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Annotations;: Livres, musique et cinéma.

Je lis, je cite

Citer pour évoquer ce qui nous émeut ou nous apparaît important dans un texte, voilà une pratique bien courante! Car au fil de la lecture, les mots s’agitent. Leurs formes nous séduisent, le récit qu’ils composent nous captive. Certains passages retiennent davantage notre attention. Nous prenons une pause pour relire un paragraphe qui nous plaît, parfois à voix haute. D’aucuns soulignent les phrases qu’ils veulent se remémorer, d’autres les copient dans des carnets. En définitive, nous ne conservons en mémoire que certains extraits d’un ouvrage. Ces fragments nourrissent nos pensées. Les propos les plus forts frappent l’imaginaire, circulent d’un individu à l’autre et touchent toute une communauté. On les redécouvre à l’occasion comme une photographie conservée. Et on se rappelle le ton, l’univers d’un auteur. Combien de fois une simple phrase nous a-t-elle amenés à relire un livre? Pour retrouver l’origine d’une citation, son contexte… et nous voici replongés dans la lecture! Qu’il s’agisse de pensées, de répliques, de descriptions, ces énoncés font germer une multitude d’idées en stimulant nos neurones et notre créativité.

 

 

Marie-Line Champoux-Lemay cite un extrait de Nocturne indien d’Antonio Tabucchi.

« En Inde beaucoup de gens se perdent, dit-il. C’est un pays qui est fait exprès pour cela. » (p. 113)

 

TabucchiCe sont les mots de l’écrivain italien Antonio Tabucchi. Ou plutôt, les mots qu’il prête à l’un des personnages que rencontre le narrateur de son roman Nocturne indien. Dans le contexte du récit, cette affirmation apparemment pragmatique prend plus d’un sens. En Inde, la perte de repères n’est pas seulement géographique : non seulement les gens éprouvent-ils du mal à s’orienter, mais ils font également l’expérience plus ou moins volontaire d’une perte de soi. J’aime cette citation pour ce qu’elle a d’énigmatique et pour ce qu’elle nous laisse pressentir du déroulement de l’histoire.

 

 

Catherine Lévesque cite un extrait de Dans les yeux d’Helga d’Emma Craigie.

« Oncle Führer a l’esprit complètement ailleurs. Il ne joue pas avec Blondi ni ne lui fait faire de tours. Il ne pose pas une seule question. Il se contente de manger du gâteau. Sa main tremble plus que jamais. Il renverse de nouveau son chocolat, s’en mettant partout sur sa veste, mais cette fois, soit il n’a pas remarqué, soit il s’en fiche. Il continue d’enfourner des morceaux de gâteau. Il a des miettes plein la moustache. » (p. 145)

 

Dans les yeux d'HelgaLa voix que l’on entend est celle d’Helga Goebbels, douze ans, fille de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande et de l’Information d’Hitler. Durant les derniers jours de la guerre 1939-1945, Joseph Goebbels, loyal jusqu’au bout, a emmené sa femme et leurs six enfants dans le bunker du Führer.

L’auteure britannique Emma Craigie a imaginé la vie intérieure d’Helga observant tout ce qui se passe dans le bunker. La fillette est sensible aux atmosphères mais ne comprend pas tout ce qui se passe. L’auteure s’est inspirée du film La chute pour écrire ce récit des derniers jours.

Si vous voulez en savoir plus sur la fin tragique d’Hitler et de son entourage, vous serez captivé par la lecture de Dans les yeux d’Helga et le visionnement de La chute. Deux documents qui se complètent parfaitement.

 

 

Maryse Breton cite un extrait de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee.

« Un garçon avançait péniblement sur le trottoir, traînant derrière lui une longue canne à pêche. Un homme le regardait, les mains sur les hanches. C’était l’été, et ses enfants jouaient dans le jardin avec leur ami, mimant un petit drame de leur invention. C’était l’automne, et ses enfants se battaient sur le trottoir, devant la maison de Mrs Dubose […] C’était l’automne et ses enfants trottaient ça et là, autour du coin de la rue, leurs visages exprimant leurs malheurs et leurs triomphes. Ils s’arrêtaient devant un chêne, ravis, étonnés, hésitants. C’était l’hiver et ses enfants frissonnaient au portail, ombres chinoises se découpant sur une maison en flammes. C’était l’hiver et un homme marchait dans la rue, jetait ses lunettes et abattait un chien. C’était l’été, et il voyait le cœur de ses enfants se briser. L’automne revenait, et les enfants de Boo avait besoin de lui. Atticus avait raison. Il avait dit un jour qu’on ne connaissait vraiment un homme que lorsqu’on se mettait dans sa peau. Il m’avait suffi de me tenir sur la véranda des Radley. » (p. 431)

HarperLee

 

C’est le résumé simple et touchant que Scout se récite à la fin de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, lorsqu’elle met en pratique les paroles de son père et qu’elle regarde la rue et le passé du point de vue de Boo Bradley, le voisin qu’elle craignait jusque là et qui vient de lui sauver la vie. L’auteure, à travers les yeux de Scout qui, elle-même, se met dans la peau de Boo pour qui les saisons marquent le temps et pour qui les aventures des enfants offrent à la fois divertissement et inquiétude, dévoile tendrement l’âme de ce mystérieux personnage.

