Portail BAnQ Nétiquette
Annotations;: Livres, musique et cinéma.

Le temps d’un été : un film percutant

August-Osage-County_300x445Beverly et Violet forment un vieux couple. Atteinte d’un cancer de la bouche qui la fait souffrir, elle avale des pilules parfois en abondance. Il boit un coup et se réfugie dans la lecture.

Un jour, Beverly disparaît. Deux des filles du couple, Ivy et Barbara (cette dernière accompagnée de son mari et de sa propre fille) viennent retrouver leur mère. Rapidement, les reproches fusent et les disputes commencent. Entre-temps, la police retrouve Beverly, noyé.

Toute la famille se retrouve chez Violet après les funérailles : on regarde des photos anciennes et on échange des souvenirs. Lors du repas, les couteaux commencent à voler bas. Violet ne se gêne pas pour lancer tout ce qu’elle pense sans aucune inhibition. Les médicaments y sont-ils pour quelque chose? Quoi qu’il en soit, nous assistons à une scène impressionnante et jouée magnifiquement.

Meryl Streep est extraordinaire dans son interprétation de Violet intoxiquée par sa médication. Elle est d’une telle vérité dans sa façon odieuse de régler ses comptes! Autour de la table, une foule de très bons acteurs lui donne la réplique : Julia Roberts, Ewan McGregor, Chris Cooper, et bien d’autres encore.

Ce film dépeint une famille à laquelle personne ne voudrait appartenir. Les relations sont difficiles, pleines de secrets et de rancunes qui éclatent au grand jour. La mort de Beverly a rompu l’équilibre fragile de la famille qui s’écroule comme un château de cartes. Parfois, la réalité est bien loin de l’idéal auquel tout le monde rêve et la méchanceté, encore plus retentissante dans un contexte familial.

Presque insupportable à regarder à certains moments, ce film est criant de vérité avec ses nombreuses et dures confrontations et ses personnages qui s’en sortent tant bien que mal.

En bout de ligne, ce drame devient fascinant et bouleversant. On a envie de le revoir pour mieux digérer cette intensité et comprendre les névroses des personnages, les liens malsains qui les unissent. Cette toile triste et grotesque signée John Wells est remplie d’humanité.

 

WELLS, John, Le temps d’un été, Toronto, Entertainment One, 2014, 121 min.

Deux sœurs aux vies entremêlées

Joséphine et Iris sont deux sœurs aussi différentes qu’inséparables. Iris est blonde, frivole et mariée à un homme riche. Elle rêve de se sentir vivante car sa vie intérieure est vide. Depuis ses études en cinéma, elle n’a pas eu la force de croire en elle et préfère voler les idées des autres pour se mettre en valeur.

Joséphine, cheveux bruns, est une femme plus sérieuse et indépendante. Elle a mis à la porte son mari chômeur qui la trompe et qui ne se donne pas la peine de chercher du boulot. Mère de deux enfants, elle doit travailler sans relâche et refuse de demander de l’argent à sa mère ou à sa sœur.

Depuis leur enfance, les deux sœurs sont à la fois complices et envieuses l’une de l’autre. L’une brille dans l’ombre par ses études et ses connaissances qui lui rapportent un maigre salaire; l’autre se distingue en public, mais n’arrive pas à être financièrement autonome.

Iris tente d’écrire un roman mais souffre du syndrome de la page blanche. Joséphine vient de découvrir qu’elle doit 40 000 euros à la banque car son ex-mari a fait un prêt dans leur compte conjoint en imitant sa signature.

C’est alors qu’Iris propose un pacte à sa sœur : écrire un roman en son nom. Iris sera l’auteure officielle, Joséphine la plume fantôme. La plus belle en fera la promotion et la plus érudite en récoltera les recettes. Excitées par ce plan qui répond chacune à leurs besoins, elles sont plus complices que jamais.

Ce roman de Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles, a été transposé en film par Cécile Telerman. Julie Depardieu y interprète Joséphine et Emmanuelle Béart, Iris. Légère et profonde à la fois, cette histoire sur l’ombre et la lumière, sur le mensonge et sur la vérité, nous renvoie à des personnages qui manquent de confiance en eux. Car a-t-on besoin de mentir lorsqu’on a confiance en soi? Sans compter que les mensonges apportent leur lot de problèmes, comme le constateront les protagonistes.

Porté par plusieurs grands interprètes, ce film est divertissant et prenant. Il révèle les personnalités de deux sœurs, décrit leurs réactions face aux aléas de la vie et montre comment leurs comportements prennent racine au plus profond de leur vie familiale, comme en témoignent leurs souvenirs.

 

TELERMAN, Cécile, Les yeux jaunes des crocodiles, Canada, Mongrel Media, 2015, 123 min.

PANCOL, Katherine, Les yeux jaunes des crocodiles, Paris, Albin Michel, 2006, 651 p.

Stupeur et tremblements entre l’Occident et l’Orient

Je ne connaissais pas l’écriture d’Amélie Nothomb et mes connaissances sur le Japon sont limitées. À la lecture de son roman, Stupeur et tremblements, j’ai vécu une double initiation.

