de la fraternité musulmane. Après une période de perturbations et des violences occultées par les autorités, pratiquement passée sous silence par les journalistes, commence une nouvelle ère. C’est donc avec une apparente fluidité que l’échiquier politique et social se réorganise, sous la gouverne éclairée d’un musulman modéré, le président Ben Abbes, présenté comme un remarquable homme d’État, de la stature d’un Napoléon. Ce grand stratège aspire à devenir le premier président élu de l’Europe, une Europe élargie incluant les pays du contour méditerranéen : Turquie, Maroc, Tunisie, Algérie et Égypte.

Aux antipodes de tout fondamentalisme, le nouvel ordre repose sur la cohabitation et le dédoublement des structures sociales, laïques et religieuses. On retrouve donc côte à côte les écoles laïques et celles de différentes confessions. Le mariage musulman et la polygamie sont admis, tout comme le mariage républicain entre deux personnes, de n’importe quel sexe.

Fermée temporairement pendant les troubles, la Sorbonne, où François a enseigné la littérature, relève désormais du secteur privé et devient musulmane. De richissimes fondations saoudiennes y déversent des quantités folles de pétrodollars, obnubilées par le prestige d’une institution « qui les fait fantasmer » (p. 84). Les non-musulmans y sont privés du droit d’enseignement – les conversions sont nombreuses! – de même que les femmes, et les étudiantes sont voilées. Très persuasif, le président de l’université, lui-même un converti, s’évertue à ramener François dans le giron institutionnel.

Provocateur, typiquement Houellebecq

François est un personnage typiquement houellebecquien, une espèce de double de l’auteur. Un intellectuel érudit, brillant, mais glauque, désabusé et revenu de tout, dont le rapport particulier aux femmes retient l’attention. Fidèle à son habitude en matière de sexualité et de relations hommes-femmes, Houellebecq se fait provocateur, avec ses descriptions de rapports sexuels border porn et, plus encore, avec la mise en scène de relations tordues, inégalitaires, excluant des mièvreries telles que le moindre espoir d’être heureux ou de s’épanouir dans une relation de couple. Cynique, vous dites?

Provocateur encore, en montrant « l’évolution » de la place des femmes dans cette France islamisée où l’on voit avec quel naturel et quelle complaisance de vieux profs nouveaux convertis se retrouvent pourvus de deux ou trois épouses, la plus âgée généralement experte en cuisine et tenue de maison, les plus jeunes expertes, disons, en… cajoleries! Où, avec l’hypervalorisation de la famille, avantages sociaux et fiscaux à l’avenant, même les non-musulmanes retrouvent dare-dare la chaleur du foyer, tandis que le taux de chômage dégringole.

Même à un athée comme François, la conversion finit par sembler admissible. Suivant le courant dominant de la société qu’il observe, François finit par adhérer au plus simple, à la fois par lassitude – c’est la théorie du Pourquoi pas? – et au plus confortable, par intérêt, vu les avantages matériels considérables qu’il en retire. Entrent aussi en jeu la curiosité – cet intellectuel veut reprendre ses travaux – et une certaine attirance pour l’antidote au désenchantement que fait miroiter le retour du religieux. L’athéisme est une position douloureuse, concède l’auteur en interview (à 10 m 20).

J.-K. Huysmans

À la relecture, je me suis concentrée sur l’obsession de François pour la vie et l’œuvre de l’écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907), à qui il consacre sa thèse de doctorat et près de dix ans de sa vie. Il publie aussi une édition de ses œuvres complètes dans la mythique collection de la Pléiade chez Gallimard (une telle édition n’existe pas en réalité), couronnée par une préface exceptionnelle. « C’était ce que j’avais fait de mieux, et c‘était, aussi, le meilleur texte jamais écrit sur Huysmans… cette fois, c’était vraiment la fin de ma vie intellectuelle. » (p. 282)

Sur fond de guerre civile, avant que ne s’apaise une France désormais islamisée, j’ai suivi François dans une virée plutôt déroutante sur les traces de Huysmans, jusqu’à la Vierge noire du Sanctuaire de Rocamadour, aux origines de la chrétienté médiévale, puis à l’abbaye de Ligugé, théâtre de la conversion d’Huysmans au catholicisme. Je ne connaissais pas du tout Rocamadour, « une des merveilles du monde » selon le Père Ronan de Gouvello, lui-même assez merveilleux, voyez cette vidéo!