 

 

Marie-Ève Roch cite un extrait de Le rêveur de Pam Munoz Ryan.

« Les pas se rapprochèrent. Tap. Tap. Tap. Tap.

 D’une main fébrile, Neftali tenta d’aplanir sa tignasse noire. Était-il encore mal coiffé? Puis il examina ses doigts grêles. Étaient-ils assez propres?

 À l’idée d’affronter son père, le garçon avait les bras tout tremblants, et sa peau semblait se racornir tant elle lui picotait. Il prit une profonde inspiration et resta en apnée. » (p. 14-15)

 

Ce magnifique roman raconte l’enfance de Pablo Neruda, alors qu’il portait encore le nom de Neftali Reyes. Que faire quand on préfère les mots aux mathématiques, qu’on est maigrichon et bègue et qu’on a un père autoritaire qui ne souffre pas que son fils passe des heure à lire? À travers un récit limpide, entrecoupé de courts passages oniriques et superbement illustrés où la voix de la poésie elle-même s’adresse au petit Neftali, c’est tout le combat livré par Pablo Neruda pour devenir lui-même que l’on découvre ici. Une belle occasion d’aborder la question de la liberté d’expression avec des enfants.

 

 

Sylvie-Josée Breault cite un extrait d’Onon:ta’ de Pierre Monette.

« Le paysage parle à ma place; je suis une montagne de choses à dire. » (p. 9)

 

Cette phrase est placée par Pierre Monette en exergue à son essai Onon:ta’. Elle résume l’objectif du projet d’édition et en annonce l’envergure. Il s’agit de raconter l’histoire du mont Royal autrement, en donnant la préséance au lieu, car l’histoire traditionnelle s’attarde davantage aux conquêtes et aux faits datés. Un imposant travail de recherche a été entrepris ici. L’érudit emprunte de nombreux sentiers pour explorer et découvrir ce que ce site a à révéler. L’auteur est notamment inspiré par la relation qu’entretenaient les peuples autochtones avec la montagne. Comme le laisse présager l’extrait, les mots ont une belle part dans cet ouvrage : ils sont minutieusement étudiés, choisis. Ponctué de citations littéraires, abondamment illustré, s’offre à nous un livre riche, dense et poétique.

 

 

Gisèle Tremblay cite des extraits de La culture en soi de Gilbert Turp.

 « Une conversation souriante crée juste ce qu’il faut de chaleur humaine pour m’attacher à ma libraire, mon marchand de pâtes, ma boulangère, mon dépanneur et les gens de la fruiterie et du café du coin. Sympathiser à hauteur de rue et à échelle humaine n’est ni superficiel ni insignifiant, contrairement à ce que les esprits chagrins ont tendance à croire. La convivialité est un bonheur de vivre. Je ne vois pas de raison de bouder ce plaisir. » (p.226)

 « Quand la culture se déploie et atteint la conscience, elle est partie prenante d’un dialogue fécond et créateur avec l’humanité. Je crois qu’elle est un ferment de démocratie et le don que nous faisons au monde. La culture est l’équivalent collectif de l’amour. Il ne tient qu’à nous de porter notre culture avec élégance et générosité et d’y contribuer par notre souffle, notre chaleur et notre célébration de la variété infinie de la vie. » (p. 255)

 Turp image

Faisant ainsi éloge de la conversation souriante et de la culture en tant que don amoureux, Gilbert Turp est lecteur, penseur, écrivain, comédien, metteur en scène et professeur. Surtout, Gilbert sera notre écrivain en résidence, à l’occasion des 10 ans de la Grande Bibliothèque et grâce à une collaboration entre le Conseil des arts de Montréal et BAnQ, dès septembre 2015. Un écrivain à nous, vous imaginez?

Bienvenue Gilbert et à très bientôt, pour décupler le partage et les conversations souriantes entre lecteurs, en personne et sur nos blogues!

 

 

CRAIGIE, Emma, Dans les yeux d’Helga, Montréal, Flammarion, 2015, 220 p.

HIRSCHBIEGEL, Olivier, La chute, Montréal, Alliance Atlantis Vivafilm, 2005, 155 min.

LEE, Harper, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Paris, Librairie générale française, 2006, 447 p.

MONETTE, Pierre, Onon:ta’ : une histoire naturelle du mont RoyalMontréal, Boréal, 2012, 380 p.

RYAN, Pam Munoz, Le rêveur, Montrouge, Bayard jeunesse, 2013, 431 p.

TABUCCHI, Antonio, Romans, tome I : Femme de Porto Pim et autres histoires – Nocturne indien – Le fil de l’horizon – Requiem, Paris, Christian Bourgois, 1996, 401 p.

