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Dans le carnet de l’avocat d’Accurso

8 juillet 2014 par Jean-François Barbe | Catégorie(s) : Documentaires québécois

On peut vivre dans le plus parfait anonymat si on a « un vaste domaine avec un golf magnifique et un aéroport privé, une multitude de serviteurs pour recevoir en grande pompe qui on veut, politiciens indigènes ou étrangers, banquiers et tutti quanti » écrit l’auteur, faisant référence à la puissante famille Desmarais, propriétaire d’un domaine de 76,3 km² en Charlevoix et de sept quotidiens, dont La Presse.

En revanche, poursuit-il, « ça ne passe pas » si on est propriétaire d’un bateau de 120 pieds avec une décoration intérieure à faire hurler les résidents du Plateau et qu’on porte un nom d’origine italienne. Voilà pourquoi, selon l’auteur, Tony Accurso serait devenu cette « proie facile pour les gardiens de la pureté dont le Québec détient sans doute le nombre record mondial par habitant ».

Écrit par l’avocat défenseur d’Accurso, ce récit porte un regard ironique sur les journalistes qui en ont fait leur cible. Par exemple, un de ceux-ci ne semble pas le reconnaître lors d’une rencontre inopinée dans une épicerie de la Petite-Patrie. Deux journalistes de la société d’État annoncent en direct l’avoir vu lors des funérailles d’un mafieux montréalais alors qu’il se trouvait à Hawaï, etc., etc.

Cela dit, le récit manque de substance. L’auteur mentionne, avec raison, que les entreprises d’Accurso ont enrichi un bas de laine de travailleurs en augmentant le rendement du Fonds de solidarité. Toutefois, Tony Accurso est en attente d’un procès pour fraude et corruption, une situation qui n’est pas à prendre à la légère et qui aurait été impossible sans l’acharnement de certains de ces « gardiens de la pureté » à l’indignation asymétrique.

DEMERS, Louis, Scènes d’une époque trouble : carnet d’un avocat, Montréal, Liber, 2014, 149  p.

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