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Deux bédéistes québécoises

9 juillet 2015 par Catherine Lévesque | Catégorie(s) : Bande dessinée, Littérature québécoise

Je vous présente Hiver nucléaire. L’action se déroule à Montréal le jour de la Saint-Jean-Baptiste et on annonce une grosse tempête de neige! On est, bien sûr, dans la science-fiction. Depuis qu’il y a eu un accident à la centrale Gentilly-3, c’est l’hiver perpétuel au Québec. À Montréal, certains secteurs sont déneigés, mais d’autres ne le sont plus.

Nous suivons les aventures de Flavie qui fait de la livraison à motoneige. Sa meilleure amie, Léonie, lui a demandé de la remplacer afin de lui laisser le temps de revoir une nouvelle conquête. Le temps d’une livraison de bagels dans le Mile End, à la limite des zones habitées, on découvre ce qu’est devenu Montréal et de folles aventures se succèdent.

C’est la première bande dessinée écrite et dessinée par Cab, de son vrai nom, Caroline Breault. Elle a imaginé un univers réaliste et fantaisiste à la fois. Ses dessins remplis de couleurs mettent en scène des personnages tout aussi colorés dans leur personnalité et leurs comportements. L’accident nucléaire a provoqué chez certains des mutations physiques amusantes et surréalistes. On s’identifie toutefois aux personnages grâce au réalisme de leurs sentiments. Ils deviennent d’autant plus attachants que cet univers nous est connu même s’il est rempli d’éléments délirants. Au-delà des apparences parfois trompeuses, c’est la vérité des relations humaines qui l’emporte. La science-fiction ne fait que donner un cadre qui stimule notre imagination. Cab est une bédéiste à découvrir et à suivre.

CAB, Hiver nucléaire, Montréal, Front froid, 2014, 96 p.

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Prolifique bédéiste, Zviane est aussi musicienne. Les deuxièmes est une bande dessinée en noir et blanc qui passe par plusieurs teintes de gris. Un couple d’amants se retrouve à Amsterdam, seul, dans la maison prêtée par un ami. Leur rencontre est secrète car chacun est en couple de son côté. C’est pourquoi ils sont les deuxièmes.

Le temps pluvieux est idéal pour rester à l’intérieur dans une bulle amoureuse au milieu de l’immense maison moderne aux plafonds hauts et aux grandes fenêtres. Retrouvailles; marijuana; ébats amoureux; repas à deux; duos de pianos. La musique prend parfois toute la place dans cette histoire. Les amants s’en donnent à cœur joie, mais l’entente est précaire. Les dialogues hyperréalistes sont convaincants.

Faire l’amour se transforme en partition musicale et en chorégraphie. L’auteure a imaginé un langage musical traduisant les gestes amoureux au lit. C’est fou et amusant. Mais la sonnerie du téléphone interrompt les amants et les ramène à la réalité de leurs vies.

ZVIANE, Les deuxièmes, Montréal, Pow Pow, 2013, 128 p.

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