TURP, Gilbert, La culture en soi, Montréal, Leméac, 2006, 256 p.

Une belle imagination

par Jean-François Barbe

Une petite maison d’édition de Mirabel a publié des contes portant sur les Indiens d’Amérique. Ces contes ont été rédigés par des d’élèves de la polyvalente de Sainte-Agathe-des-Monts, faisant partie du groupe d’Option des Amériques de première secondaire.

On peut s’imaginer le plaisir qu’ils ont eu à écrire leurs récits!

Certains élèves ont choisi de mettre en scène des aventures qui éprouvent le courage des héros dans l’adversité. Par exemple, le « clan des Têtes rasées » attaque sans cesse le village : il faut alors penser à bâtir des fortifications. Ailleurs, un chaman teste le courage d’un jeune. Vite, il lui faut trouver de l’aide. « Avec mes nouveaux alliés, plus rien ne m’effrayait. J’étais plus fort qu’autrefois. Ils n’avaient qu’à venir, je les attendais! ». Parfois, il faut penser à s’allier à d’autres, comme « l’Alliance Tomahawk », afin de libérer des compatriotes capturés par l’ennemi.

Mais les armes ne sont pas toujours la solution, comme le constate Amarok, qui a l’intention de venger Tekoa. Un moment donné, Amarok s’élance dans la bataille jusqu’à ce que la jolie Taima l’arrête en lui disant que la « violence ne règle rien ». Amarok ne l’oublie pas. « Un an plus tard, je me mariai avec Taima et nous eûmes deux filles et un garçon. »

Le thème de l’amour revient souvent. Pour plusieurs, l’amour suffit à régler les conflits et à abolir les frontières. Par exemple, deux peuples amérindiens ont beau être en guerre depuis des générations, il suffit qu’un mariage survienne entre deux membres de ces peuples antagonistes pour que cessent pillages et massacres. Le surnaturel – le Grand Manitou – joue aussi le même rôle.

Certains élèves, plutôt nombreux, sont très sensibles à la place importante des femmes dans l’univers de l’Iroquoisie. Par exemple, ils savent qu’en Iroquoisie, c’est l’homme qui emménage dans la maison de l’élue de son cœur, non l’inverse.

On voit que les jeunes filles ne s’accommoderaient pas facilement de rôles limitatifs pré-établis, comme le montre l’histoire du chaman Meika, une femme qui se déguise en homme étant donné que chez les Amérindiens, les femmes ne peuvent pas être chaman. Mais heureusement, un jour, « la loi change » et Meika peut alors vraiment  dire qui elle est … et rester chaman. Autre exemple, la chasse, domaine traditionnellement masculin. Dans une de ces histoires, une jeune Algonquine devient l’exception qui confirme la règle.

Ce livre est consultable sur place à la Collection nationale.

Toutes mes félicitations aux étudiants qui ont exprimé une joyeuse créativité. Bravo à leur professeur du cours d’univers social qui a contribué à donner vie à ce livre, ce qui illustre l’importance d’avoir des adultes allumés, qui ne dorment pas au gaz, dans la vie des jeunes. Et bravo à l’éditeur, le bien nommé Marchand d’idées, qui montre aux jeunes, de façon tangible, qu’ils peuvent réaliser de bien belles choses dans leur vie.

Les Amérindiens, un voyage dans le passé, recueil de récits créé par les élèves de la Polyvalente des Monts, Mirabel, Marchand d’idées, 2014, 130 pages.

Des livres pour Noël… et pour toute l’année!

Qui dit Noël dit bien souvent cadeaux. Et dans mon cas, qui dit cadeaux, dit livres. Quelques semaines après le temps des fêtes, j’ai pensé vous faire part ici de la liste de mes emplettes : les ouvrages de littérature jeunesse offerts par la fée des étoiles (chut!) aux enfants qui l’entourent. Des livres minutieusement choisis, selon leurs goûts et leur personnalité. Et qui se retrouvent presque tous pour emprunt à la Grande Bibliothèque.

Zach, 2 ans

Lui, c’est un sacré gourmand! Jamais rassasié, pas pique-assiette pour deux sous. D’ailleurs, lors d’un récent voyage en Chine, il est le seul de sa famille (incluant ses parents) à avoir goûté à tout! On pourrait même penser que Zach, c’est le petit garçon que l’on voit à la toute dernière page de Fourchon, un album de Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault. Pauvre petit Fourchon : ni fourchette ni cuillère, pourtant un peu des deux, il ne trouve sa place nulle part dans la coutellerie. Quelqu’un saura-t-il un jour apprécier sa double utilité? Une histoire à la fois touchante et rigolote, inspirée de ce drôle d’ustensile que l’on propose aux enfants qui commencent à manger seuls. Fourchon a gagné le Prix des libraires du Québec 2012, catégorie Jeunesse Québec 0-4 ans et fait partie de la sélection annuelle 2012 de la Revue des livres pour enfants, une publication de la Bibliothèque nationale de France.