Cette auteure, fille de diplomate, a vécu sa petite enfance au Japon et en a conservé une vision idyllique. C’est pour cette raison qu’à l’âge adulte, elle décide d’y retourner. Après de nombreux efforts, elle décroche un contrat d’un an comme interprète dans une grande multinationale de Tokyo. C’est à partir de cette histoire vraie qu’Amélie Nothomb a écrit son roman. Quelle est la part de vérité et la part de romanesque? Je n’en sais rien, mais l’histoire est amusante et drôlement bien racontée.

Amélie est engagée à la section import-export de la compagnie Yumimoto. Elle y fait la connaissance de Fubuki Mori, sa supérieure immédiate. Celle-ci est une magnifique Japonaise de 29 ans, toujours célibataire, qui a mis sept ans pour obtenir son poste actuel, une ascension rare pour une femme. Charmée par sa beauté et par sa gentillesse, Amélie attend ses ordres. Les premiers viendront de M. Saito, le supérieur de Mlle Mori. Il s’agit d’écrire une lettre d’invitation pour une partie de golf. Malgré son application, Amélie doit sans cesse recommencer son travail, car il ne satisfait pas M. Saito. De guerre lasse, celui-ci lui demande plutôt de lui servir un café. Amélie se met alors à servir le café ou le thé à chacun des employés de sa section.

Tout va bien jusqu’au jour où on lui demande de faire la même chose pour un groupe de clients en visite. Comme elle parle japonais couramment, Amélie passe de nombreux commentaires en faisant le service, ce qui entraîne un malaise général au sein du groupe, particulièrement auprès des dirigeants de Yumimoto. C’est alors qu’elle fait la connaissance de M. Omochi, le supérieur de M. Saito. Scandalisé par le manque d’humilité d’Amélie, il lui demande de ne plus parler japonais alors que c’est pour la connaissance de cette langue qu’elle a été engagée!

Amélie multiplie les gaffes au sein de cette entreprise où la hiérarchie règne. Si elle ne reçoit pas d’ordres précis, elle prend des initiatives qui lui sont reprochées par la suite, car elle a volé le travail d’un autre ou n’a pas respecté la hiérarchie. C’est ainsi que sa relation avec Fubuki va se dégrader, car celle-ci se sent humiliée par le comportement d’Amélie, dont elle se croit responsable. Un jour, à cause d’elle, Fubuki subit la fureur d’un de ses supérieurs devant tout le monde. C’est l’humiliation suprême. Elle court se réfugier dans les toilettes pour pleurer seule. Amélie, pleine de compassion, vient la consoler, mais c’est une gaffe de plus. Elle n’a pas respecté le dernier bastion de l’honneur de Fubuki : ne pas montrer ses larmes. Amélie devra payer chèrement cette offense…

Heureusement, cette histoire est racontée avec beaucoup d’humour, car il s’agit véritablement d’un choc culturel entre l’Orient et l’Occident où les notions de respect, de hiérarchie et d’honneur ne sont pas les mêmes. J’ai reconnu là certaines caractéristiques semblables à celles du peuple indonésien que j’ai connu lors d’un échange culturel de huit mois à l’âge de vingt ans. Je me souviens à quel point le regard du groupe était important pour préserver son honneur. On ne devait pas montrer ses émotions aux autres. Sans compter la notion de respect qui était différente de la nôtre, y compris l’importance de la hiérarchie liée au statut ou à l’âge des personnes.

C’est sans doute à cause de cette expérience que j’ai tant apprécié ce roman et aussi à cause de tous ces petits boulots que j’ai pu faire où je me questionnais ou m’inventais des histoires comme le fait Amélie. J’ai dégusté cette lecture intelligente, ri du côté caricatural de l’écriture et compris le succès d’Amélie Nothomb. Après la lecture du roman, j’ai vu le film qu’en a tiré le réalisateur Alain Corneau et dont l’interprète principale est Sylvie Testud. J’ai trouvé que le choc culturel y est très bien rendu, mais l’humour d’Amélie est beaucoup moins présent que dans le livre. C’est tout de même intéressant de voir cette histoire en images, même si le roman reste imbattable!

 

NOTHOMB, Amélie, Stupeur et tremblements, Paris, Albin Michel, 1999, 174 p.

CORNEAU, Alain, Stupeur et tremblements, Westmount, Christal films, 2006, 107 min.

La vie d’une autre

index-1-150x150[1]Inspiré du roman éponyme de Frédérique Deghelt, La vie d’une autre est le premier film[1] réalisé par Sylvie Testud que l’on connaît comme actrice (le film Sagan entre autres).

Incarnée par Juliette Binoche, l’héroïne du film, Marie, a vingt-cinq ans lorsqu’elle rencontre Pablo (Mathieu Kassowitz) dont elle tombe amoureuse. Après une nuit passée avec lui, elle se réveille à l’âge de quarante ans et ne se souvient plus des quinze dernières années! Elle constate qu’elle est mariée à Pablo, qu’ils ont un petit garçon de quatre ans et qu’ils habitent un luxueux appartement parisien. Voilà le début de cette histoire rocambolesque.

On ne saura jamais exactement pourquoi ni comment Marie a perdu la mémoire.