Cette seconde lecture m’a amenée à choisir deux titres de Huysmans pour ma pile À lire : En ménage, parce que selon François « ce livre était décidément un chef-d’œuvre » et À rebours, « un livre d’une originalité aussi puissante, qui demeure inouï dans la littérature universelle » (p. 48). J’aime assez Houellebecq pour penser que les livres préférés de François me plairont.

 

[i] Desmeules, Christian, « Relire, dit-elle », dans : Le Devoir, 14 novembre 2015 [compte rendu de Relire : enquête sur une passion littéraire, de Laure Murat]

HOUELLEBECQ, Michel, Soumission, Paris, Flammarion, 2014, 300 p.

Aussi en version numérique.

 

 

 

 

L’année la plus longue de Daniel Grenier

L’année la plus longue, premier roman de Daniel Grenier

 

Qu’arrive-t-il lorsqu’on naît le 29 février? On trouve une réponse charmante dans L’année la plus longue, le premier roman de Daniel Grenier.

Trois années sur quatre, Thomas Langlois n’existait pas. […] Chaque février il retenait son souffle […]

 

Daniel Grenier nous présente un bel amalgame de péripéties qui se déroulent dans le passé, au présent et dans le futur. Il illustre une démarche intéressante de recherches historiques par les aventures d’Aimé Langlois, l’ancêtre minutieusement recherché.

Afin de retracer son histoire et de lui conférer un minimum de linéarité, il faudra parfois privilégier une piste au détriment d’une autre, en gardant en tête la possibilité que des erreurs factuelles se soient glissées ici et là. L’honnêteté intellectuelle et le respect des sources nous obligent à ne jamais perdre de vue l’éventuelle incompatibilité entre l’horizon d’attente du conteur et la rigueur de sa démarche.

 

Un ancêtre dont la trace est difficile à suivre puisqu’il traverse les époques et les frontières et change d’identité régulièrement : voici un beau casse-tête pour les généalogistes aguerris. Une petite touche de fantastique suffit pour accrocher le lecteur qui tente de comprendre les sauts temporels qu’impose l’auteur. C’est qu’Aimé Langlois nous fait découvrir l’Amérique par son histoire, vieille de trois cents ans.

À cette époque, à ce moment-là, en juillet 1838, sous le ciel menaçant de la plaine américaine où marchaient les Cherokees, il se trouvait ailleurs. Presque toutes les sources le confirment.

 

Un journal intime, une rencontre manquée, un testament qui surgit de nulle part : voilà quelques éléments de l’intrigue qui vous attend.

 


GRENIER, Daniel, L’année la plus longue, Montréal, Le Quartanier, 2015, 422 p.

Travestis en triple

Nouvelle job, nouvel appartement, nouveau cahier d’écriture, nouvelle vie! Dans Le cahier rouge de Michel Tremblay, Céline Poulin, 25 ans, ex-waitress et presque naine, tourne le dos à la médiocrité de son ancienne vie et prend son envol.

cahier rougeL’Expo 67 bat son plein; dans le Red Light, les touristes du monde entier affluent et chacun lâche son fou : Fine Dumas ramasse l’argent à la pelletée avec Le Boudoir, une boîte de nuit très spéciale, doublée d’un bordel de travestis. Pour orchestrer les activités de cette maison close pas comme les autres, Madame Dumas avait besoin d’une perle rare. Elle l’a trouvée en la personne de Céline, dure à l’ouvrage, crâneuse et déterminée. Dans sa robe verte à paillettes et ses souliers « rouge sang comme ceux de Dorothy dans The Wizard of Oz », la jeune femme endosse le rôle d’hôtesse de bordel avec sérieux. Tandis que ses ouailles se démènent comme de beaux diables avec des touristes qui s’encanaillent et des fils de bonne famille qui jettent leur gourme, Céline voue à ses six « filles » une affection sans faille, sans jamais les juger. Elle les couve tant bien que mal, peinant à les garder sous son aile protectrice.

Dans son beau cahier rouge, Céline raconte son quotidien entremêlé à celui de ses amis travestis, épopée tantôt misérable, tantôt loufoque, comme cette pièce d’anthologie, le jour du 60e anniversaire de Fine Dumas partie fêter à l’Expo avec sa bande de folles. Attendez-vous à tout : c’est savoureux et touchant, excentrique et disjoncté à souhait.