Mykoïan, 2 ans et demi

Lui et sa sœur n’ont porté que des couches lavables, son père refuse le téléphone intelligent et dénonce à chaque occasion la société capitaliste et la surconsommation. J’ai donc eu envie de faire plaisir à la fois au père et à sa descendance en leur offrant La clé à molette, un livre d’images d’Élise Gravel. Alors qu’il se rend dans un magasin à grande surface pour acheter la simple clé à molette dont il a besoin, Bob se laisse convaincre par le vendeur d’acheter toutes sortes d’objets dont il n’a aucunement besoin – et plusieurs fois plutôt qu’une! Avec beaucoup d’humour et sans nous faire la morale, Élise Gravel nous amène à réfléchir sur nos comportements de consommateur, et ce, peu importe notre âge. La clé à molette a reçu le Prix du Gouverneur général 2012, catégorie Jeunesse-illustrations et, comme Fourchon, il fait partie de la sélection annuelle 2012 de la Revue des livres pour enfants.

La clé à molette est aussi disponible en version électronique.

Liam, 3 ans et demi

C’est mon clown sentimental préféré. Il danse mieux que Fred Astaire et fait les plus beaux câlins du monde. Mais ce qui m’émeut le plus avec mon filleul, c’est que tout l’émerveille. Aussi, la première fois que j’ai lu Charles à l’école des dragons, d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, c’était décidé, j’allais le lui offrir pour Noël, même si Liam aurait seulement 3 ans et demi et qu’on suggère ce livre pour des enfants un peu plus vieux. Car Charles, comme Liam, est un grand sensible, un poète. Il n’a pas envie d’impressionner ni d’intimider, juste d’être lui-même. J’ai très hâte de lui en faire la lecture, collés l’un contre l’autre derrière les pages de cet album très grand format, de voir ses yeux éblouis par les illustrations riches et pleines de détails de Jean-Philippe Turin, de partager son inquiétude et son empathie pour Charles et, enfin, de voir son grand sourire à la fin, car tout y finit bien! Charles à l’école des dragons a obtenu le Prix jeunesse des libraires du Québec 2011, catégorie hors-Québec pour les 5-11 ans.

Une deuxième aventure de Charles, Charles, prisonnier du cyclope, est parue à l’automne dernier.

Zïa, 5 ans

Elle porte comme nulle autre le tutu rose, les leggings rayés noir et blanc, les boucles d’oreilles en vrai-faux rubis et la casquette de camouflage piquée à son frère… et tout ça en même temps! Grande « lectrice d’images » depuis fort longtemps, elle sait depuis peu tracer les lettres et les lire. À ma filleule préférée, j’ai offert le dernier ouvrage de l’incomparable Gilles Bachelet, Madame le Lapin Blanc. Cette dame dont on parle dans le titre n’est en fait nulle autre que l’épouse du célèbre Lapin Blanc, le personnage d’Alice au pays des merveilles. Sous forme de journal intime, elle dévoile les hauts et les bas de sa vie de femme au foyer. Mère de six petits lapins, on comprend pourquoi Madame le Lapin Blanc se sent débordée, surtout avec un mari pressé, souvent absent de la maison, fort occupé par ses tâches au palais d’une certaine Reine de cœur…

Évidemment, avant d’offrir ce livre à Zïa, je m’étais assurée qu’elle connaissait l’histoire d’Alice au pays des merveilles, du moins dans son ensemble. Un facteur qui, s’il n’est pas indispensable, rend beaucoup plus amusante l’histoire de cette épouse dévouée, et réjouissantes les références faites au conte de Lewis Carroll (d’ailleurs, je vous suggère cette adaptation-ci, illustrée par Chiara Carrer). Madame le Lapin Blanc a reçu le prix Pépite de l’Album 2012.

Cliquez ici pour écouter Gilles Bachelet parler de Madame le Lapin Blanc.

Nathaniel, 14 ans

Il a lu Bilbo le Hobbit quatre fois. Oui oui, quatre. Et ce n’est pas parce que sa belle-mère le sous-alimente en romans et autres lectures, lui apportant chaque mois nouveautés ou classiques qu’elle vante avec passion. Rien à faire, aucune autre aventure littéraire n’a su détrôner à ce jour celle du Hobbit. J’ai donc décidé d’emprunter un chemin détourné – et peut-être aussi un peu risqué – en lui offrant un essai récent sur son œuvre fétiche, Exploring J.R.R. Tolkien’s The Hobbit, par Corey Olsen. Un bel objet livre, une belle brique. Son premier « vrai livre d’adulte »  est encore bien fermé sur sa table de chevet, mais lorsqu’il l’a découvert sous le papier d’emballage, j’ai vu dans ses yeux l’expression satisfaite du collectionneur…

La lecture en cadeau

Je m’en voudrais de terminer ce billet sans mentionner le programme La lecture en cadeau, de la Fondation pour l’alphabétisation, qui remet un livre neuf à des enfants qui ont moins la chance d’avoir des livres à la maison. Noël est passé, mais pendant les Salons du livre de la province, l’organisme tient un kiosque où il est alors possible de déposer dans la boîte prévue à cet effet un livre tout nouveau tout beau que l’on souhaite offrir.