Malgré ses questions, elle choisit de fuir le monde médical et, surtout, elle en dit très peu à son entourage sur son amnésie. Elle commence à enquêter sur sa propre vie comme si elle enquêtait sur celle d’une autre. Elle essaie d’entrer dans la peau du personnage qu’elle est devenue (épouse, mère et femme d’affaires), mais elle est tellement gauche que cela donne lieu à des scènes tragico-comiques. Au-delà de cette lecture de premier niveau, il y a une femme décalée entre hier et aujourd’hui qui ne se reconnaît pas dans ce qu’elle est devenue. En quinze ans, la vie l’a transformée. Elle s’est éloignée de ses rêves de jeunesse et de son amoureux. Que s’est-il passé durant ces années?

C’est ce qu’elle découvre au jour le jour avec son regard de femme de vingt-cinq ans. Comment se retrouver dans une vie qui ne nous ressemble pas? Et comment rattraper le temps perdu? Elle se croit au début d’une histoire d’amour qui en réalité se termine. Pourquoi sa relation de couple n’a-t-elle pas traversé le temps? Doit-elle accepter la situation?

Contrairement à celle qu’elle est devenue, elle ne se résignera pas.

 

TESTUD, Sylvie, La vie d’une autre, Toronto, Entertainment one, 2013, 97 min.

DEGHELT, Frédérique, La vie d’une autre, Arles, Actes Sud, 2006, 341 p.

 

 

[1] On note de nombreuses différences entre le roman de Frédérique Deghelt et le film réalisé par Sylvie Testud.

David Bowie

DavidBowie

Les bibliothécaires ont préparé une sélection

 

du meilleur de David Bowie, sous toutes ses

 

formes et sous toutes ses couleurs.

 

 

 

 

 

Musique


The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972) édition 40e anniversaire, parue en 2012.

Heroes (1997)

Diamond Dogs (1974)

Station to Station (1976)

Blackstar (2016) : disponible en ligne sur Freegal Music.

 

Vous pouvez d’ailleurs écouter plusieurs albums de David Bowie en ligne avec Freegal Music et hoopla Musique, des ressources disponibles sur le portail de BAnQ.

 

Discographie


Bowie : album par album par Paolo Hewitt

 

Partitions musicales


Anthology

The Best of David Bowie – 1974/1979

The Best of David Bowie – 1969/1974

 

Films et documentaires


David Bowie: Under Review, 1976-1979 – The Berlin Trilogy. Ce reportage est disponible en ligne grâce à la ressource Access Video on Demand (AVOD). Il faut être abonné à BAnQ pour visionner la vidéo.

David Bowie’s Ziggy Stardust, un documentaire sur le concert du 3 juillet 1973 pendant lequel David Bowie abandonne le personnage de Ziggy Stardust.

Furyo (Merry Christmas M. Lawrence), un drame de guerre de Nagisa Oshima paru en 1983 mettant en vedette David Bowie, Ryuichi Sakamato et Tom Conti. MédiaFilm lui a attribué la note « remarquable ».

Labyrinth, un film sorti en 1986 mettant en vedette David Bowie et Jennifer Connelly.

 

Biographies


David Bowie : Starman de Paul Trynka : une biographie récente, qui se veut la plus détaillée à ce jour sur le musicien et son œuvre.

Any Day Now : Les années Londres : 1947-1974 : trace le parcours chronologique de Bowie de ses débuts jusqu’à l’album Diamond Dogs; comprend plusieurs photos et images.

 

       

 

 

 

 

 

Quelques suggestions de lecture


Bowie par Duffy : cinq séances photo 1972-1980

Bowiestyle : à voir pour les magnifiques photographies des costumes de Bowie

David Bowie ouvre le chien

David Bowie est le sujet, publié à l’occasion de l’exposition David Bowie is tenue au Victoria and Albert Museum de Londres en 2013. D’ailleurs, l’exposition est présentée au Groninger Museum des Pays-Bas jusqu’au 13 mars 2016.

 

Si vous cherchez des lectures pour les prochaines journées froides, vous pouvez vous laisser inspirer par la liste des 100 livres préférés de David Bowie disponible sur le site de la New York Public Library. Il avait publié cette liste sur son compte Facebook en 2013.

 

Coups de cœur des bibliothécaires


 

Christine :
Space Oddity me donne toujours des frissons et Under Pressure, interprétée par le duo Bowie-Mercury.

Maryse :
Wild is the Wind de l’album Station to Station, une ballade poignante.

Katia :
Helden, la version allemande de Heroes, ainsi que Blackstar, autant pour la chanson, sombre et émouvante, que pour le vidéoclip intégrant brillamment des éléments de danse.

Véronique :
Five Years, pour la déchirante ouverture du magnifique album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars.

My brain hurt like a warehouse
it had no room to spare
I had to cram so many things
to store everything in there

Patrick :
Let’s dance me donne toujours envie d’avoir le pied léger.

Éric :
Modern Love pour la chorégraphie touchante de Denis Lavant dans le film Mauvais sang de Leos Carax.

Marie-Line :
Life on Mars, Space Oddity et la chanson titre du dernier album, Blackstar.

Jenny :
Heroes : Peter Gabriel l’a d’ailleurs reprise sur son album Scratch My Back (2010).

Alexandre :
Quoi choisir? Life on Mars ou Ashes to Ashes ou Starman ou Sound and Vision?