Chéri-Chéri

Il est beaucoup question de rimmel, de poudre et de houppettes, de bustiers et de guêpières dans Chéri-Chéri de Philippe Djian. Comme lectrice, j’ai joué les voyeuses, témoin du rasage, du maquillage, du déshabillage et du rhabillage en coulisses. Écrivain fauché le jour, Denis se transforme chaque nuit en femme fatale et monte sur scène dans un cabaret de travestis, sous prétexte de gagner sa vie. Ni prostitué ni homosexuel, il jouit du travestissement, sans plus. L’histoire déraille avec un beau-père mafieux et on a droit à pas mal d’action : on imagine facilement un film, comme pour d’autres livres de Djian. Le style est vif, mordant, le tout est très bien tourné, à la fois léger et corsé. En ce sens, c’est réussi, mais l’univers créé par Djian semble bien superficiel, comparativement à la densité de celui établi par Tremblay avec Le Boudoir et ses protagonistes.

 Je me souviens de Zazie

Ces deux livres ont éveillé chez moi le souvenir du couple formé par Gabriel et Marceline dans un autre livre, Zazie dans le métro de Raymond Queneau, lu à l’école secondaire.

Marceline… la délicate épouse de Gabriel, si discrète qu’elle ne saurait rougir, se limitant au rose : « Marceline baissa les yeux et rosit doucement. ». Marceline, au langage châtié, qui s’esclaffe quand l’assaillant qui prétend la violer se débat avec la conjuguaison : « Vêtissez-vous! vêtissez-vous! Mais vous êtes nul. On dit : vêtez-vous. ». Comme les jeux de Queneau avec la langue m’ont amusée alors!

Et Gabriel, l’oncle de la petite Zazie en visite à Paris : vous souvenez-vous de lui, ce colosse parfumé? Gabriel, qui ne travaillait que la nuit, et qui portait un tutu pour son numéro de danseuse dans un cabaret pour homosexuels, en tant que Gabriela.

Gabriel-Gabriela, Marceline-Marcel : un couple inoubliable, tout comme les jeux de haute voltige stylistique dans l’œuvre de Queneau.

 

TREMBLAY, Michel, Le cahier rouge, Montréal, Leméac, Arles, Actes Sud, 2004, 332 p.

DJIAN, Philippe, Chéri-Chéri, Paris, Gallimard, 2014, 193 p.     Aussi en format numérique

 QUENEAU, Raymond, Zazie dans le métro, Paris, Gallimard jeunesse, c1994, 235 p.

Fifty Shades of Grey

J’ai réservé, emprunté et dévoré, en version numérique, Fifty Shades of Grey, le premier tome de la trilogie de l’auteure britannique EL James (Erika Leonard). Je suis en train de passer à travers le deuxième tome, Fifty Shades Darker et je suis certaine de lire le troisième tome, Fifty Shades Freed, aussi avidement! Ça doit être mes hormones de femme enceinte!

Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de ce nouveau succès commercial mondial, Fyfty Shades est une série de trois romans érotiques qui racontent l’histoire d’une jeune étudiante ordinaire qui rencontre, in extremis, un multimillionnaire très séduisant et sexy, mais oh combien complexe!, tant dans sa vie personnelle que sexuelle. Il est difficile d’en dire plus sans révéler les principales intrigues, mais disons que le livre flirte avec le sadomasochisme.

Il s’agit d’une lecture divertissante, le genre de livre où on doit laisser les analyses et les raisonnements de côté, oublier la réalité (il s’agit vraiment de fiction) et simplement apprécier le déroulement de l’histoire.

Les critiques littéraires sont presque unanimes : il ne s’agit pas d’un chef-d’œuvre! Néanmoins, il s’agit d’une lecture plaisante, que certains journalistes américains ont qualifié de « Mom Porn ».

Lisez-le, vous serez à même de juger entre les critiques sévères et le succès commercial.

Pour ceux qui préfèrent attendre la version française, les éditions JC Lattès devraient publier le premier tome le 17 octobre prochain, sous le titre Cinquante nuances de Grey. La version numérique devrait suivre. Les deuxième et troisième tomes sont attendus respectivement en janvier et en mars 2013. Et comme les droits cinématographiques ont été acquis par Universal Pictures, la trilogie pourrait être portée au grand écran. Bref, nous sommes loin d’en avoir fini avec Fifty Shades of Grey.