P.-S. (petit secret) Un aspect non négligeable lorsqu’on offre un livre en cadeau : lorsqu’il est bien choisi, il est aussi emballant pour celui qui le reçoit qu’il est facile à emballer pour celui qui le donne! Parole d’une fée des étoiles à l’esprit pratique!

Bachelet, Gilles, Madame le Lapin Blanc, Paris, Seuil jeunesse, 2012.

Cousseau, Alex, Charles à l’école des dragons, illustré par Philippe-Henri Turin, Paris, Seuil jeunesse, 2010.

Gravel, Élise, La clé à molette, Montréal, La Courte échelle, 2012.

MacClear, Kyo, Fourchon, illustré par Isabelle Arsenault, Montréal, La Pastèque, 2011.

Olsen, Corey, Exploring J.R.R. Tolkien’s The Hobbit, Boston, New-York, Houghton Mifflin Harcourt, 2012, 318 p. ISBN : 978-0-547-7394

Les prénoms formidables de mes héros

S’il y a une littérature où les prénoms des héros ont marqué leurs lecteurs, c’est bien celle de la littérature jeunesse. Souvenez-vous d’Alice, de Sylvie, de Martine, de Bob (Morane, évidemment); puis de Rosalie, d’Ani (Croche), de Bébert, de Harry…

Aussi, en cette période de recherche active d’un prénom pour une petite personne qui naîtra ce printemps, j’ai eu envie d’explorer un autre répertoire que celui dressé par la Régie des rentes du Québec. Celui de ma bibliothèque.

Dans ce billet, je vous présente cinq personnages. Cinq héros pour cinq prénoms, dont la simple évocation m’amène dans un espace de grand bonheur.

Ernest et Victoire

Ces deux-là, je les mets ensemble. Parce qu’ils sont dans le même livre : Lettres d’amour de 0 à 10. Le livre s’ouvre sur Ernest et l’appartement de sa grand-mère, avec laquelle il vit. Un appartement bien sombre, bien triste, sans téléviseur; avec un téléphone, mais qui ne sonne presque jamais.

Et puis, un jour, à l’école, arrive Victoire! VICTOIRE! Pétillante d’énergie et d’enthousiasme! Qui a non pas sept frères ou sœurs, mais quatorze! Qui décide, sans nécessairement consulter Ernest, qu’un jour (pas tout de suite, ils ont seulement dix ans) ils se marieront. Et surtout, Victoire qui fait découvrir à Ernest et à sa grand-mère les croissants et les pains au chocolat.

Un roman pour les romantiques à partir d’une dizaine d’années…

Tobie (et Vango)

J’ai dû dire au moins des dizaines de fois, très sérieusement, que s’il existait réellement, j’épouserais Tobie Lolness, le grand héros de Timothée de Fombelle. Encore eut-il fallu qu’il ait plus de douze ans, ne vive pas dans un arbre… et mesure plus d’un millimètre et demi. Ces faits rendant mon mariage avec Tobie impossible, j’ai évité une grande jalousie à l’endroit d’Elisha et je me suis passionnée pour leur incroyable histoire.

Quelques années plus tard, de Fombelle récidive avec un autre grand personnage romanesque : Vango. Un peu plus âgé que Tobie, Vango, lui, a seize ans. Il est aussi de taille normale (humaine) et le roman s’ouvre à Paris (une « vraie » ville). Très rapidement, l’action déboule et on s’aperçoit que notre héros est traqué de tous, sans que lui-même sache pourquoi. Vango fuit par mer, par terre et par air dans les îles siciliennes, en Allemagne, en Amérique, en Russie, en Écosse. Je suis « littérairement » retombée amoureuse, comme je ne l’avais pas été depuis Tobie.

Deux romans en deux tomes, pour les lecteurs à partir de douze ans.*

(Et puis, en octobre de l’année dernière, dans le cadre des rencontres du Centre québécois de ressources en littérature pour la jeunesse, j’ai interviewé leur créateur, Timothée de Fombelle. Une heure et demie formidable, pleine de rires et d’anecdotes! Mais à ce moment-là, j’avais déjà plus envie d’en épouser un autre…)

Anatole

Anatole, il a une ficelle attachée à son poignet. Et au bout de cette ficelle, une petite casserole qui ne se détache pas, qu’il traîne toujours derrière lui et qui l’encombre énormément. Cette casserole, les gens ne voient que ça chez lui. On le trouve bizarre. On ne voit pas tous ses talents, ses belles qualités. Mais un jour, il croise une personne un peu comme lui, qui a elle aussi sa petite casserole au bras. Plus grande qu’Anatole, elle lui apprend à vivre avec sa casserole, à s’en faire même un atout.

