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Yamabuki

3 août 2014 par Catherine Lévesque | Catégorie(s) : Littérature québécoise

Une vieille dame prend plaisir encore à vivre avec son mari après 56 ans de vie commune. Elle se rappelle sa première union avec un coureur de jupons dont elle a heureusement divorcé. Puis elle nous parle de sa rencontre avec son second époux alors qu’elle se rendait à Tokyo pour y refaire sa vie.

9782330026714C’est la naissance d’un amour dans un Japon en reconstruction, après la Deuxième Guerre mondiale. L’héroïne travaille comme assistante auprès d’une maîtresse de la cérémonie du thé. Elle apprend également d’autres traditions japonaises comme l’ikebana, l’art des arrangements floraux.

Le récit coule comme une source. L’écriture est claire, concise, apaisante. La poésie et l’humour sont maniés avec finesse, comme de petits coups de pinceau. On sent dans cette histoire d’amour la sagesse du cœur à l’écoute de la vie.

Si vous avez la chance de lire Yamabuki, je vous suggère de le faire au milieu d’un jardin. Votre lecture vous fera voyager par vos sens et prendra toute son ampleur, car on parle beaucoup de fleurs dans ce roman. Il y a celles pour l’ikebana, puis celles du jardin botanique que le vieux couple aime visiter; il y a surtout celle de yamabuki, l’emblème du roman, une fleur jaune qui n’a pas de fruits comme l’héroïne qui n’a pu avoir d’enfants.

Quelques réflexions sur le rôle des hommes et des femmes au Japon versus les États-Unis sont vraiment savoureuses. Le couple a des dialogues d’une grande simplicité, mais aussi d’une grande profondeur. Il nous donne envie de sérénité.

L’auteure talentueuse de ce bref roman est une Québécoise d’origine japonaise du nom d’Aki Shimazaki. Elle nous initie à sa culture avec doigté et intelligence. D’abord par l’histoire, qui se déroule au Japon, mais aussi avec des mots japonais parsemés dans le texte dont le sens nous est donné dans un lexique à la fin du livre.

Aki Shimazaki a immigré au Canada en 1981 et vit à Montréal depuis 1991. C’est en 1995, à l’âge de 40 ans, qu’elle a commencé à apprendre le français. Depuis, elle a publié plusieurs romans et gagné des prix, dont celui du Gouverneur général du Canada.

Yamabuki est le cinquième et dernier livre d’une série romanesque commencée en 2006. Auparavant, Aki Shimazaki a écrit une autre série de cinq romans intitulée Le poids des secrets.

 

SHIMAZAKI, Aki, Yamabuki, Montréal, Leméac; Arles, France, Actes Sud, 2014, 137 p.

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