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10 ans déjà

7 juillet 2015 par Jean-François Barbe | Catégorie(s) : Histoire du Québec

par Jean-François Barbe

L’excellente publication Les Cahiers de lecture de L’Action nationale consacre son dernier éditorial aux 10 ans de la Grande Bibliothèque.

« Avant d’être un succès de fréquentation la GBQ a d’abord été une victoire sur la part sombre de la psychologie collective », affirme son directeur Robert Laplante.

Le responsable des Cahiers de lecture – riche gisement de critiques portant sur l’univers des essais québécois – fait ici référence à tous ceux qui voyaient, à la fin des années 90, dans la Grande Bibliothèque en devenir « un luxe somptuaire » et « un futur éléphant blanc ».

À juste titre, Robert Laplante souligne le « rôle exceptionnel » qu’a joué Lise Bissonnette en tant qu’inspiratrice et première patronne de l’institution.

Elle a, dit-il, « porté ce projet avec fougue et détermination. Elle a navigué dans la tempête en rappelant sans cesse que le Québec se méritait lui-même, qu’il méritait de s’assumer dans un geste culturel fort ».

Dix ans après son ouverture, la Grande Bibliothèque est fermement enracinée dans le paysage comme en font foi ces chiffres tirés du dernier rapport annuel de BAnQ et portant sur la période comprise entre mars 2013 et mars 2014: 2,370,000 visites, 335,000 usagers inscrits et 5,175,000 prêts .

Face à ces résultats qui attestent de sa pertinence, il faut faire un effort d’imagination pour se représenter l’ampleur des difficultés rencontrées lors de la gestation de l’institution.

Comme le dit Denis Goulet, auteur du livre Bibliothèque et Archives nationales du Québec, un siècle d’histoire paru l’année même du départ de Lise Bissonnette en 2009, c’est « contre vents et marées » que s’est construite la « bibliothèque pour tous les Québécois ».

D’une part, l’idéologie d’Internet et de la dématérialisation du livre commençait à poindre à la fin des années 90 et voulait faire croire à la fin imminente de l’imprimé. Mais il y avait évidemment beaucoup plus, à savoir ce profond scepticisme que le directeur des Cahiers de lecture met si bien en évidence, enraciné dans la « part sombre » de notre identité collective. À ses débuts, le projet a ainsi suscité une « forte opposition de la presse écrite », note Denis Goulet qui signale ces titres forts troublants : « La Trop Grande Bibliothèque », « Une erreur funeste et ruineuse » et le clou de ce navrant spectacle, « Une Grande Bibliothèque pour une petite république de bananes ».

En épilogue, Lise Bissonnette écrit que la Grande Bibliothèque fait maintenant partie, avec son réseau de centres d’archives, de « la plus grande institution culturelle du Québec ». Une institution qui a, dit-elle, « désormais les moyens » de ses défis.

Voilà, tout était dit.

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© Bibliothèque et Archives nationales du Québec