Johanne :
All the Young Dudes, chanson écrite par Bowie et interprétée par Mott the Hoople, est un de ses premiers sinon le premier de ses nombreux succès.

Philippe :
Merry Christmas Mr. Lawrence, un film de Nagisa Ôshima où Bowie est remarquable dans la peau d’un prisonnier de guerre interné dans un camp japonais.

 

Et vous, quel est votre coup de cœur?

 

Félix & Meira : un film de Maxime Giroux

L’action se déroule dans le Mile End, un quartier de Montréal que nous connaissons. Deux univers complètement différents vont entrer en contact : celui de Félix, un bum de bonne famille dont le père atteint d’Alzheimer est mourant et celui de Meira, une jeune mère juive hassidique malheureuse dans sa vie conjugale et dans sa communauté.

Ces deux personnages marginaux, chacun à sa façon, vont s’apprivoiser avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité. À première vue, ils n’ont rien en commun si ce n’est un intérêt pour le dessin et le poids du conditionnement culturel et du conformisme qui les étouffe.

Maxime Giroux a pris plusieurs années pour réaliser ce film grâce auquel nous entrons chez les hassidim pourtant réputés pour être hermétiques. Nous sommes donc les témoins privilégiés de leur rituel quotidien et de leurs célébrations. C’est, en grande partie, ce qui fait l’intérêt de ce film. Certains acteurs sont même des juifs hassidiques ayant quitté leur communauté.

Guidés par le sentiment de manque qu’ils éprouvent à l’intérieur des cadres établis, Félix et Meira ressentent une attirance mutuelle et progressive. Félix est troublé, car son père ne le reconnaît plus. Mais a-t-il déjà obtenu la reconnaissance qu’un fils attend de son père? Meira ne veut plus d’enfant. Sa communauté ne la comprend pas. Elle voudrait écouter de la musique soul mais son mari ne veut pas. Félix, le bohème, devient son refuge.

Cette histoire d’amour originale et dénuée de clichés est racontée avec finesse et sobriété. Comment la situation évoluera-t-elle?

GIROUX, Maxime, Félix & Meira, Montréal, Funfilm, 2014, 105 min.

 

Autres fictions du même réalisateur:

GIROUX, Maxime, Jo pour Jonathan, Toronto, Mongrel Media, 2011, 81 min.

GIROUX, Maxime, Demain, Montréal, Films Séville, 2009, 104 min.

 

À l’occasion du Jour de la Terre

La publication toute récente du livre de Naomi Klein, Tout peut changer, et la couverture médiatique dont son auteure a bénéficié ont eu pour effet de ramener sur le devant de la scène la crise environnementale à laquelle nous sommes collectivement confrontés.

Bien que les constats scientifiques alarmants sur les répercussions de l’activité humaine sur le réchauffement climatique ne cessent de s’accumuler, il est plutôt rare que « l’état de santé » de l’écosystème terrestre fasse les manchettes…

À l’occasion du Jour de la Terre (22 avril), nous avons eu envie de vous présenter quelques ouvrages relatifs à l’environnement qui, pour une raison ou une autre, ont retenu notre attention. Ces suggestions se veulent une invitation à la réflexion et à l’échange.

 

Gisèle Tremblay recommande :

La reine malade d’Anicet Desrochers

Dans ce film documentaire absolument captivant, Anicet Desrochers, producteur de miel biologique à Ferme-Neuve dans les Hautes-Laurentides, présente avec compétence les enjeux reliés au déclin des colonies d’abeilles.  Mondialement reconnu pour son expertise dans  l’élevage de reines, le jeune et sympathique apiculteur expose  avec passion  sa vision d’une agriculture durable.

 

Catherine Lévesque recommande :

L’équilibre sacré : redécouvrir sa place dans la nature de David Suzuki 

Un livre pour changer notre regard sur la nature, dont nous faisons partie. Une invitation à rendre sacrée l’interdépendance qui existe entre la Terre et tous les êtres vivants.

 

Christine Durant recommande :

Des bonobos et des Hommes : voyage au cœur du Congo de Deni Béchard 

Sous la forme d’un récit de voyage, Deni Béchard raconte l’histoire des bonobos du Congo, ces primates « hippies de la forêt » dont la ressemblance avec l’homme serait la plus grande, tant sur le plan génétique que social, avec 98,7 % de gènes identiques aux humains. L’auteur nous présente également les communautés qui vivent au cœur de la forêt équatoriale du Congo, la deuxième plus grande forêt du monde, menacée de destruction. Plusieurs enjeux sont abordés : les changements climatiques, le rôle déterminant des forêts sur l’évolution des espèces, la conservation de la nature, la protection de la biodiversité et la coopération internationale.

 

 

Sauver la planète une bouchée à la fois de Bernard Lavallée 

Conseils, trucs et astuces pour une alimentation responsable, saine et écologique : privilégier les produits locaux, choisir la pêche durable, zéro déchet, cuisiner les aliments fatigués sont quelques-uns des conseils que nous donne le nutritionniste et blogueur Bernard Lavallée. Parce que la production et la consommation alimentaires ne sont pas sans effets sur l’environnement, ses suggestions nous aideront à fournir un effort pour réduire notre empreinte environnementale et, du coup, à manger mieux!