Un album tout en finesse, qui aborde la thématique de la déficience intellectuelle, sans jamais la nommer. La dernière image/texte de ce livre est sans doute ce que j’ai lu/vu de plus poignant en littérature jeunesse. Un grand battement de cœur.

La petite personne au creux de mon ventre ne s’appellera pas Tobie, Ernest, Victoire ou Anatole. Mais elle (ou lui!) fera très certainement leur connaissance, un jour, bientôt. Ils l’attendent dans sa bibliothèque.

DE FOMBELLE, Timothée, Tobie Lolness, tome I : La vie suspendue, Paris, Gallimard, 2006, 311 p.

DE FOMBELLE, Timothée, Tobie Lolness, tome II : Les yeux d’Elisha, Paris, Gallimard, 2007, 343 p.

*Tobie Lolness a été réédité en un seul volume qui comprend les deux tomes de la série.

DE FOMBELLE, Timothée, Vango,  tome I : Entre ciel et terre, Paris, Gallimard.

DE FOMBELLE, Timothée, Vango,  tome II : Un ciel sans royaume, Paris, Gallimard.

MORGENSTERN, Susie, Lettres d’amour de 0 à 10, Paris, L’école des loisirs, coll. « Medium », c1996, 210 p.

CARRIER, Isabelle, La petite casserole d’Anatole, Paris, Bilboquet, 2009.

Livre papier et livre numérique : une joyeuse cohabitation!

Pour ce deuxième billet sur la littérature jeunesse, l’envie m’est venue de vous proposer deux albums « papier » qui font un clin d’œil au numérique. Si l’on peut lire dans le premier une critique des nouvelles technologies auxquelles on tend à attribuer tous les mérites, le second profite de notre nouvelle habitude de naviguer avec nos doigts pour carrément nous manipuler! Toutefois, on s’amuse dans les deux cas, preuve s’il en est une que papier et numérique peuvent joyeusement cohabiter!

C’est un livre

À gauche de la première page du livre, un petit âne, certainement un peu geek, s’agite avec son portable. En face de lui, sous le chapeau du singe, se cache une souris. Mais ce qui rend l’âne perplexe, ce n’est pas tant la souris que l’objet fait de papier (un livre!) qui captive le singe : il ne comprend pas du tout comment une chose qui n’a pas besoin de mot de passe ni de souris et qui est incapable d’envoyer des textos peut être intéressante, encore moins passionnante. À chacune de ses questions, le singe répond, de plus en plus agacé, « c’est un livre ». Tout de même intrigué, l’âne pique le livre des mains du singe. Et se met à lire, à lire… tant et si bien qu’il ne voit pas le temps passer. Ooooh…!

Véritable manifeste en faveur du livre et de la lecture, C’est un livre a obtenu un énorme succès commercial et critique. Son auteur, l’Américain Lane Smith, a reçu plusieurs récompenses pour son livre, dont la médaille Caldecott, un prix décerné par l’Association for Library Service to Children (ALSC) pour l’album le plus remarquable de l’année. S’il s’adresse aux enfants âgés de quatre ans et plus, il intéressera par son humour et son propos les plus grands, certainement jusqu’à dix ans. Pour les parents et les enseignants ayant des enfants subjugués par le pouvoir de la technologie, ce livre sert d’excellent point de départ à une réflexion et à une discussion sur le futile et l’essentiel qu’apporte l’accès au numérique.

C’est un livre a sa propre bande-annonce. Quand on dit que les médias s’entrecroisent, c’en est un autre parfait exemple!

Un livre

On sait désormais que les tout-petits apprivoisent les iPad et autres tablettes numériques plus aisément que bien des adultes (qui pourtant ne se trouvaient pas si bêtes avec la technologie). Voici un livre pour eux.

Sur la couverture, le titre : Un livre. Simple. Première page, encore plus simple : un rond jaune, pas de texte. Page suivante, le même rond jaune, au même endroit, mais avec cette indication : « Appuie sur ce rond jaune et tourne la page. » Et qu’est-ce qu’on fait? Évidemment, on met notre index (généralement) sur le rond jaune, on appuie légèrement, on descend délicatement notre doigt vers le coin en bas à droite de la page, on approche notre pouce et… on tourne la page! Ah! C’est simplissime, mais il fallait y penser! Surtout que les tout-petits seront on ne peut plus ravis de s’exercer! Au fil des pages tournées, d’autres ronds jaunes s’ajoutent, mais aussi des rouges et des bleus, sur lesquels on nous proposera alors de frotter, cliquer, souffler!

