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Annotations;: Livres, musique et cinéma.

Une guerre, plusieurs récits.

17 juillet 2014 par Christine Durant | Catégorie(s) : Littérature française, Littérature québécoise

Il y a de ces livres qui tentent non pas d’analyser les guerres, mais plutôt de montrer leurs conséquences sur les gens qui les vivent ou les subissent. Prenant souvent la forme de roman pour permettre plus de libertés, ils racontent la guerre vécue par des personnages, souvent fictifs, mais où l’auteur vient puiser une part importante de faits réels, sinon vécus. Certains sont profondément bouleversants voire troublants. C’est le cas des trois romans que je vous propose ici.

 

Amin Maalouf, écrivain libanais ayant remporté le prix Goncourt en 1993 pour son livre Le rocher de Tanios et membre de l’Académie française depuis 2011, nous présente dans Les désorientés l’histoire d’un groupe d’amis d’enfance de différentes confessions ayant vécu au Liban avant la guerre qui a débuté en 1975. Ils se sont dispersés à travers le monde pour y échapper, pour ensuite se retrouver, de nombreuses années plus tard, dans ce même pays fort changé. Après un aussi long exil, les confidences échangées entre amis et les souvenirs qui surgissent en visitant les lieux du passé sont parfois douloureux et forcent les personnages à se remettre en question.

MAALOUF, Amin, Les désorientés, Paris, Grasset, 2012, 519 p.

Disponible aussi en format numérique sur Numilog.

 

De son côté, Sorj Chalandon, écrivain français et journaliste, dresse dans Le quatrième mur un portrait troublant de la guerre du Liban vécue par un metteur en scène dont l’obsession est de monter une pièce de théâtre qui sera présentée en plein cœur de l’action, sur la ligne imaginaire qui sépare Beyrouth en deux camps – est et ouest – et en offrant un rôle à chacun des groupes opposés afin de forcer une trêve, ne serait-ce que de quelques heures. En côtoyant des hommes et des femmes de différentes factions ennemies, il se retrouve impliqué, bien malgré lui, dans cette guerre horrible. Et les conséquences pour lui seront terribles.

Sorj Chalandon était correspondant de guerre pendant la guerre du Liban et il a été témoin des atrocités subies par les populations, entre autres le massacre de Sabra et Chatila. Ce genre d’événement marque pour la vie et nous pouvons clairement discerner à travers certaines pages du roman un récit quasi autobiographique. La fin de ce roman est dure. Elle montre comment une guerre peut être dévastatrice pour les gens qui la vivent car elle anéantit les rêves, les joies et l’espoir. Petit conseil : cachez des mouchoirs à l’intérieur du livre, vous en aurez besoin.

CHALANDON, Sorj, Le quatrième mur, Paris, Grasset, 2013, 325 p.

Disponible aussi en format numérique sur Numilog.

 

Finalement, Larry Tremblay, dramaturge et écrivain québécois qui vient de remporter le Prix des libraires du Québec pour L’orangeraie, nous présente un récit troublant sur un enfant sacrifié par honneur pour venger la mort de ses grands-parents, tués par un obus, en se faisant lui-même exploser dans le camp ennemi. Un récit invraisemblable, certes, mais qui nous amène à nous questionner sur les effets que la guerre peut avoir sur certains leaders qui manipulent ensuite les populations locales avec des discours insensés.

TREMBLAY, Larry, L’orangeraie, Québec, Alto, 2013, 159 p.

Disponible aussi en format numérique sur prêtnumérique.ca.

 

Trois romans à lire absolument, mais peut-être pas un après l’autre, question de souffler un peu!

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