 

Sylvie-Josée Breault recommande :

La chimie verte à petits pas d’Émilie Ramel 

Une initiation à la chimie pour les enfants de 9 à 12 ans, selon une perspective écologique. Inclut expériences et jeu-questionnaire.

Le règne du vivant d’Alice Ferney

Un roman témoignant d’une lutte menée contre la surpêche et le braconnage. Le récit est inspiré des actions du militant écologiste Paul Watson.

Tout peut changer : capitalisme et changement climatique de Naomi Klein

Un vibrant plaidoyer en faveur d’une transformation des structures économiques et politiques actuelles au profit de sociétés plus équitables et respectueuses de l’environnement.

 

Esther Laforce recommande :

La vie habitable de Véronique Côté

Un appel à la poésie, cette force qui naît en nous de la joie, de la bonté, de la gratuité, de la beauté du monde et du territoire. Une invitation ardente et nécessaire à habiter le monde autrement.

Des anges mineurs d’Antoine Volodine

Paysages dévastés et fin de l’humanité forment l’horizon de ces quarante-neuf brèves fictions qui sauront nourrir de leur poésie l’imaginaire des consciences inquiètes de l’avenir du monde.

 

Marie-Line Champoux-Lemay recommande :

Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve d’Hubert Reeves

Hubert Reeves, habile vulgarisateur, nous raconte ici l’histoire de notre monde, du point de vue du cosmos (« la Belle-Histoire ») et de l’humanité (« la Moins-Belle-Histoire »). Il démontre par la même occasion à quel point tous les éléments formant l’écosystème de la vie terrestre sont interdépendants et comment la préservation des rapports existant entre ces éléments est garante de la pérennité de l’ensemble.

 

 

 

Pour davantage d’idées de lecture sur l’environnement et l’écologie, consultez Romans@lire!

 

_____________________________

 

BÉCHARD, Deni, Des bonobos et des Hommes : voyage au cœur du Congo, Montréal, Les Éditions Écosociété, 2014, 446 p. Aussi disponible en version numérique

CÔTÉ, Véronique, La vie habitable, Montréal, Atelier 10, 2014, 95 p. Aussi disponible en version numérique

FERNEY, Alice, Le règne du vivant, Paris, Actes Sud, 2014, 208 p.

KLEIN, Naomi, Tout peut changer : capitalisme et changement climatique, Montréal, Lux éditeur, 2015, 640 p. Aussi disponible en version numérique

LAVALLÉE, Bernard, Sauver la planète une bouchée à la fois, Montréal, Éditions La Presse, 2015, 228 p. Aussi disponible en version numérique

RAMEL, Émilie, La chimie verte à petits pas, Arles, Actes Sud junior, 2014, 69 p.

REEVES, Hubert, Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve, Paris, Seuil, 2013, 162 p. Aussi disponible en version numérique

SANCHEZ, Pascal, La reine malade, Montréal, Les Films du 3 mars, c2011, DVD,  90 min, avec Anicet Desrochers.

SUZUKI, David, L’équilibre sacré : redécouvrir sa place dans la nature, Montréal, Boréal, 2014, 392 p. Aussi disponible en version numérique

VOLODINE, Antoine, Des anges mineurs, Paris, Seuil, 1999, 219 p. Aussi disponible en version numérique

Saison festive

Elles ne sont pas parées de papier coloré et de rubans brillants, mais elles sont tout aussi scintillantes que des cadeaux sous le sapin. Voici nos suggestions de lecture, de films et de musique en cette saison festive. Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et vous offrons nos meilleurs vœux pour la nouvelle année!

Sylvie-Josée Breault recommande Déjà Noël de Frédérique Bertrand.

Tel un cadeau unique, ce roman graphique s’avère en tout point singulier. De par son emballage d’abord, car Frédérique Bertrand, illustratrice expérimentée, confère à l’ouvrage tout son esthétisme. La couleur, la calligraphie, d’élégants dessins réalisés à la feuille de carbone rehaussent les pages et attirent le regard. Le contenu étonne tout autant. L’auteure utilise un ton personnel et poétique où s’harmonisent parfaitement mots et images. Alors que s’amorce la course folle des fêtes (les emplettes, le déploiement de l’arbre de Noël, etc.), nous découvrons les réflexions d’un homme qui s’interroge sur la vie qu’il mène et sur sa relation de couple. Différente, stimulante, rafraîchissante, cette lecture représente un répit bienvenu en cette période des fêtes, disons-le, assez stressante.

 

Esther Laforce recommande Esprit d’hiver de Laura Kasischke.

Un matin de Noël commençant par une pensée angoissante et un retard n’annonce pas une journée de réjouissances. Ce sont les premiers éléments de tension de ce roman à l’écriture envoûtante, au cours duquel une mère est confrontée à sa fille adolescente. La journée avance au rythme des souvenirs qui lui reviennent de l’inquiétant orphelinat de Sibérie où elle a adopté sa fille, quelques années plus tôt. Les invités se décommandant les uns après les autres pour le souper de Noël, empêchés par un blizzard de plus en plus intense, c’est à un huis clos étouffant que le lecteur est convié, un de ceux capables de prolonger jusqu’au milieu de la nuit une ou deux soirées du temps des Fêtes.

 

Gisèle Tremblay recommande Des histoires de lutins de Jean-Claude Dupont.

Je le confesse, avant de lire Des histoires de lutins, de Jean-Claude Dupont, j’étais peu sensible à l’existence des lutins québécois. Comme tout un chacun, certes, j’avais entendu parler de la traverse de lutins de Saint-Élie-de-Caxton. Que Fred Pellerin me pardonne cependant, avec tout Saint-Élie : je n’y croyais pas, pantoute! Et pourtant… Dans une langue savoureuse, Jean-Claude Dupont narre vingt courtes histoires de lutins, plus convaincantes les unes que les autres, joyeusement illustrées de ses propres tableaux. De Gaspésie, de l’Île-aux-Grues et d’ailleurs au Québec, les témoignages affluent à propos des tours et facéties de ces petits êtres malicieux et chapardeurs. J’ai appris que les lutins québécois adorent les chevaux, qu’ils sont maniaques d’ordre et s’adonnent volontiers aux tâches domestiques. Saviez-vous que les lutins beaucerons, notamment, excellent à préparer le sucre à la crème?

Écoutez aussi cet extrait d’entrevue accordée à Marie-France Bazzo par l’auteur afin de savoir ce que l’on offrait en cadeau au Québec au siècle dernier.

 

Jean-François Barbe recommande Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers.

L’auteur de cet ouvrage en quatre volumes nous plonge avec un talent extraordinaire dans la vie tourmentée de la Nouvelle-France, de ses origines à la Grande Paix de Montréal de 1701. Il nous montre que pendant presque toute cette période, la survie de la colonie découlera des relations entretenues avec les peuples iroquois, peu à peu réunis dans un cadre confédératif.

Ces peuples, Desrosiers les présente comme vivant dans des démocraties, avec des majorités et des minorités, et avec lesquels il est toujours possible de nouer des alliances en fonction des intérêts des uns et des autres. Car les intérêts des Iroquois ne concordent pas toujours avec ceux des Anglo-Américains (et avant eux, à ceux des Hollandais) qui veulent la disparition de la Nouvelle Carthage qu’est, à leurs yeux, la Nouvelle-France. Parfois, certains gouverneurs au talent et au tempérament de chefs d’État, comme Frontenac, agissent avec habileté afin de détacher les Iroquois de la grandissante emprise anglo-américaine. La Nouvelle-France respire alors… jusqu’à la prochaine crise. Parfois, des gouverneurs sans vision jettent l’Iroquoisie dans les bras de New York et de ses chefs. Et la Nouvelle-France retient alors son souffle… dans l’attente de la prochaine bataille.

Desrosiers a écrit son grand livre dans les années quarante et cinquante, alors qu’il était conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal. Et heureusement pour les lecteurs d’aujourd’hui, « la plupart des interprétations de Desrosiers ont généralement bien vieilli », signale l’historien Alain Beaulieu en introduction. En raison d’une force d’écriture peu commune, qui était celle d’un écrivain convaincu et convaincant, le lecteur sera tenu en haleine tout au long des 1400 pages du récit. En préface, l’historien et éditeur Denis Vaugeois promet que « dès les premières pages », le lecteur sera « en état de choc ». Il a raison : … je l’ai été et le suis toujours.

 

Marie-Eve Roch recommande Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore.

Brendan et le secret de KellsAu Moyen Âge, Brendan, un orphelin, vit sous la protection de son oncle, qui dirige d’une main de fer une abbaye en Irlande. Afin de terminer un précieux livre d’enluminures, il doit braver les dangers hors de l’abbaye, aidé par Aisling, une fée de la forêt. Ce film, une véritable splendeur visuelle, a remporté le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2009. Son graphisme rappelle par moments, mais de façon très moderne, l’enluminure médiévale, mêlant verts tendres, rouges sombres et ocres lumineux, sur une musique envoûtante de Bruno Coulais et du groupe irlandais Kila. L’intrigue pleine de rebondissements captivera les enfants, qui s’attacheront aux personnages de Brendan et d’Aisling. Les plus petits éprouveront peut-être quelques frissons lors de certains passages mettant en scène des loups, des Vikings ou le Grand-Sombre. Pour d’autres idées de films d’animation à visionner durant les Fêtes, consultez cette bibliographie sur le site de l’Espace Jeunes.

 

Catherine Lévesque recommande Des pas dans la neige de Maryse Letarte.

Maryse_Letarte_Des_pas_dans_la_neigeChaque année, j’ai beaucoup de plaisir à retrouver ce disque de Noël dont les textes sont amusants et touchants. L’album Des pas dans la neige est magnifique! Maryse Letarte y propose des chansons originales sur le thème de Noël et sur cette période de fin d’année. Cela nous change des classiques de Noël même si on les aime beaucoup.

Dans Ô traîneau dans le ciel, elle demande : qu’est-ce que Noël a fait de nous? – et offre une réflexion sur notre façon de célébrer. Entre Noël et le jour de l’an nous raconte la douceur d’être en pyjama à la maison avec celui qu’on aime durant les vacances du temps des fêtes. L’année qui s’achève nous fait planer et nous invite à dresser un bilan de l’année qui se termine.

J’espère que cet album traversera le temps et deviendra, à sa façon, un classique de Noël pour bien des gens!

­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­____________________________

 

BERTRAND, Frédérique, Déjà Noël, Noville-sur-Mehaigne, Esperluète, 2010.

DESROSIERS, Léo-Paul, Iroquoisie, Sillery, Septentrion, 1999.

DUPONT, Jean-Claude, Des histoires de lutins, Québec, Les éditions GID, 2014, 51 p.

DUPONT, Jean-Claude, Indicatif présent. Jean-Claude Dupont, Montréal, CBC/Radio-Canada, coll. « Ils ont dit… Moments choisis des archives de Radio-Canada : 235-1 », 1999.

KASISCHKE, Laura, Esprit d’hiver, Paris, Christian Bourgois, 2013, 275 p.

Aussi disponible en format numérique.

LETARTE, Maryse, Des pas dans la neige, Mont-Saint-Hilaire, Disques Artic, 2008.

MOORE, Tomm et Nora TWOMEY, Brendan et le secret de Kells (The Secret of Kells), France / Irlande / Belgique, Mongrel Media, 2008, DVD, 75 min.

Plaisirs retrouvés

Mes enfants chérissent des livres ou des films qu’ils aiment relire et revoir régulièrement. Pour l’une, c’est Le magicien d’Oz; pour l’autre, la série Harry Potter. Nous aussi, les adultes, affectionnons des œuvres qui nous ont touchés et que nous redécouvrons année après année parce qu’elles nous enchantent chaque fois. Nous vous invitons aujourd’hui à partager nos plaisirs retrouvés.

Catherine Lévesque recommande Ne le dis à personne.

Ne le dis à personneRéalisé par Guillaume Canet et adapté d’un roman à succès d’Harlan Coben, Ne le dis à personne met en scène un couple amoureux, incarné par François Cluzet et Marie-Josée Croze, dont le destin bascule lorsque celle-ci se fait assassiner. Le film raconte surtout la suite de leur histoire, huit ans plus tard, lorsque le mari revoit sa femme dans une vidéo jointe à un courriel qu’il a reçu! Est-elle encore vivante? Tous les espoirs sont permis. On entre alors dans un thriller puissant aux nombreux rebondissements…

 

 

Marie-Ève Roch recommande Nouvelles de Mars de Robinson.

Nouvelles de mars_RobinsonVéritable troubadour pour les petits, Robinson m’a charmée en un instant avec sa voix douce et ses textes d’une grande finesse. Tantôt pleines de poésie, tantôt teintées d’un brin de folie ou d’exotisme, ses chansons toujours délicates nous parlent d’anges, de voyage sur la Lune, d’une dent qui tombe ou de vieux trésors cachés au fond d’un grenier. Robinson est entouré d’une solide équipe de musiciens et de choristes, et tout l’album a fait l’objet d’arrangements soignés. Ne vous laissez surtout pas rebuter par le côté maison de la pochette : voilà un fin travail d’artisan à redécouvrir, et pour lequel je craque complètement.

 

Esther Laforce recommande Sissi, l’impératrice anarchiste de Catherine Clément.

Sissi l'impératrice anarchisteCeux et celles qui auront été charmés par la vie de Sissi grâce à la trilogie des films réalisés dans les années 50 et mettant en vedette la plus que magnifique Romy Schneider, liront ou feuilletteront avec passion, comme je l’ai fait adolescente, le livre de Catherine Clément, Sissi, l’impératrice anarchiste. Publié en 1992 dans la collection Découvertes de Gallimard, ce livre abondamment illustré présente de façon plus réaliste la vie de cette impératrice solitaire et malheureuse dont les poèmes révèlent la révolte qui l’habitait contre les obligations impériales et la monarchie. Marquée par l’anorexie et la mort de deux de ses quatre enfants, elle mourut en 1898, assassinée par un anarchiste. Une vie mouvementée et tragique, bien éloignée de l’univers romantique des contes de princesses…

 

 

Sylvie-Josée Breault recommande La vie devant soi de Romain Gary.

La vie devant soiLe centième anniversaire de la naissance de Romain Gary a été souligné cette année, notamment par la parution d’un texte inédit de 1937 : Le vin des morts. Le détenteur du manuscrit, Philippe Brenot, est l’instigateur de ce projet d’édition et il en signe la préface. Il présente ce roman comme précurseur des ouvrages publiés successivement de 1974 à 1976, sous le pseudonyme d’Émile Ajar : Gros-Câlin, La vie devant soi et Pseudo. Effectivement, on y retrouve des thématiques et un ton similaires : travers humains, problématiques sociales, exposés de façon sarcastique. Et c’est l’intérêt de ce livre, nous rappeler ces titres lus et relus qui ont marqué l’imagination des lecteurs et touché leur sensibilité. Je retiens le prix Goncourt de 1975, La vie devant soi, pour sa tendresse, son humour, malgré le caractère sombre des faits rapportés : traumatismes d’Auschwitz, prostitution, racisme. On se souviendra du langage coloré du jeune Momo et de l’attachante madame Rosa que Simone Signoret avait si bien incarnée dans l’adaptation cinématographique de Moshé Mizhari.