N. B. : L’avantage d’une liseuse est de pouvoir lire discrètement, même dans les transports en commun.

La chick lit : pourquoi pas!

La chick lit, ou littérature de filles, est un genre littéraire qui a émergé dans les années 90 avec, notamment, les auteures britannique Helen Fielding (Bridget Jones’s Diary, 1998) et américaine Melissa Bank (The Girls’ Guide to Hunting and Fishing, 1999). Ce genre littéraire est facile à reconnaître : beaucoup de rose, une héroïne branchée et une trame narrative résolument humoristique. Aujourd’hui, ce sont les auteures américaine Meg Cabot (Boy Meets Girl, 2004), britannique Sophie Kinsella (I’ve Got Your Number, 2012), française Alix Girod de l’Ain (Sainte Futile, 2006) et québécoise Rafaële Germain (Gin tonic et concombre, 2008) qui alimentent le genre littéraire.

Sophie Kinsella, ou Madeleine Townley Wickham de son vrai nom, est mère de cinq enfants et a déjà été journaliste financière. Elle a écrit une série de six volumes intitulée Shopaholic, traduite en français par L’accro du shopping. J’ai lu, sans trop savoir à quoi m’attendre, le cinquième tome de la série, Shopaholic and Baby. J’ai bien apprécié l’écriture simple, mais efficace et le ton humoristique de l’ouvrage : sourire aux lèvres bien souvent, j’ai même ri à plusieurs reprises! En gros, l’histoire raconte les péripéties de Becky Brandon, l’accro du shopping, pendant sa première grossesse. Pour les futures mamans, c’est une lecture d’été intéressante!

Les six volumes de la série sont disponibles en anglais dans OverDrive. En français, la série est disponible en version imprimée seulement aux éditions Belfond ou Pocket.

          

KINSELLA, Sophie, Confessions of a Shopaholic, New York, Dial Press, 2003.

KINSELLA, Sophie, Shopaholic Takes Manhattan, New York, Dial Press, 2003.

KINSELLA, Sophie, Shopaholic Ties the Knot, New York, Dial Press, 2003.

KINSELLA, Sophie, Shopaholic & Sister, New York, Dial Press, 2004.

KINSELLA, Sophie, Shopaholic & Baby, New York, Dial Press, 2007.

KINSELLA, Sophie, Mini Shopaholic, New York, Dial Press, 2010.

Avis aux parents de jeunes et de moins jeunes

Vous croyez que les collections de livres numériques de BAnQ s’adressent uniquement aux adultes? Détrompez-vous! De nombreux titres pour les enfants et les adolescents sont également disponibles. Il suffit de naviguer dans Prêt numérique pour découvrir une foule d’albums jeunesse!

Je vous propose donc aujourd’hui un survol des collections jeunesse disponibles dans Numilog, OverDrive et Prêt numérique et vous offre quelques suggestions d’ouvrages à lire avec votre enfant ou à faire découvrir à votre ado.

Numilog jeunesse

On trouve la plupart des titres jeunesse dans la base de données Numilog – livres jeunesse; une centaine d’autres sont disponibles dans Numilog. La collection jeunesse comprend un peu plus de 200 titres, pour la plupart des romans pour les 12 à 18 ans.

Parmi les titres populaires, notons :

– La série Le journal d’une princesse de Meg Cabot, aux éditions Hachette Jeunesse, 2005;

Le journal de Carrie de Candace Bushnell, aux éditions Albin Michel, 2010;

– La série Le baiser de l’ange d’Elizabeth Chandler, aux éditions Black Moon, 2010.

– Également disponible, mais dans Numilog, la série Twilight de Stephenie Meyer, aux éditions Black Moon, 2005.

      

OverDrive

Dans OverDrive, on peut utiliser la recherche avancée afin de trouver les titres destinés aux jeunes de 7 à 12 ans (Juvenile fiction) ou de 12 à 18 ans (Young Adult fiction). Ces deux catégories regroupent un peu moins de 300 livres numériques et audio, tous en anglais.

