Le liseur du 6 h 27

 

Guylain Vignolles, surnommé vilain guignol, est un jeune homme de 36 ans qui travaille dans une usine qui broie les livres invendus pour en faire de la pâte à papier. Il n’aime ni son nom, ni son travail, ni sa vie. Il habite seul avec pour unique compagnon un poisson rouge à qui il se confie.

Heureusement qu’il y a les mots! Ceux sur les pages que la machine n’a pas réussi à broyer et dont Guylain fait la lecture à haute voix; ceux de son collègue qui adore le théâtre classique et qui déclame des tirades en alexandrins; ceux de l’ami Giuseppe, remplis d’espoir et ceux d’une clé USB trouvée en prenant le train de banlieue.

Si les personnages de ce roman sont colorés, leurs vies sont plus qu’ordinaires. Leur quotidien est tellement répétitif qu’ils doivent faire preuve de génie pour cultiver leur créativité. C’est ce qui les rend attachants.

Pour chacun d’eux, grâce aux mots écrits ou lus, quelque chose d’inattendu et de vivant va se produire. Cela viendra nourrir leur vie pour la rendre plus ample, plus belle. Ils peuvent enfin quitter ce qui la rend si morne. Les mots servent de perches vers une vie plus grande.

Ce premier roman de Jean-Paul Didierlaurent est un conte de fées moderne qui n’en a pas l’air au premier abord. Laissez-vous voguer sur cette gondole : vous ferez une promenade charmante.

L’auteur est davantage connu pour ses nouvelles dont Brume et Mosquito pour lesquelles il a remporté le prix Hemingway en 2010 et en 2012. Le liseur du 6 h 27 a connu beaucoup de succès en France et près de 25 pays en ont acquis les droits de traduction.

 

DIDIERLAURENT, Jean-Paul, Le liseur du 6h27, Montréal, Édito, 2014, 181 p.