Le livre pensé et conçu par le Français Hervé Tullet est extraordinaire pour le tout-petit lecteur! En intervenant directement dans le processus de lecture de l’image, Un livre l’éveille aux concepts d’espace, de poids, de chute et d’envol.* Ceux qui ont lu le classique Petit-Bleu et Petit-Jaune de Leo Lionni retrouveront certainement le plaisir et l’efficacité des taches et des points dans les livres pour enfants. Un livre a gagné en 2011 dans la catégorie tout-petits le Prix Sorcières, remis par l’Association des librairies spécialisées pour la jeunesse (ASLJ) et par l’Association des bibliothécaires de France (ABF).

Mais l’aventure ne s’arrête pas là! Car si le livre a été conçu comme un clin d’œil aux applications des tablettes électroniques et autres téléphones intelligents, il allait dans la logique des choses d’en faire une adaptation… virtuelle! Disponible en anglais pour iPad et iPhone, l’application Press here propose aux petits de créer et d’expérimenter littéralement avec les mêmes ronds du livre qui vont grossir, se multiplier, émettre des notes de musique, prendre des photos, exploser en feux d’artifices! Une application intelligente et pleine de surprises, qui n’offre pas tout d’un coup et se laisse découvrir.

Je vous laisse sur un petit film inspiré du livre de Tullet, réalisé par une classe de maternelle en France et hébergé sur le site de l’auteur.

 

SMITH, Lane, It’s a book, Paris, Gallimard, 2011.

TULLET, Hervé, Un livre, Paris, Bayard jeunesse, 2010.

LIONNI, Leo, Petit-Bleu et Petit-Jaune, Paris, L’école des loisirs, c1970.

*D’après Françoise Schmid dans sa critique parue dans la Rubrique « As-Tu Lu ? » de la Revue Parole de l’ISJM  et reprise sur le site de  Ricochet-jeunes.org : http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/42334-un-livre 

Avis aux parents de jeunes et de moins jeunes

Vous croyez que les collections de livres numériques de BAnQ s’adressent uniquement aux adultes? Détrompez-vous! De nombreux titres pour les enfants et les adolescents sont également disponibles. Il suffit de naviguer dans Prêt numérique pour découvrir une foule d’albums jeunesse!

Je vous propose donc aujourd’hui un survol des collections jeunesse disponibles dans Numilog, OverDrive et Prêt numérique et vous offre quelques suggestions d’ouvrages à lire avec votre enfant ou à faire découvrir à votre ado.

Numilog jeunesse

On trouve la plupart des titres jeunesse dans la base de données Numilog – livres jeunesse; une centaine d’autres sont disponibles dans Numilog. La collection jeunesse comprend un peu plus de 200 titres, pour la plupart des romans pour les 12 à 18 ans.

Parmi les titres populaires, notons :

– La série Le journal d’une princesse de Meg Cabot, aux éditions Hachette Jeunesse, 2005;

Le journal de Carrie de Candace Bushnell, aux éditions Albin Michel, 2010;

– La série Le baiser de l’ange d’Elizabeth Chandler, aux éditions Black Moon, 2010.

– Également disponible, mais dans Numilog, la série Twilight de Stephenie Meyer, aux éditions Black Moon, 2005.

      

OverDrive

Dans OverDrive, on peut utiliser la recherche avancée afin de trouver les titres destinés aux jeunes de 7 à 12 ans (Juvenile fiction) ou de 12 à 18 ans (Young Adult fiction). Ces deux catégories regroupent un peu moins de 300 livres numériques et audio, tous en anglais.

Parmi les titres populaires, notons :

– La série Maximum Ride de James Patterson, aux éditions Little, Brown Books for Young Readers, 2011;

– La série Fallen de Lauren Kate, aux éditions Random House Children’s Books, 2009;

– La série The Hunger Games de Suzanne Collins, aux éditions Scholastic Audio, 2009.

– Aussi disponible, exceptionnellement en français et en anglais, la série Harry Potter de J. K. Rowling, aux éditions Pottermore, 2012.

      

Prêt numérique

Pour trouver les titres jeunesse dans Prêt numérique, on peut chercher les éditeurs suivants : La courte échelle, Hurtubise, Alire, Bayard Canada, Boomerang, Boréal, Isatis ou Planète rebelle. Nous estimons que la collection jeunesse de Prêt numérique contient environ 350 titres, dont la plupart sont des romans pour les 7 à 11 ans et pour les 12 ans et plus.

Parmi les titres lus pour vous, notons :

– Pour les 0 à 6 ans, La clé à molette d’Élise Gravel, aux éditions La courte échelle, 2012;

– Pour les 0 à 6 ans, Monstre, Monstre de Jennifer Couëlle, aux éditions Planète rebelle, 2012;

– Pour les 10 ans et plus, Le trésor de Zofia de Mireille Villeneuve, aux éditions Hurtubise, 2012.

    

Quelques recommandations

Pour les albums jeunesse (0 à 6 ans), compte tenu des nombreuses illustrations, il est préférable de faire la lecture à l’écran d’un ordinateur ou sur une tablette multifonctions (iPad ou autres). Il faut aussi être patient, le passage d’une page à l’autre peut parfois être un peu lent lorsque les illustrations sont nombreuses.