Parmi les titres populaires, notons :

– La série Maximum Ride de James Patterson, aux éditions Little, Brown Books for Young Readers, 2011;

– La série Fallen de Lauren Kate, aux éditions Random House Children’s Books, 2009;

– La série The Hunger Games de Suzanne Collins, aux éditions Scholastic Audio, 2009.

– Aussi disponible, exceptionnellement en français et en anglais, la série Harry Potter de J. K. Rowling, aux éditions Pottermore, 2012.

      

Prêt numérique

Pour trouver les titres jeunesse dans Prêt numérique, on peut chercher les éditeurs suivants : La courte échelle, Hurtubise, Alire, Bayard Canada, Boomerang, Boréal, Isatis ou Planète rebelle. Nous estimons que la collection jeunesse de Prêt numérique contient environ 350 titres, dont la plupart sont des romans pour les 7 à 11 ans et pour les 12 ans et plus.

Parmi les titres lus pour vous, notons :

– Pour les 0 à 6 ans, La clé à molette d’Élise Gravel, aux éditions La courte échelle, 2012;

– Pour les 0 à 6 ans, Monstre, Monstre de Jennifer Couëlle, aux éditions Planète rebelle, 2012;

– Pour les 10 ans et plus, Le trésor de Zofia de Mireille Villeneuve, aux éditions Hurtubise, 2012.

    

Quelques recommandations

Pour les albums jeunesse (0 à 6 ans), compte tenu des nombreuses illustrations, il est préférable de faire la lecture à l’écran d’un ordinateur ou sur une tablette multifonctions (iPad ou autres). Il faut aussi être patient, le passage d’une page à l’autre peut parfois être un peu lent lorsque les illustrations sont nombreuses.

Vous pouvez consulter la Foire aux questions sur le livre numérique pour obtenir plus d’information sur le livre numérique en général.

Ouvrir Document 1, lire, cliquer et voyager!

Rien n’est plus facile que de suivre le voyage virtuel de Tess et de Jude en lisant Document 1 dans sa version numérique!

Document 1

En effet, dans cette version ePub, Document 1 contient tous les liens hypertextes nécessaires pour suivre les personnages partout sur Google Earth, Google Maps, Family Watch Dog, Conseil des Arts du Canada et sur de nombreux autres sites accessibles d’un clic de souris ou d’un coup de doigt, selon votre mode de lecture numérique.

Publié par Les éditions de L’instant même en février 2012, Document 1 est un bon exemple de livre adapté à la lecture numérique, d’autant plus que le sujet du livre est tout à fait à propos! D’ailleurs, le titre du livre, vous l’aurez deviné, est inspiré du nom donné par défaut par le logiciel Microsoft Word à un nouveau fichier. Pourquoi chercher plus loin pour un titre original…

Document 1 s’inscrit dans la catégorie « Récit de voyage nouveau genre » où les préparatifs du voyage sont plus importants que le voyage lui-même. Document 1 est aussi, et surtout, l’histoire même de l’écriture du livre. Sur un ton humoristique et parfois absurde, nous découvrons l’histoire du livre et l’organisation du fameux voyage prévu à Bird-in-hand, une bourgade de l’État de Pennsylvanie.

Partez en voyage virtuel en empruntant Document 1, de François Blais, dans  Prêt numérique, disponible pour les abonnés de BAnQ.

19e remise du Prix des libraires du Québec

La 19e remise du Prix des libraires du Québec avait lieu le 14 mai dernier au Lion d’Or, à Montréal.

Les grands gagnants sont, dans la catégorie Roman québécois, Arvida : histoires de Samuel Archibald et dans la catégorie Roman hors Québec, Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Évidemment, je vous invite à lire ces deux titres. Si l’idée d’attendre votre copie imprimée en réservation ne vous plaît pas, vous pouvez toujours tenter le prêt numérique. Les deux titres gagnants sont en effet disponibles en version numérique : Arvida : histoires dans prêtnumérique.ca et Rien ne s’oppose à la nuit dans Numilog.

De plus, parmi les cinq finalistes dans la catégorie Roman québécois, trois autres titres sont disponibles en version numérique sur la plateforme Prêt numérique.ca :

Hongrie – Hollywood Express d’Éric Plamondon, Le Quartanier, 2011

Sous béton de Karoline Georges, Alto, 2011

La marche en forêt de Catherine Leroux, Alto, 2011

         




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec