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Deux solitudes

7 août 2015 par Christine Durant | Catégorie(s) : Littérature canadienne

Hugh MacLennan (1907-1990), reconnu comme le premier auteur canadien-anglais à faire vivre ses personnages dans des scènes littéraires typiquement canadiennes, est également connu aujourd’hui comme le père de l’expression « deux solitudes » pour décrire les relations, parfois tendues, entre les Canadiens anglais et les Canadiens français. Cette dichotomie pourrait aujourd’hui être illustrée par l’expression « le Québec et le reste du Canada ».

 

Cette expression est d’ailleurs le titre de son roman publié en 1945. Étonnamment, l’expression « deux solitudes » n’apparait qu’à deux reprises dans le roman : dans l’épigraphe et au chapitre 40.

 

L’épigraphe est une citation du poète allemand Rainer Maria Rilke :

« L’amour, c’est deux solitudes qui se protègent, qui s’éprouvent et s’accueillent l’une l’autre. »

 

La seule autre utilisation de l’expression se trouve au chapitre 40, soit vers la fin du roman :

« Deux solitudes au sein de l’infini désert de solitude qui existait sous le soleil. » (MacLennan, version française, p. 530)

 

La citation originale en anglais est, à mon avis, plus marquante :

« Two solitudes in the infinite waste of loneliness under the sun. » (MacLennan, version originale, p.  343)

 

Plusieurs interprétations ont été données : certains affirment que les deux solitudes représentent les deux sociétés distinctes (anglaise et française) du Canada; d’autres croient plutôt que les deux solitudes doivent être associées aux individus (dans le roman, à Paul et à Heather) qui évoluent dans des environnements divergents et tentent d’unir leur destinée malgré leurs différences.

 

À la lecture du roman, j’aimerais croire que les deux solitudes évoquées font référence autant aux sociétés, à l’époque diamétralement opposées, qu’aux individus. Si on accepte le fait que la vie d’un individu est influencée en partie par l’environnement dans lequel il évolue, la solitude ressentie par Paul ne s’exprimerait pas de la même façon si le Canada n’était pas le fruit de deux peuples distincts.

 


MACLENNAN, Hugh, Deux solitudes, Montréal, HMH, 1978, 648 p.

MACLENNAN, Hugh, Two Solitudes, Toronto, McClelland & Stewart, 2008, 517 p.

Version anglaise également disponible en format numérique sur OverDrive.

 

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