 

Marie-Line Champoux-Lemay recommande Ghost in the shell de Mamoru Oshii

Ghost in the shellParu en 1995, ce film du réalisateur japonais Mamoru Oshii (à ne surtout pas confondre avec la série télévisée du même titre) a fait date. Son lancement à l’international a marqué l’évolution du cinéma d’animation et, plus largement, de la science-fiction. Presque vingt ans plus tard, cette adaptation libre du manga éponyme de Masamune Shirow tient toujours la route, visuellement comme narrativement, et revêt même des allures prémonitoires. L’action se déroule en 2029, dans un contexte où la technologie a déjà investi la biologie humaine pour créer les cyborgs. Les thèmes du cyberterrorisme et de l’intelligence artificielle, la haute technologie et tous les questionnements éthiques que peuvent poser ses applications sont plutôt d’actualité. Il est donc doublement intéressant de (re)découvrir Ghost in the shell en gardant en tête qu’en 1995, le Web n’était encore qu’à ses balbutiements et que les films phares de la SF populaire des années à venir (La Matrice, notamment) ne faisaient pas encore partie du paysage cinématographique. Avis aux intéressés : la suite de ce film, Innocence (2004), est à mon humble avis encore meilleure.

 

Jean-François Barbe recommande Glengarry Glen Ross.

Wall Street ne se laisse pas croquer facilement par les cinéastes, même par des talents aussi confirmés que celui de Martin Scorsese. Son dernier film, Le loup de Wall Street, n’a rien à voir avec une plongée révélatrice dans l’univers de la haute finance. L’action se situe dans un milieu beaucoup plus prosaïque, celui des locaux de vente sous pression (boiler rooms), là où des fraudeurs appâtent des naïfs relativement fortunés au téléphone, avec des promesses de rendements mirobolants basées sur de soi-disant informations privilégiées. Mettant en vedette l’excellent Richard Gere dans la peau d’un gestionnaire de fonds de couverture (hedge fund), le film Arbitrage est une étude de caractère et de milieu social, et non pas l’exploration d’un système devenu instable par l’action de ces oligarques américains, pour reprendre les mots de l’économiste Paul Krugman.

Cela dit, s’il y avait un film à redécouvrir pour ce qu’il nous dit avec un talent incomparable sur une économie livrée à la loi du plus fort, sans foi ni loi, ce serait sans conteste Glengarry Glen Ross. Sorti en 1992, il s’agit d’un incontournable sur la représentation d’un capitalisme coupe-gorge, issu des ruines d’une industrie manufacturière délocalisée aux quatre vents. Les acteurs sont renversants – Alec Baldwin y joue le rôle de sa vie – et les dialogues, d’une vérité accablante. Je le visionne régulièrement et à chaque fois, je remercie le ciel de ne pas vivre aux États-Unis.

 

Gisèle Tremblay recommande 84, Charing Cross Road d’Helene Hanff.

De temps à autre, je m’offre le plaisir de relire ce charmant petit bouquin d’Helene Hanff (1916-1997), 84, Charing Cross Road, paru en 1971. Il s’agit d’un recueil de lettres échangées entre Helene, New-Yorkaise à l’humour décapant, écrivaine fauchée et fan finie de littérature anglaise, et Frank Doel, son libraire londonien, un adorable pince-sans-rire dont l’érudition n’est jamais prise en défaut. Helene – qui a des goûts bien à elle – commente abondamment les auteurs qui font ses délices et s’en prend aussi à ceux qui n’ont pas l’heur de lui plaire. En cela, elle est d’une drôlerie irrésistible! À la suite du succès du livre des deux côtés de l’Atlantique et après la mort de Frank, la nouvelle star littéraire visitera enfin Londres… Invitée par son éditeur pour une tournée de promotion, elle a fait le récit de ce voyage tant espéré dans La duchesse de Bloomsbury Street (1973). Au fil de ses découvertes et de ses rencontres londoniennes, on jubile avec elle, tant son exubérance est palpable.

 

________________________________________

CANET, Guillaume, Ne le dis à personne, Montréal, Film Séville, 2007, 125 min.

COBEN, Harlan, Ne le dis à personne, Paris, Belfond, 2006, 353 p.

CLÉMENT, Catherine, Sissi, l’impératrice anarchiste, Paris, Gallimard, coll. Découvertes, 1992, 176 p.

FOLEY, Foley. Glengarry Glen Ross, Montréal, Alliance Atlantis Vivafilm, 2002, DVD, 160 min, avec Alan Arkin, Alec Baldwin, Ed Harris, Jack Lemmon et Al Pacino.

GARY, Romain, Le vin des morts, Paris, Gallimard, 2014, 237 p.

GARY, Romain (Émile Ajar), La vie devant soi, Paris, Gallimard, 2005, c1975, 273 p.

HANFF, Helene, 84, Charing Cross Road, Paris, Le Livre de pohe, 2003, c2001, 156 p.

HANFF, Helene, La duchesse de Bloomsbury Street, Paris, Payot, 2002, 189 p.

OSHII, Mamoru, Ghost in the shell, versions anglaise et japonaise, sous-titres en anglais, États-Unis, Manga Entertainment, 1996, c1995, DVD, 82 min.

OSHII, Mamoru, Ghost in the shell, versions anglaise et japonaise, sous-titres en anglais, États-Unis, Anchor Bay, 2014, Blu-ray, 83 min.

ROBINSON, Nouvelles de mars, France, Association Recre Actions, 2005.




© Bibliothèque et Archives nationales du Québec