Vous pouvez consulter la Foire aux questions sur le livre numérique pour obtenir plus d’information sur le livre numérique en général.

J’aime les oranges!

Illustration de Mark Dixon

Il y a plusieurs semaines déjà que je sais que je vous écrirai, ici, sur la littérature jeunesse. Une tribune pas nécessairement destinée aux adultes-travaillant-avec-le-livre-pour-enfants.

J’ai donc comme objectif d’en profiter. Je veux vous montrer le plus inusité, le plus touchant, le plus « incroyabilicieux »* de la littérature jeunesse. Redonner à ceux qui l’avaient peut-être perdu un nouvel élan pour les histoires à raconter avant le dodo ; à d’autres, le goût de descendre les escaliers vers l’Espace Jeunes. J’ai envie de vous présenter des livres que j’ai adorés passionnément à la folie, avec tous les pétales de marguerites possibles (tout en  sachant pertinemment que c’est le dernier qui est décisif!). Vous prouver que la littérature jeunesse n’est pas qu’histoires pour petites personnes, que le domaine du livre jeunesse est vaste et multiple.

Critères, critères, dis-moi si je suis le meilleur…

Il y a quelques années, j’ai donné un cours destiné à des adultes, destinés eux-mêmes à devenir bibliothécaires jeunesse. Un des objectifs dudit cours était « Évaluer avec un regard critique le contenu des livres du corpus de la littérature jeunesse ». Ouf!

Comment aiguillonner mes étudiants d’alors sur les critères moins tangibles, mais néanmoins essentiels, ceux qui font la force de la littérature jeunesse? J’ai donc eu l’idée de comparer « l’effet de lecture » à la dégustation d’une orange. Voici ce que ça avait donné.

« Est-ce que c’est une histoire passionnante ou, au contraire, un peu insipide? Pensez à lorsque vous buvez du jus d’orange. Est-ce qu’on a mis trop d’eau, est-ce que ça goûte quelque chose? Ou, au contraire, est-ce que c’est tellement concentré que ça donne mal au cœur? Ou est-ce que c’est du jus d’orange pressée, naturel, avec un goût original et authentique? La Floride ou le Maroc (pour les clémentines) dans votre bouche? »

Depuis, je suis restée avec cette allégorie de l’orange lorsque je dois évaluer des livres. Et pour ce premier billet, je vous propose deux albums qui n’ont absolument rien d’enfantin. Des livres à la structure narrative travaillée, qui permettent plusieurs relectures et nombre de possibilités d’analyses littéraires. Des titres qui représentent selon mes critères gustatifs ce goût de jus d’orange pressée, fraîchement cueillie sur l’oranger!

Traduit de l’américain, Orange book, 1,2… 14 oranges de Richard McGuire amène le lecteur dans un univers tout dessiné de bleu, à découvrir le sort de 14 oranges provenant d’un même oranger. Tandis que la première orange se retrouve dans le paquet cadeau d’un ami hospitalisé, la neuvième devient l’objet d’observation d’un scientifique. Je pourrais vous dire « ainsi de suite », mais non, car le sort de chacune d’elles étonne là où l’on ne s’y attend pas. C’est sur des illustrations double page qu’on nous livre le destin des oranges – destins que l’auteur a choisi de croquer sous des angles de vue bien choisis. Aussi, insistons sur le jeu de bichromie qui est ici tout à fait justifié : la couleur orange, complémentaire au bleu, attrape à chaque page le regard du lecteur, qui poursuit ensuite sa lecture de l’image dans le bleu du « reste du monde ».  Richard McGuire est aussi bien connu pour son travail d’illustrateur et de graphiste dans l’édition et la presse, dont le New York Times.

En 2008 arrivait sur nos rayons L’été de Garmann, de Stian Hole. Difficile de rester insensible face au garçon blond de la couverture qui nous regarde droit dans les yeux, à moitié plongé dans ce qu’on devine être la mer, affublé de flotteurs orange aux bras. Ce premier opus de Garmann (il y en aura deux autres, celui-ci et celui-là, tout aussi captivants) raconte ses peurs et et sa perception de la vieillesse et de la mort par l’observation de ses trois « vieilles » tantes. La technique d’illustration de Hole est assez unique dans l’édition pour la jeunesse : il fusionne dessin, collage et photographie ce qui donne un effet à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire, laissant le lecteur/observateur longtemps devant chaque page. Ce titre a remporté les plus grands honneurs et a surtout suscité l’intérêt de plusieurs pour la production éditoriale des pays nordiques.

Allez, on se fait plaisir, après tout, dans deux jours c’est officiellement l’été!

McGUIRE, Richard, Orange book, 1,2…14 oranges, Paris, Albin Michel jeunesse, 2010.

HOLE, Stian, L’été de Garmann, Paris, Albin Michel jeunesse, 2008.

* Néologisme de Claude Ponti dans Blaise et le château d’Anne Hiversère, Paris, L’école des loisirs, 2004, p. 9.




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