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Macanudismes

22 janvier 2014 par Caroline Fortin | Catégorie(s) : Bande dessinée

Nul besoin d’être un fan fini de bande dessinée pour savourer les Macanudo de Liniers. Un néophyte goûtera peut-être même davantage le plaisir d’une lecture naïve de ces petits strips à l’aquarelle et au crayon. À mi-chemin entre l’absurde et la philosophie, les dessins de Ricardo Liniers font immanquablement sourire et prendre conscience de la valeur des toutes petites choses.

Les strips de la série Macanudo paraissent quotidiennement dans le journal argentin La Nacion. En 2008, les éditions de la Pastèque en firent l’heureuse découverte et décidèrent de prendre en charge la traduction, pour notre plus grand bonheur. Quatre recueils sont déjà parus en français et on en redemande. La force de Liniers repose sur son talent à mettre en scène des personnages d’une simplicité déconcertante, tout en renouvelant la manière de les animer. Quino et Watterson, par exemple, ont déjà illustré dignement la candeur de l’enfance et la richesse de son imaginaire. Et pourtant, Liniers parvient à meubler autrement un espace déjà bien habité par ses prédécesseurs. Ma favorite, la petite Enriqueta, est attachante d’ingénuité lorsqu’elle bavarde avec son ourson Madariaga qui, à son grand étonnement, ne lui répond jamais.

Et on se prend tout autant d’affection pour les autres personnages du bédéiste. Tous transitent autour des thèmes qui lui sont chers : la simplicité, l’innocence, la timidité, et quelquefois, le non-sens. Pas de morale assassine, pas de couperet et, surtout, jamais de jugement arbitraire ; seulement de petits instants de vie, des bonbons savoureux sans être trop sucrés. On adore Z-25 le robot sensible, toujours à la recherche d’expériences qui lui procureront une émotion. On cultive notre mélancolie grâce à Rinaldi le philosophe triste. Ou l’on rigole carrément des absurdités qui jaillissent de l’esprit du Monsieur Qui Traduit Les Titres De Films.

Et, chez Liniers, on savoure le temps qui passe, lentement. Avec lui, les silences des vignettes sans texte ont un sens aussi lourd que les mots. Lire les Macanudo peut être une véritable thérapie zen : on en sort béats et conquis.

LINIERS, Macanudo (4 tomes), Montréal, Éditions de la Pastèque, 2008-2013.

Un commentaire pour “Macanudismes”

  1. Mme Fortin a saisi toute les nuances et la subtilité des petites aventures hors du commun que nous offre Liniers. Sa fine analyse ne me fait pas regretter de les lui avoir fait découvrir! Vive Liniers. Vive Caroline Fortin et sa capacité d’apprécier ce qui sort de l’ordinaire!

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